Beni : des leaders communautaires formés pour favoriser l’acceptation et la réintégration des victimes des conflits armés

Beni : des leaders communautaires formés pour favoriser l’acceptation et la réintégration des victimes des conflits armés

La ville de Beni a accueilli du 28 au 30 mai 2026 un important atelier de formation consacré à la prise en charge psychosociale des personnes affectées par les conflits armés. Organisée par la Synergie des Femmes pour les Victimes des Violences Sexuelles (SFVS), en partenariat avec le Programme d’Assistance Ouvert aux Nécessiteux (PASSION), cette initiative a réuni vingt-cinq leaders communautaires issus de la ville et du territoire de Beni.

Les participants provenaient notamment des zones de santé de Beni, Oicha, Mabalako, Kalunguta et Mutwanga. L’objectif principal de cette formation était de renforcer leurs capacités dans l’accompagnement des survivantes de violences sexuelles, des personnes déplacées ainsi que des femmes ex-otages des ADF revenant dans leurs communautés avec leurs enfants.

Dans un contexte marqué par des années de violences armées, les organisateurs ont insisté sur l’importance de construire des communautés capables d’accueillir, d’écouter et de soutenir les victimes plutôt que de les rejeter ou de les stigmatiser.

Lutter contre la stigmatisation des femmes ex-otages des groupes armés

L’un des principaux enjeux abordés durant la formation concernait la réintégration des femmes ayant vécu en captivité au sein des groupes armés. De nombreuses survivantes retournent dans leurs villages avec des enfants nés durant leur période de détention ou alors avec des grossesses issues des violences subies.

Selon Mme Fataki Vira Josée, psychologue au sein de la structure Femmes Engagées Pour la Santé Intégrale (FEPSI) de Butembo et formatrice lors de l’atelier, il est essentiel de préparer les communautés à accueillir ces femmes avec dignité.

« Cette formation avait pour objectif d’outiller les assistants psychosociaux qui sont sur terrain sur comment se tenir devant les victimes de violences sexuelles, les ex-otages des ADF femmes qui reviennent dans les communautés avec des enfants ou des grossesses, comment les recevoir, faciliter leur intégration et leur acceptation au sein des communautés », a-t-elle expliqué.

La psychologue a également salué la participation active des bénéficiaires, estimant que leur engagement constitue un signe encourageant pour la mise en pratique des connaissances acquises dans les différentes zones de santé concernées.

Des leaders engagés pour le changement des mentalités

Au terme de la formation, plusieurs participants se sont engagés à devenir des relais communautaires en matière de sensibilisation et d’assistance psychosociale.

Présidente des femmes musulmanes du village de Mavivi, Masika Liati a souligné l’importance de développer des mécanismes communautaires de soutien aux personnes vulnérables.

« Je viens d’apprendre beaucoup en matière d’assistance psychosociale. A mon retour, je vais prendre contact avec les autorités politico-administratives et sanitaires afin que nous ayons un programme commun de sensibilisation sur l’assistance à tous les nécessiteux, surtout dans notre zone qui accueille de nombreux déplacés, notamment des femmes enceintes et allaitantes », a-t-elle déclaré.

Pour Kasereka Dewayo Vuyiri, modérateur au sein de l’ECC à Beni, la formation représente une opportunité de promouvoir davantage la compassion et la solidarité dans les communautés.

« Je vais sensibiliser tous mes proches sur un accueil digne de toute personne qui se présente avec un besoin en assistance psychosociale. Les victimes des violences sexuelles et basées sur le genre ainsi que les ex-otages des ADF doivent être écoutés, assistés et orientés vers des acteurs plus compétents lorsque cela est nécessaire », a-t-il affirmé.

Prévenir l’exclusion sociale et protéger les plus vulnérables

Les échanges ont également mis en lumière les conséquences de la marginalisation des survivantes de violences sexuelles. Le rejet familial et communautaire expose souvent ces femmes à de nouveaux risques, notamment la pauvreté, l’isolement ou encore des décisions désespérées liées à leur grossesse.

Chef d’avenue au quartier Cité-Belge en ville de Beni, Mwatatu Mangelembo estime que les connaissances acquises permettront d’améliorer la protection communautaire.

« Nous avons été outillés sur la manière d’accueillir les femmes victimes des atrocités qui reviennent parfois avec des enfants ou des grossesses. Beaucoup se retrouvent sans soutien familial ni conjugal. Il est donc nécessaire de les accompagner et de leur offrir une écoute bienveillante afin de prévenir des situations dramatiques », a-t-elle expliqué.

Les participants ont ainsi été encouragés à promouvoir des messages d’acceptation, de tolérance et de respect de la dignité humaine dans leurs communautés respectives.

Une stratégie de multiplication des connaissances

Selon Mme Faila Kataliko, coordonnatrice de PASSION, les bénéficiaires de la formation auront la responsabilité de restituer les connaissances acquises aux autres acteurs communautaires n’ayant pas participé à l’atelier.

Cette approche vise à élargir progressivement l’impact de la formation à l’ensemble des entités concernées. Elle a également annoncé la mise en place prochaine d’une plateforme numérique destinée à faciliter le partage d’expériences, d’informations et de bonnes pratiques entre les acteurs communautaires engagés dans l’assistance psychosociale.

Renforcer la cohésion sociale pour une paix durable

A travers cette initiative, la SFVS et PASSION entendent contribuer à la reconstruction du tissu social dans les zones affectées par les conflits armés. En favorisant l’acceptation des survivantes, la réintégration des ex-otages et la protection des personnes vulnérables, les organisations partenaires participent à la lutte contre la stigmatisation et à la prévention des fractures sociales.

Les organisateurs poursuivent également leurs efforts de plaidoyer afin d’obtenir des soutiens financiers permettant d’étendre ces actions à d’autres communautés. Leur ambition est de renforcer durablement la résilience locale, promouvoir la cohésion sociale et créer un environnement où chaque victime peut retrouver sa place au sein de la société.

