Kyavinyonge : Un Pas vers la protection des ressources naturelles et la résolution des conflits

Kyavinyonge : Un Pas vers la protection des ressources naturelles et la résolution des conflits

Du 22 au 24 janvier 2025, le village de Kyavinyonge, situé dans la région du lac Édouard en province du Nord-Kivu, a vibré au rythme d’un atelier de formation majeur organisé par l’ONG Forum de Paix. Cet événement a rassemblé une large gamme d’acteurs locaux dans le but de renforcer la compréhension et la gestion des lois relatives à la protection de la nature, en particulier celles encadrant la pêche en République Démocratique du Congo. L’atelier a été conçu pour sensibiliser et apporter des solutions concrètes aux tensions qui secouent la communauté de Kyavinyonge, notamment les conflits entre pêcheurs congolais et autorités ougandaises sur le lac partagé.

Un Contexte de Conflit et de Violence

L’un des objectifs primordiaux de cet atelier était de contribuer à la réduction des tensions persistantes sur le lac Édouard. En effet, ces tensions ont souvent mené à des arrestations arbitraires, des violences et des saisies de matériel de pêche (pirogues et équipements) par la marine ougandaise. Les pêcheurs congolais se retrouvent fréquemment au cœur de ces violences, exacerbées par une mauvaise coordination des services chargés de la gestion des ressources lacustres.

Un Cadre Structuré pour la Sensibilisation

La formation a débuté avec une présentation du Forum de Paix, animée par l’Assistant Recherche Papy Kasereka. Il a exposé la mission, la vision et les objectifs de l’ONG, soulignant l’importance de la coopération locale pour la gestion durable des ressources naturelles et la promotion de la paix. L’atelier a été ouvert par le représentant du chef du village de Kyavinyonge, qui a chaleureusement accueilli les participants et les a encouragés à s’impliquer activement dans les discussions.

Retour sur les Résultats d’Enquête

Alphonse Vikongo, enquêteur junior au Forum de Paix, a ensuite présenté les résultats d’une enquête menée à Kyavinyonge en mai 2024. Cette étude avait pour objectif d’identifier les principales causes des arrestations et des exactions subies par les pêcheurs congolais sur le lac Édouard. Selon l’enquête, la mauvaise coordination entre les différents acteurs intervenant dans la gestion du lac est un facteur majeur de ces conflits. Les participants ont alors été invités à réfléchir sur ces problématiques et à proposer des solutions adaptées.

La Résolution Pacifique des Conflits

Papy Kasereka a ensuite abordé la thématique de la résolution pacifique des conflits et de la gestion des sensibilités locales. En groupes, les participants ont discuté des principaux conflits rencontrés à Kyavinyonge, des acteurs impliqués, des causes profondes de ces conflits, ainsi que des solutions possibles pour y remédier. Les travaux de carrefour ont permis de cibler des pistes de médiation adaptées à la réalité locale, mettant l’accent sur la nécessité de créer un climat de confiance entre les différents acteurs du village.

La Question des Violations des Contrats dans la Pêcherie

Maître Constant Kalumendo a ensuite pris la parole pour aborder la question de la violation des contrats dans le domaine de la pêcherie, particulièrement à Kyavinyonge. Les participants ont discuté des raisons profondes de ces violations, des responsables et des solutions envisageables pour rétablir la confiance et le respect des engagements. Cette partie de l’atelier a permis de mettre en lumière les dysfonctionnements dans la gestion des contrats de pêche, soulignant l’importance de rétablir des mécanismes de régulation plus clairs et plus équitables.

Un Suivi Actif pour un Changement Durable

En clôture de l’atelier, Alphonse Vikongo a présenté les activités prévues dans le cadre du projet de trois mois. Ces actions incluent la diffusion de spots radio sur les stations locales, la publication de trois magazines audiovisuels et la mise en place de plaidoyers en faveur d’une meilleure gestion des ressources lacustres. En particulier, un comité local de suivi des activités lacustres a été formé, dont les membres ont été élus lors de la clôture de l’atelier. Ce comité jouera un rôle clé dans la surveillance des activités sur le lac et dans la promotion d’une gestion participative des ressources naturelles.

