Du 22 au 25 avril 2025, sept agents du Forum de Paix ont suivi une formation stratégique pour le renforcement des compétences. Elle portait sur la collecte des données en utilisant https://kf.kobotoolbox.org/. À travers cet apprentissage, le Forum de Paix initie une transition vers des méthodes plus structurées. L’objectif est de rendre les actions plus efficaces, surtout dans une zone aussi instable que Beni.
Dans les zones touchées par les conflits, des données fiables sont indispensables pour intervenir efficacement. Jusqu’à récemment, les équipes utilisaient encore des formulaires papier, lents et sujets aux erreurs. « Les supervisions étaient longues, les rapports souvent incohérents », déclare Sylvie Mwiru, responsable du suivi-évaluation au Forum de Paix. c’est pourquoi L’adoption d’un outil numérique permettra désormais le Renforcement des compétences : le Forum de Paix mise sur KoboToolbox pour optimiser sa collecte de données une saisie directe, même sans connexion internet.
Une formation axée sur la pratique
Pendant quatre jours, les participants ont appris à concevoir des formulaires et à collecter des données. La formation, dirigée par l’ingénieur Anil Prince Tumba, s’est basée sur des exercices pratiques et des cas concrets. Les agents ont simulé des enquêtes sur des thèmes liés à la paix et à la cohésion sociale.
Un changement de culture interne
Les retours montrent un changement profond dans la façon d’organiser les missions de terrain. « Je peux désormais adapter mes outils à chaque activité », explique Sylvie Mwiru, avec satisfaction. Olivier Syasemba, chargé du monitoring, note un gain de temps et une rigueur accrue. Selon lui, l’analyse rapide des données renforcera la transparence et la gestion rationnelle du temps.
Pour Maître Justin Matete coordonnateur du Forum de Paix, cette formation marque une étape importante vers plus de professionnalisme. « Nos décisions doivent s’appuyer sur des faits. Cette rigueur s’inscrit dans une volonté de jouer un rôle stratégique dans la stabilisation de Beni. Avec des données solides, l’organisation peut mieux cibler ses actions et dialoguer avec ses partenaires.
Un investissement à long terme avec ces Renforcement des compétences
Le Forum de Paix ne veut pas s’arrêter à cette première formation. Des séances de renforcement sont déjà prévues pour les agents et les Comités Locaux de Protection. Maître Matete insiste sur l’importance d’outiller les acteurs de terrain avec des compétences numériques. Selon lui, cela permet de mieux documenter les actions et de renforcer l’impact global.
Une impulsion nouvelle
Le Forum de Paix entame une transformation : passer de pratiques informelles à des approches factuelles. L’intégration de la collecte numérique permet une meilleure adaptation aux réalités du terrain. Les décisions pourront être prises plus rapidement, avec plus de précision et d’efficacité. Cette évolution n’est pas que technique ; elle traduit aussi une volonté politique forte. L’organisation veut fonder ses actions sur des données fiables, utiles et partageables. C’est un véritable pari sur l’avenir : pour une paix durable, mieux documentée et concertée.
Depuis le début de l’année 2025, la situation sécuritaire à Beni et ses environs ne cesse de se dégrader. La délocalisation temporaire des institutions provinciales du Nord-Kivu de Goma vers Beni, due à l’instabilité persistante dans la capitale provinciale, n’a pas pour autant apporter un climat de paix et de sécurité. Beni, déjà sous la menace constante des groupes armés, notamment les ADF et d’autres factions locales, se retrouve au cœur d’une recrudescence de la violence, marquée par des massacres, des enlèvements, des violences sexuelles et des déplacements massifs de populations. Beni face à une crise sécuritaire
Beni face à une crise sécuritaire
Les affrontements entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), les groupes d’autodéfense communément appelés « Wazalendo » et le M23/RDF dans le sud de la province, ainsi que les attaques de l’ADF dans le nord, ont intensifié la pression sur les civils, forçant des milliers de personnes à fuir vers le centre de la ville de Beni et celle de Butembo, deux villes encore sous contrôle gouvernemental.
Beni face à une crise sécuritaire
Une insécurité aux conséquences dramatiques
Les données du rapport de monitoring des incidents sécuritaires de janvier et février 2025 révèlent une situation alarmante : 149 victimes d’incidents sécuritaires, dont 99 hommes et 50 femmes ; 61 morts recensés, principalement dus aux massacres (26 morts), aux assassinats (6 morts) et aux meurtres (2 morts) ; 31 cas de massacres, causant 26 décès, principalement dans le secteur de Beni-Mbau, un des épicentres de la violence ; 24 incendies de maisons, plongeant plusieurs familles dans le dénuement total ; 13 incursions de l’ADF, illustrant la persistance de cette menace contre les civils ; Cas de violences sexuelles et d’exploitation : 3 cas d’exploitation sexuelle et 1 cas de viol recensés, mettant en évidence la vulnérabilité accrue des femmes dans ce contexte d’instabilité.
