Depuis les attaques sanglantes des Forces Démocratiques Alliées (ADF) dans certains villages du groupement Baswagha-Madiwe, situé dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, la situation sécuritaire montre des signes encourageants d’amélioration. Bien que les forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) aient restauré une certaine stabilité, de nombreux défis subsistent, en particulier en ce qui concerne la réhabilitation des infrastructures sociales de base dans les villages touchés.

Une Amélioration Sécuritaire Accompagnée de Défis Sociaux

Le comité local de protection (CLP) de Mabalako, un groupe des personnes engagées volontairement dans la protection, mise en place en deux mille dix-neuf (2019) par le Forum de Paix, a ressenti le besoin d’ouvrir de nouveau les écoles et les structures de santé dans les villages touchés par les récentes attaques des ADF. En effet, la fermeture prolongée de ces infrastructures compromet gravement l’accès à l’éducation et aux soins de santé pour des milliers d’habitants, en particulier les enfants et les femmes.

Dans le village de Masala, situé dans la localité de Bapakombe Pendekali, dans le secteur Beni Mbau, la vie reprend peu à peu son cours. Cette localité, frappée par une attaque de l’ADF/NALU le 7 juin 2024, tente de se relever malgré les énormes pertes subies. Cependant, les habitants se retrouvent dans une situation précaire : l’unique structure sanitaire du village a été incendiée, privant la population de tout accès aux soins médicaux, et l’école locale reste fermée. Les enseignants, toujours sous le traumatisme des violences, n’ont pas encore pu revenir pour reprendre leurs activités.

Un Cri d’Alerte pour la Réouverture des Services Essentiels

Face à cette situation, la population de Masala et d’autres villages environnants, dans la localité de Bapakombe Pendekali, lance un appel aux autorités congolaises et aux partenaires internationaux. En effet, sans infrastructures sanitaires et éducatives, la population de cette partie du territoire de Beni, en particulier les enfants et les femmes, voient leur avenir compromis.

Masala, situé à environ 17 kilomètres au nord de Cantine, n’est pas un cas isolé. D’autres villages dans le groupement Baswagha Madiwe attendent encore la rentrée scolaire et le rétablissement des services de santé. Les attaques récurrentes des ADF ont laissé des traces profondes, détruisant les biens et semant une peur persistante au sein de la population. Bien que la sécurité soit en amélioration grâce à la présence renforcée des FARDC, les besoins de réhabilitation sont criants.

La Présence ADF dans la province voisine : Une Menace Persistante

La présence des ADF reste un défi majeur pour la paix dans la région. Bien que la situation soit plus stable dans le Baswagha Madiwe, des signaux d’activité de ces rebelles sont signalés dans le groupement Bakaeku, en territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri.              Ces incursions récentes rappellent l’urgence pour les autorités de poursuivre et d’intensifier leurs efforts pour éradiquer complétement cette menace, garantissant ainsi une sécurité durable.

Appel aux Acteurs et Partenaires pour la Reconstruction

Le CLP de Mabalako, soutenu par le Forum de Paix, exhorte les autorités congolaises, les investisseurs et les partenaires humanitaires à se mobiliser pour répondre aux besoins urgents des communautés affectées. La réouverture des écoles et des centres de santé dans le Baswagha Madiwe, particulièrement à Masala, est indispensable pour offrir des perspectives d’avenir aux enfants et des conditions de vie dignes aux familles qui luttent encore pour se remettre des traumatismes subis.

Une réponse rapide et coordonnée est nécessaire pour restaurer les infrastructures sociales de base, afin que la population puisse retrouver une vie normale et que les enfants puissent enfin reprendre le chemin de l’école.

Alphonse Vikongo