Dans une région longtemps marquée par les violences et les déplacements forcés, l’acceptation communautaire apparaît aujourd’hui comme l’un des piliers essentiels de la guérison individuelle et de la construction d’une paix durable.

Alphonse Vikongo

Beni : Une initiative féminine au service du développement communautaire

Beni : Une initiative féminine au service du développement communautaire

En ville de Beni, le Collectif des Femmes pour le Développement Intégral et la Consolidation de la Paix (COFEDIP) a officiellement lancé une activité de fabrication de savons liquides destinée à promouvoir l’autonomisation économique des femmes et à renforcer la prévention sanitaire au sein des communautés locales.

Cette initiative communautaire a été présentée lors d’une audience accordée au service de communication du Forum de Paix à mi-mai 2026. A travers ce projet, le COFEDIP ambitionne de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des femmes tout en participant activement à la lutte contre les maladies infectieuses, notamment Ebola, qui demeure une menace sanitaire dans plusieurs zones du Nord-Kivu.

Le COFEDIP mise sur l’autonomisation économique des femmes

Devant ses hôtes, Madame KATUNGU NDUNGO INGRID, chargée de communication du COFEDIP, a expliqué que ce projet répond à des objectifs sociaux, économiques et sanitaires.

Selon elle, la fabrication locale des savons liquides permettra aux femmes d’acquérir des compétences pratiques, de développer des activités génératrices de revenus et de participer à la protection de la santé communautaire.

« Cette activité rentre dans le cadre de la valorisation de l’autonomisation de la femme ainsi que de la prévention contre différentes maladies dans notre région, notamment l’épidémie d’Ebola. Nous voulons voir les femmes devenir actrices de leur propre développement tout en participant activement à la protection de la santé des communautés », a déclaré Madame KATUNGU NDUNGO INGRID.

Elle a également souligné que plusieurs ménages de Beni éprouvent encore des difficultés pour accéder régulièrement aux produits d’hygiène et de désinfection en raison des contraintes économiques persistantes.

Dans un contexte marqué par les déplacements de populations, l’insécurité et les risques sanitaires permanents, le COFEDIP estime que l’accès aux produits d’hygiène constitue aujourd’hui un élément essentiel pour prévenir les maladies contagieuses.

Des savons liquides accessibles aux familles de Beni

Les responsables du collectif ont indiqué que les savons fabriqués localement seront progressivement distribués dans plusieurs quartiers de la ville de Beni ainsi que dans certaines zones périphériques.

Une attention particulière sera accordée aux ménages vulnérables afin de faciliter l’accès aux produits d’hygiène essentiels pour le lavage des mains et l’assainissement des foyers.

« Nous rassurons la population que ce produit sera accessible à un prix taillé au niveau des capacités de tous les ménages. Notre souci principal est de permettre à chaque famille d’avoir accès à un savon de qualité pour contribuer à la prévention des maladies et au maintien de l’hygiène », a insisté Madame KATUNGU NDUNGO INGRID.

Le COFEDIP précise que cette initiative ne poursuit pas uniquement un objectif commercial. Le collectif veut surtout répondre à un besoin communautaire croissant en matière d’hygiène et de prévention sanitaire.

COFEDIP veut renforcer la sensibilisation communautaire sur la prévention contre EBOLA

Au-delà de l’aspect économique, le COFEDIP entend intensifier les campagnes de sensibilisation sur les bonnes pratiques d’hygiène à Beni. Le collectif souhaite notamment promouvoir :

  • Le lavage régulier des mains ;
  • L’assainissement des ménages ;
  • ’utilisation des produits désinfectants ;
  • La prévention des maladies infectieuses dans les lieux publics et privés.

Pour cette organisation féminine, la prévention communautaire demeure l’un des moyens les plus efficaces pour limiter la propagation des épidémies dans la région de Beni et dans l’ensemble du Nord-Kivu.

Le COFEDIP confirme son engagement pour la paix et le développement local

A travers cette initiative de fabrication de savons liquides, le Collectif des Femmes pour le Développement Intégral et la Consolidation de la Paix confirme son engagement en faveur de la promotion des droits de la femme et de l’enfant, de la santé communautaire ainsi que  du développement durable.

En tant qu’organisation membre du Forum de Paix, le COFEDIP entend poursuivre son accompagnement des communautés locales à travers des actions favorisant la cohésion sociale, la résilience communautaire et l’autonomisation des femmes.

Dans un environnement marqué par plusieurs défis sécuritaires, sanitaires et économiques, cette structure espère que ce projet lancé sur  son fonds propre, contribuera durablement à renforcer la résilience des ménages et à promouvoir une culture d’hygiène responsable au sein des communautés de Beni.

Alphonse Vikongo

Watalinga : le sport comme levier stratégique de cohésion sociale et de paix durable

Watalinga : le sport comme levier stratégique de cohésion sociale et de paix durable

En chefferie des Watalinga, territoire de Beni au Nord-Kivu, le sport devient un outil stratégique de cohésion sociale. Du 27 février au 1er mars 2026, plusieurs villages ont vibré au rythme des matchs amicaux organisés par le Forum de Paix, en collaboration avec le CLPD et les CePDG , grâce à l’appui Financier de la GIZ dans le cadre du projet Promotion de la Paix et de la stabilité dans l’Est de la RDC (ProPaix III).

Ces activités visent à rapprocher les communautés. Elles cherchent aussi à renforcer la paix durable dans une zone marquée , l y a encore quelques années, par l’insécurité . A travers le football, les organisateurs ont créé des espaces sûrs de dialogue. La mobilisation populaire confirme l’impact positif de ces initiatives. Plus d’un millier de spectateurs ont assisté aux différentes rencontres. Le sport s’affirme ainsi comme un puissant moteur d’unité communautaire.