Augmentation du banditisme urbain, avec 5 cas de vols à main armée et 7 cas de paralysie des activités économiques. Ces chiffres témoignent du climat d’extrême violence dans lequel évolue la population, confrontée à la terreur des groupes armés, au banditisme et à la précarité croissante.
Les auteurs des incidents : une diversité inquiétante
Beni face à une crise sécuritaire
Les incidents documentés ont été attribués à divers acteurs, notamment : les ADF : 9 incidents ayant touché 67 victimes ; Bandits armés : 13 incidents, 13 victimes ; Groupes armés locaux : 4 incidents, 10 victimes ; des militaires incontrôlés FARDC : 3 incidents, 4 victimes ; UPLC (Union des Patriotes pour la Libération du Congo) : 1 incident, 17 victimes ; les M23 : 1 incident lié à des tracts annonçant une avancée vers Beni ; et, la population civile impliquée dans 8 incidents ayant fait 12 victimes durant la période allant de janvier à février 2025.
Ce panorama montre l’extrême complexité du conflit, où l’activisme des groupes armés s’entremêle avec des actes criminels et des représailles locales. Les zones les plus touchées sont: Beni-Mbau en première ligne avec 20 incidents recensés, 88 victimes ; La ville de Beni : 24 incidents, 49 victimes ; Le secteur de Ruwenzori : 2 incidents, 9 victimes ; La chefferie des Bashu et le territoire de Mambasa ont également été touchés.
Beni-Mbau et la ville de Beni restent les foyers principaux de la violence, notamment en raison de la présence des ADF et des tensions entre groupes armés.
Une crise humanitaire exacerbée
L’afflux de déplacés internes vers Beni et Butembo aggrave une situation déjà critique. Les familles d’accueil et les infrastructures locales peinent à gérer cette augmentation soudaine de la population. Beaucoup de déplacés vivent dans des conditions précaires, sans accès suffisant à l’eau potable, à la nourriture et aux soins de santé. Les enfants sont particulièrement vulnérables : Certains sont contraints au travail pour subvenir aux besoins familiaux. D’autres sont privés d’éducation en raison de la fermeture d’écoles ou du manque de moyens de leurs parents.
Face à cette crise sécuritaire et humanitaire, plusieurs recommandations sont formulées :À la communauté internationale et aux organisations régionales
Encourager un dialogue direct entre la RDC et le Rwanda pour atténuer les tensions et favoriser un règlement pacifique du conflit.
Soutenir les efforts de paix en apportant une assistance technique et financière aux initiatives locales et aux missions de stabilisation.
Au gouvernement congolais
Beni face à une crise sécuritaire
Renforcer les institutions démocratiques et garantir l’organisation d’élections transparentes.
Lutter activement contre la corruption pour améliorer la gouvernance. Doter le Programme de Démobilisation, Désarmement et Réinsertion Communautaire et Sociale (PDDRCS) des ressources nécessaires pour encourager la démobilisation des combattants et leur réintégration dans la société.
Aux groupes armés congolais
Respecter les accords de cessez-le-feu et cesser les hostilités ; S’engager dans un processus de désarmement et de réintégration pour construire un avenir pacifique. Ainsi, le Forum de Paix, une plateforme des seize organisations de la société civile œuvrant dans la consolidation de la paix et le développement durable, qui après avoir peint un tableau sombre en matière de consolidation de la paix et développement durable en zone de Beni, aux mois de janvier et février 2025, il a fait un constat selon lequel cette période a été marquée par une recrudescence de la violence et une crise humanitaire alarmante dans la région de Beni. La présence accrue des groupes armés, les attaques répétées contre les civils et l’afflux de déplacés ont aussi rendu la situation particulièrement critique. Seule une réponse concertée, impliquant à la fois les autorités congolaises, les acteurs locaux et la communauté internationale, pourra permettre d’atténuer cette crise et de redonner espoir aux populations affectées. Lisez l’intégralité de ce rapport de monitoring des incidents sécuritaire en ouvrant ce lien ci-dessous
Les vacances scolaires sont conçues comme des périodes de repos et de plaisir pour les enfants. Cependant, pour certains parents de la ville de Beni à l’Est de la RD Congo ; elles sont synonymes de travail précoce et d’exploitation. Les enfants sont contraints de participer à des activités économiques et autres qui ne cadrent pas avec leur âge.