Une Volonté de Renforcer la Sensibilisation

Bien que la session n’ait pas été spécifiquement dédiée aux recommandations formelles, de nombreux participants ont exprimé le souhait de voir ces ateliers de formation se multiplier. Ils ont insisté sur la nécessité de renforcer la compréhension des problématiques locales et de continuer à travailler ensemble pour trouver des solutions durables aux conflits qui affectent la communauté de Kyavinyonge.

Cet atelier de Kyavinyonge a été une étape importante vers la résolution des tensions locales liées à la gestion du lac Édouard. Il a permis non seulement d’aborder des questions juridiques et de gestion des ressources, mais aussi de promouvoir la paix et la coopération entre les différents acteurs communautaires. La mobilisation et la participation active des habitants témoignent d’une volonté collective de changer les choses et de construire un avenir plus serein pour les pêcheurs et les autres habitants du village. Les actions entreprises dans le cadre de ce projet permettront, espérons-le, de réduire les violences, d’améliorer la gestion des ressources naturelles et de renforcer la paix dans cette région stratégique.

Alphonse VIKONGO

Urgence pour les Droits des Enfants : Le Parlement d’Enfants Grand-Nord Mobilise la Mairie de Beni

Urgence pour les Droits des Enfants : Le Parlement d’Enfants Grand-Nord Mobilise la Mairie de Beni

Le Secrétariat Exécutif de la plateforme Forum de Paix a accompagné, ce jeudi 22 novembre 2024, le Parlement d’Enfants Grand-Nord et le Comité des Enfants de Beni dans une mission de plaidoyer auprès de la mairie de la ville de Beni.

Contexte et Objectifs du Plaidoyer

Cette mission visait à présenter au maire de la ville de Beni les difficultés majeures rencontrées par le Parlement d’Enfants Grand Nord et le Comité des Enfants de Beni, conséquences des manifestations violentes de mi-septembre 2024. Ces événements ont entraîné des actes de vandalisme touchant plusieurs structures, dont : Le bâtiment abritant le bureau du Parlement d’Enfants, la Division des Affaires Sociales et le bureau du Genre, Femme, Famille et Enfants, situé dans la concession de la mairie de Beni ; le bureau de la Direction Générale des Migrations (DGM).

Lors de ces troubles, les portes et fenêtres du bureau du Parlement d’Enfants ont été détruites, et tout le matériel  (mobilier), équipement informatique, rapports et divers documents ont été incendié. Le bureau de la Division des Affaires Sociales a subi des dommages similaires.

Face à ces pertes, le plaidoyer visait à : informer le maire de la ville de l’ampleur des dégâts subis par ces structures ; solliciter son appui en faveur de la réhabilitation et du fonctionnement du Parlement d’Enfants ; demander au maire de devenir le porte-voix de cette cause auprès des partenaires gouvernementaux et autres acteurs intervenant dans la protection de l’enfance.

Réponse de l’Autorité Locale

Le Commissaire Supérieur Nyofondo Jacob, maire de la ville de Beni, a accueilli la délégation avec courtoisie. Il a promis d’examiner avec attention la situation afin d’envisager les actions nécessaires pour répondre à cette crise.

Un Acteur Clé dans la Protection des Droits des Enfants

Rappelons que le Parlement d’Enfants Grand-Nord-Kivu est une organisation membre du Forum de Paix, un réseau regroupant seize structures engagées dans la promotion de la paix et le développement integral et durable.

Engagement et Perspectives

La mission de plaidoyer menée par le Parlement d’Enfants Grand-Nord, appuyée par le Forum de Paix, témoigne de l’importance de fédérer les efforts pour garantir la protection des enfants et la pérennité des initiatives locales en faveur de leurs droits. L’implication des autorités et des partenaires reste essentielle pour relever ces défis et restaurer les structures affectées. Le Forum de Paix réitère son engagement à accompagner ses organisations membres dans leurs efforts pour une société plus juste et sécurisée pour les enfants, les jeunes et les femmes.