Mulopia : deux collines réunies autour du football

Le coup d’envoi a été donné le 27 février à Mulopia, chef-lieu du groupement Bahumu. Les jeunes de Mulopia III ont affronté ceux de Mulopia Centre dans un esprit de fraternité. Avant le match, Echulo Benoît, vice-président de la CePDG/Bahumu, a rappelé : « Le football doit nous unir et non nous diviser. La cohésion sociale commence par le respect entre voisins. » Malgré l’intensité de la rencontre, remportée 4-2 par Mulopia III, le respect a prédominé. Présent sur place, Emmanuel Kikanga Bighogho a salué l’initiative : « Le sport est un levier de réconciliation essentiel pour notre jeunesse. »

Bandiguya : civils et militaires jouent la carte de la confiance

A Bandiguya, dans le groupement Batalinga, le sport a renforcé la relation civilo-militaire. Le 28 février 2026, les militaires des FARDC ont affronté une sélection civile au stade de Maale. Cette rencontre symbolique visait à consolider la cohésion sociale. Elle intervenait dans un contexte marqué par l’insécurité attribuée aux ADF-MTN il y a peu dans cette contrée. Avant le match, les organisateurs ont appelé à l’unité. La CePDG/Batalinga a insisté sur la collaboration. « Civils et militaires doivent travailler ensemble pour préserver l’accalmie », a rappelé Mr Baponua Mutagho premier vice-président de la CePDG.

Le match s’est soldé par un nul (2-2) dans une ambiance enthousiasteLe capitaine de l’équipe militaire a salué l’initiative. « Ces moments renforcent la confiance entre la population et les forces de défense », a-t-il souligné. Du côté civil, le message était similaire. « Multiplions ces activités pour bâtir une stabilité durable », a déclaré le capitaine de l’équipe locale.

Lutakila : le football féminin au cœur de la cohésion sociale

La série s’est clôturée le 1er mars 2026 au stade de Lutakila, dans le groupement Bawisa, mettant en avant le football féminin. Les jeunes filles de Kisegeta l’ont emporté 6-0 face à Kahondo. Au-delà du score, les organisateurs ont souligné que le sport favorise l’inclusion, l’unité et la paix et valorise le leadership des femmes.. La mobilisation était impressionnante. Plus de six cents spectateurs ont soutenu les équipes. La capitaine de Kisegeta a exprimé sa joie. « Cette victoire est aussi celle de la fraternité entre nos villages », a-t-elle affirmé. La gardienne de Kahondo a salué l’esprit du match. « Nous avons perdu, mais nous avons gagné en cohésion sociale », a-t-elle déclaré.

Le sport, outil durable de consolidation de la paix

Ces rencontres sportives dépassent le cadre du jeu. Elles créent des espaces de dialogue et de confiance. Elles renforcent la prévention des conflits à la base. En chefferie des Watalinga, la cohésion sociale reste un enjeu majeur. Le sport offre une réponse concrète et accessible. Il mobilise les jeunes, les leaders locaux et les forces de sécurité. Les résultats observés sont encourageants. Les tensions diminuent lorsque les communautés se rencontrent. La confiance se construit à travers des initiatives simples mais structurées. Le football devient ainsi un instrument de paix durable. Il favorise l’unité et la solidarité communautaire.

Plaidoyer pour l’extension des activités sportives dans les villages voisins

Les habitants des villages concernés ont salué ces initiatives. Beaucoup ont plaidé pour leur continuité. Ils perçoivent le sport comme un outil efficace de rapprochement. Cependant, plusieurs villages environnants n’ont pas encore bénéficié de ces activités. « L’extension de ces rencontres sportives constitue une priorité stratégique. Investir dans le sport, c’est investir dans la paix. C’est offrir aux jeunes des alternatives positives face à l’insécurité. C’est renforcer la cohésion sociale à l’échelle de toute la chefferie des Watalinga. » a indiqué Emmanuel Kikanga, chef de cellule des sports et loisirs en chefferie des Watalinga.

Les partenaires, autorités et acteurs communautaires sont appelés à soutenir cette dynamique. Chaque match organisé est une victoire pour la paix. Etendre ces initiatives aux villages voisins, c’est consolider un avenir plus stable et plus uni pour toute la région.

Ces rencontres prouvent que le sport offre une réponse concrète et accessible aux tensions communautaires. En mobilisant jeunes, leaders locaux et forces de sécurité, il réduit les clivages.

Toutefois, le besoin reste immense. Emmanuel Kikanga, chef de cellule des sports et loisirs, lance un appel : « L’extension de ces activités aux villages voisins est une priorité stratégique. Investir dans le sport, c’est offrir aux jeunes des alternatives positives face à l’insécurité. » Pour les habitants de Watalinga, chaque match est bien plus qu’un jeu : c’est une victoire pour la paix.

Alphonse et Fataki

Watalinga : Le réveil de la  mobilisation citoyenne pour le développement et  la paix

Watalinga : Le réveil de la mobilisation citoyenne pour le développement et la paix

Dans la chefferie des Watalinga (Territoire de Beni), le développement n’est plus seulement une attente, c’est une action. Entre le 23 et le 31 janvier 2026, une dynamique communautaire exemplaire a vu le jour, transformant des défis logistiques en victoires pour la cohésion sociale.

Bawisa : le stade de Kisegeta retrouve sa valeur communautaire

Le vendredi 23 janvier 2026, le groupement Bawisa a connu une mobilisation significative. Au stade de Kisegeta, 103 habitants, dont 68 femmes,  se sont mobilisés pour l’assainissement du Stade de Kisegeta.. Ce lieu symbolique accueille régulièrement des activités sportives et sociales.

Sous l’œil attentif des chefs de villages et avec l’appui technique de la CePDG et du CLPD, ce lieu de rencontre a retrouvé son éclat. Pour Musubao Nyamwisi, président de la société civile, le message est clair : « L’engagement communautaire est la base d’un développement durable ». Un sentiment partagé par Bhalikighamba, représentant du chef de groupement, qui rappelle que l’unité est la plus grande richesse de Bawisa.

Sous l’égide de Forum de Paix, son entretien renforce la cohésion et le sentiment d’appartenance communautaire.