L’exploitation des enfants pendant les vacances prend de nombreuses formes. En ville de Beni dans la province du Nord-Kivu, les enfants sont amenés à travailler dans des champs, vous pouvez les voir circuler avec des assiettes remplient des produits vivriers à vendre… pour aider leurs familles à générer un revenu supplémentaire.
Les raisons de l’exploitation des enfants sont souvent économiques : la pauvreté pousse certaines familles à envoyer leurs enfants travaillés pour subvenir à leurs besoins de base. La guerre persistante pendant plusieurs décennies conduit forcement certains parents à compter rien qu’à l’appui économique de leurs enfants peu importe l’âge, pour contribuer à la survie de leur famille pendant les vacances. Parfois, c’est aussi un manque d’éducation ou de sensibilisation aux droits et devoirs des enfants qui sont en évidence de ces pratiques.
Conséquences pour les enfants
Le travail pendant les vacances a des conséquences graves sur le développement des enfants. En plus de les priver de leur droit fondamental à l’éducation et à un temps libre, cette exploitation peut également entraîner des problèmes de santé physique et mentale. Les enfants travailleurs sont souvent exposés à des conditions de travail dangereuses et sont privés des opportunités de socialisation et de développement personnel.
Est-il possible d’atténuer cet ce problème ?
Le Forum de Paix estime que pour lutter contre l’exploitation des enfants pendant les vacances en ville de Beni, plusieurs mesures doivent être mises en place :
Les autorités politico-administratives et policières doivent renforcer et appliquer des lois interdisant l’exploitation des enfants pendant les vacances scolaires.
Il est essentiel de mener des campagnes de sensibilisation pour informer les familles et les communautés sur les droits des enfants et les dangers du travail précoce.
Le gouvernement doit apporter un soutien économique aux familles dans le besoin. Cela peut les aider à éviter de recourir au travail des enfants comme moyen de survie.
Promouvoir des activités de loisirs et d’éducation pendant les vacances et compris des colonies de vacances ; peut offrir aux enfants des alternatives positives au travail.
Le Forum de Paix, bureau de Beni pense qu’ il est crucial de mettre fin à l’exploitation des enfants pendant les vacances pour garantir leur bien-être, leur développement et leur avenir. Ensemble, nous pouvons œuvrer pour un monde où chaque enfant peut profiter pleinement de sa jeunesse sans être contraint de travailler. Le droit au repos et au loisir n’annule pas le droit à la participation de l’enfant. Seule l’interprétation prête confusion chez certains parents et tutelles.
D’autres détails sont à suivre dans ce magazine « Tupiganishe Shida »
Le 2 août 2024, la ville de Beni a marqué une journée de commémoration dédiée aux victimes des massacres perpétrés par les ADF et autres conflits armés en République Démocratique du Congo. Cet événement a été l’occasion d’une réflexion profonde sur les origines du Génocoste, ses répercussions, et les perspectives d’avenir.
Objectifs du Génocoste
Le Génocoste répond à plusieurs objectifs essentiels :
Mémoire des Victimes : À l’instar des génocides du Rwanda, du Cambodge et des massacres arméniens, cette journée vise à honorer les victimes et à garantir que leur souffrance ne soit jamais oubliée.
Prévention des Atrocités : En sensibilisant le public et les décideurs, le Génocoste cherche à éviter la répétition de telles horreurs. C’est également un moment propice pour promouvoir des politiques et des mesures préventives efficaces.
Justice et Réparation : Le Génocoste soutient les initiatives visant à poursuivre les criminels de guerre et à offrir des réparations aux survivants, tout en appelant à une justice pour les victimes et leurs familles.
Réflexions de Maître Paulin Muliro
Dans une interview avec Maître Paulin Muliro, avocat et militant des droits humains, il a évoqué l’origine du Génocoste. Selon lui, la genèse des génocides est souvent le résultat d’une combinaison complexe de facteurs politiques, ethniques et économiques. Il met en lumière comment les discours haineux et les politiques discriminatoires peuvent, à terme, conduire à des atrocités de masse.
Activités Commémoratives à Beni
Le Génocoste, ou Journée Internationale de la Prévention des Génocides et de la Justice pour les Victimes, est un événement marquant instauré pour honorer les victimes des génocides et encourager des actions concrètes pour prévenir de telles atrocités. Les activités du 2 août à Beni ont inclus un dépôt de gerbes de fleurs aux tombes des premières victimes, une marche d’indignation contre l’inaction des autorités, la présentation d’un mémorandum aux autorités locales et l’allumage de bougies. L’objectif était de sensibiliser les communautés aux causes profondes des massacres et de promouvoir une culture de mémoire et de prévention.
