Beni insécurité et le territoire de Beni continuent d’être le théâtre d’une insécurité grandissante, marquée par des attaques meurtrières, des vols à main armée et des incursions nocturnes d’individus armés. Malgré des efforts des autorités et des forces de défense, les populations civiles restent exposées à des violences qui freinent la reprise économique et sociale. Dans son rapport de monitoring annuel d’incidents sécuritaire, le Forum de Paix met en lumière la détérioration du climat sécuritaire, les défis rencontrés et les réponses apportées pour tenter d’endiguer cette crise.
Un contexte sécuritaire toujours préoccupant à Beni insécurité
Depuis octobre 2024, une recrudescence des attaques des Allié Democratic Forces (ADF) a plongé la région de Beni dans un climat de peur et d’instabilité. Après une période d’accalmie, ces nouvelles incursions ont entraîné des déplacements massifs de populations, particulièrement dans les zones rurales où les habitants avaient commencé à regagner leurs champs.
L’un des événements les plus marquants reste le massacre d’une vingtaine des civils en l’espace de deux semaines en décembre 2024. Les attaques ont frappé notamment la ville de Beni, commune rurale de Mangina, commune rurale d’Oicha, le secteur de Beni-Mbau, et le secteur de Ruwenzori provoquant la fuite de nombreux habitants. Les conséquences sont lourdes : destruction de biens, paralysie du commerce local et insécurité alimentaire croissante.
Les routes ne sont pas épargnées : entre octobre et décembre 2024, huit embuscades ont été signalées sur les axes routiers, notamment sur la route Eringeti-Kainama. Lors de ces incidents, 31 victimes ont été recensées, dont 26 personnes tuées.
À ces violences armées s’ajoutent les cambriolages nocturnes en ville, menés par des bandits armés. Cette insécurité urbaine aggrave le sentiment de vulnérabilité de la population, déjà sous pression.
Une réponse militaire et administrative en quête d’efficacité
Face à cette situation, les autorités locales ont annoncé des mesures sévères contre les auteurs de crimes. Le maire de Beni, le Colonel Nyofondo-Té-Kodal, a déclaré que toute personne arrêtée en flagrant délit – qu’elle soit militaire, policière ou civile – sera immédiatement jugée et transférée à la prison de Kangbayi.
Par ailleurs, l’armée congolaise affirme maintenir la pression sur les ADF, soulignant que ces derniers tentent de regagner leurs anciennes positions. Le porte-parole de l’armée à Beni, le Lieutenant-Colonel Mak Azukay, a lancé un appel à la vigilance, assurant que des efforts sont en cours pour contenir la menace.
Cependant, l’efficacité de ces réponses reste limitée face à l’ampleur de la crise. Sur 300 incidents documentés, seulement 99 ont fait l’objet d’une réponse officielle. Cela signifie que 67 % des incidents signalés n’ont pas abouti à une action concrète des autorités, laissant de nombreuses victimes dans l’attente de justice.
Un lourd bilan humain et matériel
L’analyse des données du Forum de Paix révèle l’ampleur des violences à Beni :
1 555 victimes au total, dont 484 morts.
269 civils massacrés, incluant 15 enfants.
47 cas de vols à main armée, causant 156 victimes et 8 morts.
61 attaques d’infrastructures (écoles, hôpitaux, maisons de commerce et d’habitation), faisant 142 victimes. 12 cas de justice populaire, traduisant la méfiance croissante de la population envers les institutions judiciaires

Les principaux responsables identifiés incluent :
Les ADF, impliqués dans 62 incidents.
Les bandits armés, auteurs de 33 attaques.
Certains éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC), accusés de violations des droits humains.
Le tableau des incidents montre que les attaques ciblant les infrastructures médicales, scolaires et économiques représentent 20,33 % des actes de violence, suivies par les vols à main armée (15,66 %) et les assassinats (10,33 %).
Les entraves à la documentation et aux interventions
Le rapport de monitoring annuel des incidents sécuritaires, 2024 du Forum de Paix, met également en lumière les difficultés rencontrées pour recueillir des informations fiables sur le terrain. Les Comités Locaux de Protection (CLP), qui documentent les violations des droits humains, ont été confrontés à plusieurs obstacles :
L’accès restreint aux zones à haut risque, limitant la couverture des incidents. Le manque de ressources financières pour mener des enquêtes approfondies. La peur des représailles de la part des groupes armés ou de certaines forces de sécurité. Ces entraves expliquent pourquoi certaines violations graves n’ont pas pu être vérifiées ni incluses dans le rapport, ce qui suggère que la situation pourrait être encore plus alarmante que les chiffres ne l’indiquent.
Vers une amélioration de la situation de Beni insécurité ?
Si des mesures ont été prises pour contenir l’insécurité à Beni, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour garantir une meilleure protection des civils et un suivi efficace des incidents. Ainsi le Forum de Paix a recommandé :
Au commandant des opérations Sokol 1 :
- D’organiser des patrouilles de combat et nocturne en Ville et Territoire de Beni afin de dissuader l’activisme des ADF ;
- Contrôler de manière régulière les armes à feu et munitions de guerre en possession des militaires qui habitent dans des quartiers avec les populations.
Au chef d’Etat-major Général des FARDC :
- D’affecter des nouvelles unités récemment formées en territoire de Beni, afin de prêter main forte aux unités qui combattent les ADF dans la région ;
- D’améliorer les conditions de vie des militaires dans la région de Beni, car ils sont souvent accusés dans des différents cas des violations des droit Humains et vols à mains armées ;
À la force combattante de la Monusco :
- De placer des positions militaires(FIB) en profondeur dans le territoire de Beni afin de protéger les populations civiles à risques d’attaques des groupes armés notamment dans le secteur de Beni-Mbau, le groupement Basongora en Secteur de Ruwenzori ainsi que le groupement Malio dans la chefferie des Bashu.
À la population civile :
- De s’abstenir à la pratique de justice populaire ;
- De continuer à collaborer avec les services de sécurité et les autorités étatiques de base !crédibles.
Le rapport du Forum de Paix met en exergue une situation sécuritaire dégradée à Beni, où les attaques des ADF et les violences urbaines continuent de semer la terreur. Malgré des réponses des autorités, la majorité des incidents restent impunis, fragilisant encore davantage la confiance des populations.
Pour espérer un retour à la stabilité, une approche intégrée et coordonnée entre l’État, les forces de sécurité, la société civile et les partenaires internationaux est essentielle. L’avenir de Beni dépendra de la capacité des acteurs impliqués à mettre en œuvre des solutions durables et adaptées aux réalités du terrain.
Le contexte de Beni reste alarmant, et l’inaction ne ferait qu’aggraver la situation. Il est impératif que les engagements pris par les autorités lors des prises de leurs fonctions, se traduisent en actions concrètes, afin de restaurer un climat de paix et de permettre à la population de retrouver une vie normale. Cliquez dans le lien ci-dessous pour la lecture intégrale du rapport de monitoring annuel des incidents sécuritaires, 2024 du Forum de Paix!!!


Très compliquée
Nous croyons à un changement tôt ou tard quoi qu’il arrive.
Courant à tout les acteurs
Sûrement