Bahumu : la montée Nsua réhabilitée grâce à l’effort collectif

A Mulopia, chef-lieu du groupement Bahumu, la mobilisation a été tout aussi remarquable. Le samedi 31 janvier 2026, 143 habitants, dont 33 femmes, ont réhabilité la montée Nsua. Ce tronçon relie l’entrée du village au stade local. Il constitue un axe vital pour les déplacements quotidiens.

 Avant les travaux, la route était fortement dégradée. Les nids-de-poule rendaient la circulation difficile et risquée. Grâce à l’effort collectif, la voie est désormais plus praticable.

« Ces initiatives renforcent la confiance entre nous », témoigne Monsieur Benoît, membre de la CePDG Bahumu. Ici, la sueur des habitants a remplacé les plaidoyers stériles pour offrir une route praticable à tous les usagers.

Batalinga : Une route pour la santé

Le vendredi 30 janvier 2026, le groupement Batalinga s’est joint à cette dynamique citoyenne. Au total, 111 habitants ont travaillé sur l’axe Buiségha-Gogo-Bandiguya. Ce tronçon est essentiel pour la mobilité locale. Il facilite aussi l’acheminement des matériaux de construction. Les participants ont défriché la route et comblé les nids-de-poule. Ces travaux soutiennent la construction imminente du centre de santé de Malin. Ils répondent à un besoin vital d’accès aux soins. L’activité a été organisée par le Forum de Paix. La CePDG des Batalinga  et le CLPD des Watalinga ont assuré la coordination communautaire. Les habitants ont salué une action utile et concrète. Ils estiment qu’elle améliore directement leurs conditions de vie.

Un plaidoyer pour étendre l’impact à toute la chefferie

Ces initiatives démontrent la capacité des communautés à agir pour leur avenir. Elles renforcent la solidarité, la paix et la cohésion sociale. Cependant, plusieurs villages de la chefferie des Watalinga restent non couverts. Leurs besoins demeurent criants.

Le projet de renforcement des structures locales de paix a prouvé son efficacité. Pour que « personne ne soit laissé de côté », un financement durable est nécessaire. Avec un financement adéquat, il pourrait toucher l’ensemble de la chefferie des Watalinga. Les participants appellent à une programmation inclusive. . A Watalinga, la mobilisation communautaire est une réponse forte. Mais pour être durable, elle doit être soutenue. Investir dans le Forum de Paix, c’est investir dans la stabilité locale. C’est aussi répondre aux aspirations profondes des communautés rurales de Beni.

Alphonse et Fataki

Watalinga : le Forum de Paix renforce les structures locales pour une gestion pacifique des conflits

Watalinga : le Forum de Paix renforce les structures locales pour une gestion pacifique des conflits

La chefferie des Watalinga fait face à des conflits communautaires récurrents. Ces tensions fragilisent la cohésion sociale et la stabilité locale. Face à cette réalité, les structures locales de paix jouent un rôle central. Le renforcement de leurs capacités apparaît comme une réponse stratégique.

Des ateliers de formation initiés par le Forum de Paix

Du mardi 06 au samedi 10 janvier 2026, le Forum de Paix a organisé une série d’ateliers de formation. Ces activités s’inscrivent dans le projet de renforcement des structures locales de paix. Elles visent aussi la promotion de la cohésion sociale. Les bénéficiaires directs étaient les membres des CePDG et du CLPD. Pour eux, « cette formation arrive au bon moment, car nos communautés en ont réellement besoin ».

Une participation issue des trois groupements de Watalinga

Les ateliers ont réuni 18 participants provenant des trois groupements de la chefferie. Des membres des Comités Locaux de Paix et de Développement ont également pris part aux travaux. Cette représentativité a favorisé des échanges inclusifs. Les participants ont partagé leurs expériences locales. L’un d’eux a affirmé : « nous avons enfin un cadre où chacun peut exprimer les réalités de son groupement ». Cette diversité a renforcé la qualité des discussions.

Renforcer les capacités en prévention et gestion des conflits

L’objectif principal des ateliers était le renforcement des capacités locales. Les participants ont été formés à la prévention, à la gestion et à la transformation pacifique des conflits. L’approche pratique a été privilégiée. Selon un participant, « nous avons appris comment intervenir sans aggraver les tensions ». Ces compétences permettent d’anticiper les crises et de promouvoir des solutions durables au niveau communautaire.

Des thématiques clés pour une paix durable

Pendant cinq jours, plusieurs thématiques essentielles ont été abordées. Il s’agit notamment de la gestion et transformation des conflits communautaires. Les participants ont aussi été formés à la sensibilité aux conflits et à l’approche Do No Harm. La documentation des conflits et des incidents sécuritaires a été largement discutée. A ce sujet, un participant a déclaré : « documenter les incidents nous aide à mieux comprendre leurs causes ».

La bonne gouvernance locale et la cohésion sociale

Les formations ont également porté sur la bonne gouvernance locale. Les rôles des CePDG et du CLPD ont été clarifiés. L’objectif était de renforcer la transparence et la redevabilité. Les participants estiment que « sans bonne gouvernance, la paix reste fragile ». La cohésion sociale a été présentée comme un pilier fondamental. Les échanges ont mis en évidence l’importance du dialogue communautaire.

Le genre et la participation inclusive dans les mécanismes de paix

Une attention particulière a été accordée au genre et à l’inclusion. Les participants ont analysé la place des femmes et des jeunes dans les mécanismes de paix. L’un d’eux a souligné que « exclure les femmes, c’est se priver d’actrices clés de la paix ». Cette approche inclusive vise à renforcer l’efficacité des actions locales. Elle favorise aussi une paix équitable et durable.

Des messages forts des intervenants

Les ateliers ont été animés par des intervenants expérimentés, dont Maître David Muwaze. Il a encouragé les participants à appliquer les connaissances acquises. Selon lui, « la paix commence par des actions concrètes au niveau local ». Les participants ont salué la qualité des interventions. Ils affirment que « les formateurs ont su relier la théorie à notre réalité quotidienne ».