Perspectives pour l’Avenir
Les événements du 2 août ont réaffirmé l’importance de la mémoire historique et ont ouvert des perspectives pour l’avenir. Ils ont souligné la nécessité d’une vigilance continue et d’une éducation renforcée pour prévenir les génocides. Les initiatives de paix et de réconciliation sont jugées cruciales pour construire des sociétés plus résilientes et inclusives. Les participants ont exprimé un engagement renouvelé envers les valeurs de justice et de droits humains, ainsi qu’une coopération internationale accrue pour soutenir la région de Beni face aux tensions.
Le 15 octobre, une date tragique marquée en 2014, doit également être commémoré avec la même intensité que celle du 2 août. Maître Paulin Muliro invite donc tous les participants de l’événement du 2 août à se mobiliser pour la journée du 15 octobre.
En somme, la journée commémorative du Génocoste a réaffirmé l’engagement envers la mémoire des victimes et a renforcé la détermination à prévenir les atrocités futures par une éducation appropriée et une action collective.
Du 20 au 22 août 2024, le Forum de Paix, en collaboration avec Peace Direct basé à Londres et le RISD de Bukavu, a organisé deux événements majeurs : l’atelier RAP (Recherche-Action-Participative) et l’atelier de dissémination du rapport d’analyse localisée des conflits à Beni.
L’atelier RAP, qui s’est tenu du 20 au 21 août, s’inscrit dans le cadre du projet « Pamoja kwa Amani ya Beni ». Ce projet vise à renforcer la collaboration locale pour améliorer la prévention des conflits et la consolidation de la paix à Beni. M. Papy Kasereka, assistant de recherche au Forum de Paix et facilitateur de l’atelier, a présenté les objectifs de la session, recueilli les attentes et les préoccupations des participants, puis a ouvert le débat. Une trentaine de personnes, dont des membres des Comités Locaux de Protection, des autorités locales, des jeunes issus de divers groupes de pression, des mouvements citoyens et quelques représentants de la MONUSCO, ont activement participé.
Il a été constaté que les Comités Locaux de Protection, composant les réseaux d’alerte précoce du Forum de Paix, jouent un rôle crucial dans le succès du projet. Ils ont partagé leurs expériences sur la coordination des actions et la collaboration entre les acteurs impliqués dans la prévention des atrocités à Beni. Les discussions ont également permis d’élaborer des mécanismes pour pérenniser les acquis du projet au-delà des financements. Les travaux de groupe ont présenté en détail les activités clés et les résultats du projet « Pamoja kwa Amani ya Beni » depuis son lancement.
À la fin de l’atelier, le représentant du bourgmestre de la commune de Ruwenzori a salué cette initiative et a promis le soutien de son entité pour la réussite des initiatives visant à rapprocher les dirigeants des citoyens.
Dissémination du Rapport d’Analyse Localisée des Conflits
Le 22 août, le Forum de Paix et le RISD ont présenté le rapport d’analyse localisée des conflits à Beni devant environ soixante-dix personnes, incluant journalistes, autorités coutumières, politico-administratives et religieuses, représentants des services des titres immobiliers et du cadastre, acteurs politiques, groupes de pression et mouvements citoyens.
Le rapport aborde les principaux conflits identifiés dans la région, tels que :
Conflits liés aux violences sexuelles
Conflits ethno-régionaux
Conflits liés à l’accès aux ressources naturelles
Conflits liés aux déplacements forcés de populations
Conflits conjoncturels et saisonniers
Autres types de conflits
Il propose plusieurs solutions, notamment :
Collaboration entre militaires et civils
Dialogues communautaires et forums pour la paix
Opportunités d’emploi rémunérateur pour les jeunes et bien d’autres propositions..
Les participants ont posé des questions, proposé des amendements et formulé des recommandations pour enrichir le rapport. Parmi eux, Mwami Achu Taibo Alphonse, chef du village Bapakombe-Bakondo, a félicité l’équipe de recherche pour son identification des principaux problèmes et la collaboration avec les acteurs locaux. Maître Philemon Ndambi wa Ndambi, un acteur politique de la région, a qualifié l’atelier de fructueux et a reconnu que les échanges ont approfondi sa compréhension des conflits et des stratégies de gestion.
Ces contributions visent à affiner la compréhension des réalités de Beni et à améliorer les stratégies de gestion des conflits. Les deux ateliers témoignent de l’engagement continu du Forum de Paix et de ses partenaires en faveur de la paix et de la cohésion sociale à Beni, tout en illustrant la participation active des communautés locales et des parties prenantes dans la recherche de solutions durables aux défis rencontrés.