Alphonse Vikongo

Journée Internationale de la Convention Relative aux Droits de l’Enfant : Un engagement collectif à Beni

Journée Internationale de la Convention Relative aux Droits de l’Enfant : Un engagement collectif à Beni

Le mercredi 20 novembre 2024, la ville de Beni a vibré au rythme de la Journée internationale de la Convention relative aux droits de l’enfant. Cet événement, organisé par le Groupe de Travail Protection de l’Enfant en partenariat avec le Groupe de Travail sur les Violences Basées sur le Genre (VBG), s’est tenu sous le thème porteur : « Écoutons l’avenir, défendons les droits de l’enfant. »Cette journée n’a pas seulement été une célébration symbolique, mais un appel à l’action dans une région où les défis liés à la protection des enfants demeurent cruciaux.

Une Conférence pour Mobiliser et Sensibiliser

Au cœur de cet événement, une conférence s’est tenue avec la participation d’acteurs clés, parmi lesquels des leaders communautaires, des membres d’organisations locales et des défenseurs des droits des enfants. Maître Ruth Sabuni, chef du bureau Genre, Femmes, Familles et Enfants de Beni, a exhorté les participants à s’engager activement pour la protection des enfants dans un contexte régional marqué par des crises. « Dans cette région où les enfants subissent les conséquences des conflits, de la pauvreté et des violences, il est de notre devoir de redoubler d’efforts pour garantir leurs droits. Agissons ensemble pour offrir à ces enfants un avenir meilleur, » a-t-elle déclaré avec passion.

Les Droits de l’Enfant vus par les Principaux Intéressés

Le Forum de Paix, une organisation impliquée dans la promotion de la paix à Beni, a profité de cette occasion pour sonder les enfants eux-mêmes sur leur compréhension des droits de l’enfant. La majorité des enfants interrogés ont montré une grande lucidité en affirmant que les droits de l’enfant incluent « toutes les mesures mises en place pour protéger les enfants, ainsi que ce qui leur est dû de la part des parents, de la communauté et du gouvernement. » Ces réponses témoignent d’une prise de conscience croissante chez les jeunes, mais également d’un besoin urgent de renforcer les actions pour traduire ces droits en réalité.

Un Appel au Respect des Devoirs pour Garantir les Droits

Lors de la conférence, Doteur Joël Kavuya, encadreur principal du Parlement des Enfants du Grand Nord et du Comité des Enfants de Beni, a apporté une perspective importante en mettant l’accent sur le rôle des devoirs individuels dans la réalisation des droits.« Lorsqu’un enfant accomplit pleinement ses devoirs, ses droits se manifestent naturellement. Ce n’est plus une question de revendication, mais d’harmonie sociale, » a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une éducation qui équilibre droits et responsabilités.

Le rôle du Forum de Paix

Maître Juste Matete, coordonnateur du Forum de Paix, a pris la parole lors de l’émission Bana Okapi diffusée le même mercredi. Il a affirmé :« La meilleure façon de promouvoir les droits des enfants est de dénoncer toute personne ou tout acte allant à l’encontre de ces droits. Cela inclut les violences, l’exploitation ou encore la privation des opportunités d’éducation et de bien-être. »Il a encouragé la communauté à signaler les violations auprès des autorités compétentes et à promouvoir une culture de respect des droits de l’enfant.

Un Appel Urgent à Agir

La Journée internationale des droits de l’enfant à Beni a mis en lumière les progrès réalisés, mais aussi les défis persistants dans la région. Les enfants continuent de faire face à des obstacles majeurs tels que l’insécurité, l’absence d’un accès adéquat à l’éducation et des violences diverses. Pour relever ces défis, il est essentiel que chaque acteur – parents, enseignants, autorités locales et organisations de la société civile – prenne sa part de responsabilité. Cette journée a été un rappel que protéger les enfants aujourd’hui, c’est garantir un avenir meilleur pour toute la communauté.