Un engagement clair pour la restitution communautaire

A l’issue des ateliers, les participants ont exprimé leur satisfaction. Ils se sont engagés à restituer les acquis dans leurs groupements respectifs. « Nous allons partager ces connaissances avec nos communautés », ont-ils affirmé. Ils se disent désormais mieux outillés pour résoudre les conflits pacifiquement. Cette dynamique locale renforce la coexistence pacifique et la stabilité à Watalinga.

Une contribution significative à la cohésion sociale à Watalinga

De ces formations, le Forum de Paix consolide les bases d’une paix durable. Le renforcement des structures locales favorise la résilience communautaire. Les acteurs formés deviennent des agents de changement. La cohésion sociale se construit par des actions concertées et inclusives. Watalinga dispose désormais de ressources humaines mieux préparées. Ces efforts ouvrent la voie à une stabilité renforcée dans la chefferie.

ALPHONSE & FATAKI

Nord-Kivu : Le Forum de Paix valide une étude clé sur la sécurité et la confiance communautaire

Nord-Kivu : Le Forum de Paix valide une étude clé sur la sécurité et la confiance communautaire

La ville de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, a accueilli le mardi 30 décembre 2025 un atelier majeur. Cet événement portait sur la dissémination et la validation des résultats d’une étude quantitative et qualitative menée en 2025. L’étude analyse la perception de la sécurité, la confiance et la collaboration entre les acteurs de prévention des conflits et de protection des civils.

Un contexte sécuritaire fragile à l’Est de la RDC

Organisée dans un contexte sécuritaire fragile à l’Est de la RDC, la rencontre répondait à un besoin urgent. Elle visait à renforcer la compréhension collective des dynamiques locales de sécurité. L’objectif était clair : favoriser des réponses concertées, inclusives et durables pour la paix à Beni.

Une participation inclusive et représentative

L’atelier a réuni les autorités locales, la société civile et diverses couches de la population. Cette diversité témoigne d’une réelle volonté de dialogue communautaire. Elle confirme aussi une co-responsabilité partagée dans la recherche de solutions pacifiques.

Des recommandations pour restaurer la confiance

Plusieurs recommandations constructives ont été formulées par les participants. Ces recommandations visent à enrichir le rapport final et à soutenir la paix durable à Beni. Parmi les priorités figurent la collaboration permanente autorités-population et la création de défenseurs locaux de paix. Ces propositions répondent à la crise de confiance persistante entre civils, autorités locales de base et autorités politico-administratives.

La voix des participants au cœur du processus

Un participant a exprimé clairement les attentes communautaires lors des échanges. Selon Jimmy Kighoma : « Il y a beaucoup de choses à faire. Vous ne discutez pas avec nous. Vous pensez que vous êtes des experts. Vous pouvez être autorité militaire, mais moi j’enseigne. Je connais beaucoup aussi que je peux apporter à côté de vous. Donc, cette recommandation de défenseurs locaux est très importante. » Cette intervention illustre l’importance de valoriser les savoirs locaux dans la gouvernance sécuritaire.

Une appréciation collective positive

L’initiative a été vivement saluée par plus de cinquante participants. Ils ont exprimé leur reconnaissance envers le Forum de Paix pour cette démarche inclusive. Les participants ont aussi appelé à une appropriation collective des recommandations.

Un appel à l’engagement des autorités

Au nom des participants, Bernard Kapitula a lancé un message fort : « Notre appréciation est bonne, vu le thème même de l’atelier. Nous recommandons à tous les participants de faire une large diffusion de ces résultats de recherche et de se les approprier afin de les améliorer davantage. Les autorités doivent comprendre qu’elles travaillent au nom de la population. Elles doivent collaborer davantage avec la population et partager sur la question de la paix. » Cet appel renforce la nécessité d’une gouvernance participative.

Le Forum de Paix, un acteur engagé au Nord-Kivu

Cet atelier a été organisé par le Forum de Paix, une organisation non gouvernementale qui mène ses activités en République démocratique du Congo. Cette ONG œuvre pour la consolidation de la paix, la cohésion sociale et le développement durable, particulièrement dans les zones affectées par les conflits à l’Est de ce pays. Suivez la vidéo afférente à cette activité en cliquant sur le lien ci-joint: https://youtu.be/U2J5EdkJ6eM

Alphonse & Destin

Renforcement de l’action communautaire en matière consolidation de la paix à Beni

Renforcement de l’action communautaire en matière consolidation de la paix à Beni

Dans sa planification annuelle 2025, le Forum de Paix a aussi misé sur l’engagement des Comités Locaux de Protection (CLP). Ces structures communautaires disposent d’une expérience solide acquise à travers plusieurs formations. Leur implication est d’importance capital dans la prévention des conflits et la protection des civils à Beni. C’est dans ce cadre qu’une séance évaluative annuelle a été organisée du 18 au 19 décembre 2025 à Beni. Cette évaluation visait à analyser les actions réalisées. Elle avait aussi pour objectif d’identifier les défis persistants. Les résultats vont guider les prochaines planifications stratégiques. Le processus s’inscrit dans une logique d’amélioration continue des actions communautaires.

Des histoires de succès issues du terrain communautaire

Dès le premier jour, plusieurs participants ont partagé leurs histoires de succès. Ces témoignages ont illustré l’impact réel des CLP sur le terrain. Ils ont aussi mis en lumière les limites liées au contexte sécuritaire. Esdras Mathe, membre du CLP Mbau, a présenté une action marquante. « Au début 2025, les attaques des ADF ont provoqué un afflux massif de déplacés internes. Les zones de Mangina et Oicha Centre ont été particulièrement touchées. Face à cette urgence, le CLP Mbau a mené un plaidoyer humanitaire structuré. » Ce plaidoyer a abouti à une réaction de la coordination humanitaire. « Une enquête de terrain a été diligentée par OXFAM et COOPI. Les membres du CLP ont participé activement à la collecte des données. L’assistance humanitaire a ensuite été apportée aux déplacés identifiés» précise la même source.

Toutefois, un défi majeur persiste. La non-cessation des hostilités des ADF continue de générer de nouveaux déplacements. Cette situation limite la durabilité des efforts humanitaires.

A la même séance, Tchetche Aliamini du CLP Mabalako a partagé une autre expérience. « Au début de la même 2025, le groupement Baswagha Madiwe faisait face à une crise de confiance. Les relations entre la population et les autorités militaires étaient tendues. » Le CLP Mabalako a initié un plaidoyer auprès du SECAS. « Ce service joue un rôle clé dans le rapprochement civilo-militaire. Le SECAS est intervenu rapidement sur le terrain. Il a formé les leaders communautaires sur les relations civils-militaires. » Cette intervention a contribué à l’apaisement du climat. Le vivre-ensemble communautaire s’est progressivement installé. Cependant, des risques demeurent. Le banditisme et les vols à mains armées menacent les acquis obtenus.

Une évaluation jugée essentielle par les participants

Pour plusieurs participants, cette évaluation était capitale. Les échanges ont suscité de nouvelles inspirations opérationnelles. Ils ont aussi permis de renforcer les compétences techniques des CLP. Nicaise Kasereka du CLP Mangina a salué les acquis. « J’ai mieux compris l’utilisation de KoboCollect. La gestion des Activités Génératrices de Revenus (AGR) a été aussi bien clarifiée. Ces apprentissages amélioreront la performance des actions de terrain», poursuit-il. Cédric Isohera du CLP Maboya a partagé un changement de perception. « Je pensais que les CLP avaient un pouvoir limité en matière de plaidoyer. L’atelier m’a démontré le contraire. » Cette clarification renforce la confiance des comités dans leurs démarches.

Le regard stratégique du Forum de Paix

Pour le Forum de Paix, cette activité était indispensable. Elle a permis d’évaluer la santé organisationnelle des CLP. Les priorités communautaires ont été définies de manière concertée. Olivier Syasemba, officier de protection du Forum de Paix, l’a souligné. L’évaluation a permis de collecter les réalisations annuelles des CLP. Elle a aussi identifié les défis majeurs rencontrés. Des stratégies concertées ont été définies pour l’avenir. L’atelier a également évalué l’outil KoboCollect. Introduit depuis six mois, il améliore la collecte des incidents sécuritaires. Les participants ont recommandé un formulaire dédié aux rapports mensuels. Ils ont aussi exprimé le besoin de formations complémentaires en reporting communautaire.

Vers une nouvelle dynamique communautaire

Cet atelier a marqué la fin de la planification 2025. Il ouvre aussi des perspectives pour l’année suivante. Les participants sont repartis avec un nouveau bagage opérationnel. Ces acquis renforceront les actions de plaidoyer, de sensibilisation et de mobilisation communautaire. Le Forum de Paix confirme ainsi son engagement pour une protection communautaire durable à Beni.

Alphonse Vikongo

Beni : La tolérance, un fondement encore sous-estimé

Beni : La tolérance, un fondement encore sous-estimé

La tolérance demeure une valeur essentielle pour apaiser la société et prévenir l’escalade des conflits. A Beni, dans la partie Est de la R.D Congo, le Forum de Paix rappelle que la tolérance exige éducation, réciprocité et responsabilité, sans jamais justifier les antivaleurs. Cette organisation qui intervient dans la consolidation de la paix, appelle la population à analyser toujours avant d’agir et à renforcer cette vertu indispensable à la paix, à l’occasion de la journée internationale de la tolérance pour l’année 2025.

La tolérance, un socle indispensable pour une société apaisée

La tolérance est le socle d’une société calme et résiliente. Elle aide les citoyens à gérer les différends sans violence. A Beni, cette vertu reste un besoin urgent et permanent. Les tensions récurrentes montrent que les habitants doivent renforcer cette valeur. Chaque communauté gagne lorsque ses membres construisent des relations respectueuses. La tolérance encourage l’écoute mutuelle et réduit les risques de conflits. Elle est une force sociale qui renforce la cohésion dans une région fragile. La paix durable reste impossible sans la tolérance au cœur des interactions quotidiennes.

Comprendre la tolérance comme un choix volontaire et responsable

La tolérance n’est jamais un automatisme. C’est un choix volontaire et réfléchi. Elle exige une maîtrise de soi dans les situations difficiles. La tolérance, c’est accepter parfois de renoncer à certains droits pour un intérêt supérieur. Ce renoncement n’est pas une faiblesse. C’est une marque de maturité sociale. Le contraire de la tolérance conduit à l’escalade et aux divisions. A Beni, chaque geste d’intolérance fragilise encore la paix. Choisir la tolérance demande un effort constant et partagé. C’est un engagement collectif qui apporte des bénéfices concrets.

La tolérance n’est pas la complaisance face aux antivaleurs

La tolérance ne signifie jamais tolérer l’injustice. Elle ne protège pas les comportements contraires à l’éthique. Maître Justin Matete, coordonnateur du Forum de Paix rappelle que « la tolérance ne doit pas devenir une excuse pour laisser croître les antivaleurs. La tolérance vise la paix, mais elle ne renonce pas à la justice. Elle encourage un comportement responsable et conscient. » A Beni, cette nuance demeure essentielle. La communauté doit comprendre que la tolérance protège la cohésion, mais jamais la criminalité. Elle crée un climat où les problèmes se règlent sans violence.

Une pratique qui exige la réciprocité et la bonne foi mutuelle

La tolérance ne fonctionne pas seule. Elle exige une réciprocité sincère entre les citoyens. Selon Maître Justin Matete, « on ne pratique pas la tolérance par magie. Elle requiert un engagement mutuel et équitable. Si une partie refuse la tolérance, l’équilibre social se brise. Dans une région comme Beni, la tolérance doit devenir un contrat moral collectif. » Les citoyens doivent s’engager à mieux dialoguer. Ce dialogue évite les malentendus qui amplifient les tensions. La tolérance devient alors un instrument puissant de prévention des conflits.

Le rôle de l’éducation dans le renforcement de la tolérance

L’éducation est un outil essentiel pour développer la tolérance. Elle forme les esprits à la patience et au respect d’autrui. Pour Maître Justin Matete, « l’éducation familiale joue un rôle fondamental. Les parents doivent transmettre les valeurs morales à leurs enfants. Ils doivent éviter de confier entièrement cette mission à la télévision, à la radio ou à la rue. Une éducation solide crée des citoyens responsables. Ces citoyens défendent la paix dans leurs communautés. »

Analyser avant d’agir, est une clé pour la paix à Beni

Dans un contexte socio-sécuritaire volatil, agir sans réfléchir peut coûter cher. Maître Matete « invite les habitants à analyser les situations avant toute réaction. Cette attitude permet d’éviter les décisions impulsives. Elle aide aussi à comprendre les responsabilités des dirigeants. Lorsque les citoyens analysent, ils développent un esprit critique utile. Cet esprit critique devient un outil pour encourager une meilleure gouvernance. » En région de Beni, analyser avant d’agir réduira les tensions. Cela protègera la communauté contre les réactions dangereuses ou hâtives.

La tolérance comme base d’une paix durable dans un contexte fragile

La tolérance est un investissement pour la paix durable. Elle réduit les frustrations et les incompréhensions. Elle améliore le vivre-ensemble dans un environnement difficile. A Beni, la tolérance peut freiner l’escalade des conflits. Elle favorise un climat de confiance entre les habitants. Cette confiance renforce les initiatives locales de paix. Les organisations communautaires encouragent cette dynamique. La tolérance devient alors un fondement de la reconstruction sociale.

La Journée internationale de la tolérance enracinée dans l’histoire

« La Journée internationale de la tolérance est célébrée chaque 16 novembre. Elle a été instaurée par l’UNESCO en 1995. La jounée vise à rappeler l’importance du respect mutuel dans les sociétés modernes. Elle appelle les peuples à rejeter l’extrémisme et la discrimination. Cette journée s’inspire des leçons tirées de l’histoire mondiale. Elle rappelle que l’intolérance a souvent conduit à des tragédies. Elle souligne l’urgence de promouvoir l’éducation à la paix. » Indique le site https://www.unesco.org visité le 19 novembre 2025 à 12h45’. A Beni, cette journée rappelle l’importance d’incarner la tolérance. Elle rappelle aussi que la paix commence par des gestes simples et quotidiens.

Alphonse Vikongo

Butembo : quand l’érosion dévore la dignité humaine

Butembo : quand l’érosion dévore la dignité humaine

Dans la vallée de Lyambo, au quartier Kalemire, dans la ville de Butembo (Nord-Kivu), une tragédie silencieuse se joue depuis plus de trois ans. Ce n’est ni une guerre ni une épidémie, mais une catastrophe environnementale qui, à petit feu, détruit maisons, espoirs et vies. Alors que 61 parcelles ont déjà été englouties par un glissement de terrain mal compris et mal géré, les cris d’alerte des habitants restent sans réponse. Ignorée des autorités et négligée par les partenaires humanitaires, l’érosion à Kalemire révèle une double vulnérabilité : environnementale et institutionnelle.

Une érosion lente… mais un effondrement brutal

Tout a commencé par ce qui semblait n’être qu’un léger ruissellement du ruisseau Kavisire. Mais ce filet d’eau a fini par creuser la colline, provoquant une érosion d’ampleur dramatique. Kahindo Visiri Isaac, chef du quartier Kalemire, décrit avec amertume : « Ce lotissement date de 1984. Personne ne s’attendait à voir la colline s’effondrer comme ça. Des maisons entières ont disparu. »

D’après lui, 61 parcelles sont déjà perdues sur près de quatre hectares. Un notable agronome, dont la maison a été détruite, est décédé peu après « de chagrin », selon ses proches. La plupart des victimes sont devenues forcement des locataires sans ressources pour se taper de nouveau d’autres propriétés foncières. Aucun avertissement officiel, aucune interdiction de construire n’a jamais été émise pour cette zone devenue meurtrière.

Une crise que personne ne veut nommer

Trois ans après les premiers signes, aucune autorité municipale, provinciale ou nationale ne s’est déplacée sur les lieux pour une évaluation ou une prise de décision. « Aucune mission, aucune assistance, même pas un mot d’encouragement aux survivants de cette érosion », déplore le chef de quartier.

Pourtant, les sinistrés viennent régulièrement aux bureaux administratifs, demandant : « Que faisons-nous maintenant ? » Face à leur désespoir, seules des réponses vagues sont données. Pendant ce temps, d’autres groupes vulnérables, notamment : « les déplacés des conflits armés » reçoivent des aides ciblées, accentuant un sentiment d’injustice chez les sinistrés de Kalemire. « Nous compatissons à la souffrance des déplacés, mais nous aussi nous vivons un drame ! », ajoute Kahindo Visiri Isaac. La situation révèle une profonde lacune dans la prise en charge des catastrophes naturelles et une violation manifeste du droit à l’assistance et au logement.

Un combat communautaire sans moyens

Face à l’inaction des autorités, la population tente tant bien que mal de réagir. Des arbres antiérosifs, des bambous et d’autres espèces végétales ont été plantés pour ralentir la dégradation. Mais sans appui technique ni matériel, ces efforts restent dérisoires. « Là où nous sommes, il y avait des maisons. Aujourd’hui, il n’y a plus rien », témoigne, résigné, le chef du quartier.

Contacté à ce sujet, César Mathumo, responsable de la Protection civile à Butembo, apporte une autre lecture de la situation : « Ce n’est pas une simple érosion. Il s’agit d’un glissement de terrain qui a commencé en 2018 avec des fissures profondes. »

Il affirme que des descentes sur le terrain ont été réalisées, et que des rapports ont été transmis à la hiérarchie municipale. Toutefois, selon lui, les partenaires humanitaires s’intéressent peu aux risques naturels. Il insiste sur la nécessité d’une étude hydrogéologique complète pour identifier les causes et déterminer les solutions viables. « L’important aujourd’hui, c’est d’identifier les causes et de mettre en œuvre des activités de réduction des risques », conclut-il.

Sauver Kalemire, c’est prévenir d’autres drames

Aujourd’hui, les habitants de Kalemire lancent un appel à tous les niveaux : députés provinciaux, autorités nationales, ONG spécialisées, agences humanitaires, et universitaires. Car au-delà de leur quartier, c’est toute une ville et même une province qui peuvent être touchées par des phénomènes similaires.

Poursuivant, César Mathumo, confirme que Kalemire n’est pas un cas isolé : « Plus de 15 sites à risque existent à Butembo. Il faut une stratégie de stabilisation des sols à l’échelle urbaine. » Le cas de Kalemire est donc un signal d’alarme. Il appelle à des actions concrètes :Une étude géotechnique approfondie ;Un plan de relogement d’urgence pour les victimes ;Des campagnes de sensibilisation ;Et une stratégie de réduction des risques durables.

Sans une volonté politique claire, ces familles resteront abandonnées, et d’autres tragédies suivront. Kalemire ne doit pas devenir un nouveau symbole de l’oubli et de l’indifférence.

Redonner espoir avant qu’il ne soit trop tard

Ce qui se passe à Kalemire n’est ni une fatalité ni une surprise. C’est la conséquence directe d’un manque de prévention, de coordination et de considération pour les populations vulnérables face aux risques naturels. Le quartier Kalemire est aujourd’hui un cratère béant non seulement dans le sol, mais aussi dans la conscience collective. Si les autorités, les scientifiques et les humanitaires n’agissent pas maintenant, d’autres collines s’effondreront, d’autres familles dormiront dehors, et d’autres citoyens mourront en silence.

Alphonse Vikongo

Bulambo : Vers une cohabitation pacifique entre acteurs sécuritaires et civils

Bulambo : Vers une cohabitation pacifique entre acteurs sécuritaires et civils

La région d’Isale-Bulambo, dans la chefferie des Bashu (territoire de Beni, Nord-Kivu), subit une forte pression sécuritaire. Cette pression découle de la présence simultanée des FARDC, de la Police nationale congolaise (PNC) et des groupes Wazalendo. Elle inclut aussi plusieurs groupes de pression et structures communautaires.La création d’un cadre de concertation civilo-militaire est intervenue à l’issue d’un dialogue de paix pour une cohabitation pacifique.

Une réponse au climat de méfiance sécuritaire à Isale-Bulambo

L’absence de coordination claire entre ces acteurs crée des tensions, des incidents et des abus graves.

Ces dysfonctionnements entraînent le chevauchement des rôles, des arrestations abusives et parfois le recrutement d’enfants soldats.

C’est dans ce climat fragile que le Comité Local de Protection (CLP) de Bulambo, avec le Forum de Paix, a organisé un dialogue communautaire le 3 octobre 2025.

La rencontre, tenue à la salle polyvalente La Récréation d’Isale-Bulambo, visait à restaurer la confiance entre civils et forces de sécurité.

L’objectif principal était de clarifier les rôles de chaque acteur et d’instaurer un cadre de concertation permanent pour une cohabitation pacifique.

Un cadre inclusif de dialogue pour clarifier les rôles et bâtir la confiance

Sous la modération du Forum de Paix, la rencontre a réuni 30 participants représentant tous les secteurs.

Les FARDC et la PNC étaient, les Wazalendo, les groupes de pression, la société civile.

Les autorités coutumières, les jeunes et les femmes ont aussi pris part aux échanges.

Le notable de Kivuno a ouvert la séance, représentant le chef de groupement.

Maître Serge Kavula du Forum de Paix a ensuite présenté le contexte sécuritaire.

Les participants ont validé le diagnostic et travaillé en petits groupes de réflexion.

Les discussions ont brisé les silos entre forces de sécurité et population.

Un langage commun s’est établi, fondé sur le respect mutuel et la volonté de paix.

Prises de parole des forces en présence : rôles, défis et perspectives pour la cohabitation pacifique

Chaque acteur a exposé ses missions, défis et propositions pour une cohabitation apaisée.

Le commandant de la Police de Bulambo, Muhindo Kamabu Alexis, a rappelé son rôle de maintien de l’ordre.

Il a évoqué le manque de dénonciation, l’ingérence des autorités locales et le déficit logistique.

Il recommande une sensibilisation accrue et une collaboration renforcée avec la population.

Les FARDC ont réaffirmé leur mission : protéger la population et l’intégrité du territoire.

Elles dénoncent la circulation d’armes illicites et demandent la clarification de leurs rapports avec les Wazalendo.

Ces derniers, représentés par Kambale Ngendo, revendiquent leur rôle patriotique et dénoncent leur instrumentalisation politique.

Ils réclament une reconnaissance officielle et un appui de l’État.

L’ANR a rappelé son rôle d’écoute et de prévention des menaces.

Elle regrette le manque de collaboration de la population et demande des moyens logistiques adéquats.

Recommandations concrètes et création d’un cadre de concertation civilo-militaire

Les travaux de groupe ont produit plusieurs recommandations clés.

Chaque service de sécurité doit s’autoévaluer pour renforcer la paix.

Les interventions doivent suivre une approche collective et consultative.

La société civile doit servir de pont entre la population et les Wazalendo.

Les abus doivent être dénoncés légalement, sans recours à la justice populaire.

Le point culminant fut la création du cadre de concertation civilo-militaire d’Isale-Bulambo.

Ce cadre regroupe le Comité Local de Pprotection, la Croix-Rouge locale, la Cellule de paix et développement et les jeunes.

M. Kakule Ndaliko Syahombire a été élu président de cette structure de coordination.

Elle aura pour mission de maintenir le dialogue, prévenir les tensions et coordonner les réponses locales.

Cette initiative locale marque un pas vers une paix durable à Beni.

Elle démontre que la stabilité peut venir des communautés, quand elles dialoguent et coopèrent.

Alphonse Vikongo