Alphonse Vikongo

Beni : Le harcèlement sexuel en milieu scolaire, un fléau qui persiste et nécessite une mobilisation collective

Beni : Le harcèlement sexuel en milieu scolaire, un fléau qui persiste et nécessite une mobilisation collective

Le harcèlement sexuel en milieu scolaire reste une réalité à Beni. Certains jeunes apprenants, ne vont pas jusqu’au bout de leur formation à cause de cette antivaleur. Lors d’un webinaire organisé par le Forum de Paix le lundi 12 novembre 2024, trois experts se sont exprimés sur le sujet et ont partagé leurs expériences et recommandations pour lutter contre cette problématique.

 La Sensibilisation comme Outil pour Dénoncer et Prévenir le Harcèlement

Espérance Kazi, coordinatrice de l’ONG One Girl One Leader en République Démocratique du Congo, s’engage dans la promotion des droits des jeunes filles et dans la lutte contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire. Elle a évoqué les actions menées par son organisation pour sensibiliser les élèves au harcèlement et à leurs droits. En 2023, One Girl One Leader a organisé des campagnes de sensibilisation dans vingt écoles secondaires de la ville de Beni, ce qui a permis de distribuer un numéro d’alerte pour signaler les cas de harcèlement.

« Nous avons identifié 56 cas de harcèlement scolaire après ces actions de sensibilisation, » a-t-elle indiqué. Espérance Kazi souligne l’importance de ces campagnes qui permettent de briser le silence autour de cette problématique. Outre les ateliers de sensibilisation, son organisation propose également un accompagnement psychologique et juridique aux victimes, en leur offrant un espace sécurisé pour s’exprimer et recevoir l’aide nécessaire.

Un Témoignage du Terrain et l’Importance de la Formation des Éducateurs

Kambale Liso Charlemagne, préfet des études du Complexe Scolaire  Musafa à Beni et enseignant depuis plus de dix ans, a témoigné de la réalité quotidienne du harcèlement dans les écoles de la ville. « Le harcèlement, en particulier le harcèlement sexuel, reste un sujet tabou, mais il est bien présent dans nos écoles, » a-t-il confié. Les témoignages d’élèves, principalement de jeunes filles, révèlent des situations difficiles et parfois traumatisantes.

Kambale insiste sur le rôle crucial des enseignants et du personnel éducatif pour détecter les signes de harcèlement et réagir rapidement. Dans son établissement, des mesures disciplinaires renforcées et des formations pour le personnel ont été mises en place afin de mieux protéger les élèves. Cependant, il évoque un défi majeur : la réticence des victimes à signaler les abus, ce qui freine la prise de mesures par les autorités scolaires. Pour lui, un environnement scolaire sûr nécessite une vigilance constante et des initiatives supplémentaires pour encourager les jeunes à parler sans peur de représailles.

Le Cadre Juridique et les Droits des Victimes

Maître Justin Matete, coordonnateur du Forum de Paix et auxiliaire de la justice en région de Beni, a abordé le volet juridique de la lutte contre le harcèlement scolaire. Selon lui, le harcèlement scolaire relève de la catégorie des violences sexuelles et de nombreuses lois existent pour protéger les victimes. « Il est essentiel que les jeunes, ainsi que leurs familles, connaissent leurs droits et les recours possibles, » a-t-il déclaré. Les victimes peuvent ainsi dénoncer les abus et réclamer justice en toute légitimité.

Justin Matete encourage les parents et les éducateurs à soutenir les victimes dans leurs démarches judiciaires, rappelant que la loi est de leur côté. Toutefois, il a précisé que sans signalement de la part des victimes ou de leurs familles, les institutions judiciaires sont limitées dans leurs actions. Ce cadre légal, bien que protecteur, nécessite donc une sensibilisation accrue pour être pleinement efficace.

Une Mobilisation Collective pour un Changement Durable

À la fin de chaque intervention, une session de questions-réponses a permis aux participants d’échanger avec les experts et d’approfondir certains aspects. Tous s’accordent sur l’importance d’une mobilisation collective pour enrayer le harcèlement en milieu scolaire, un problème grave qui mine la santé mentale et l’avenir des jeunes. Chacun : parent, éducateur, membre de la communauté ; a un rôle à jouer pour protéger et soutenir nos enfants, pour qu’ils puissent grandir dans un environnement respectueux et sécurisant.

Le harcèlement en milieu scolaire n’est pas une fatalité. Avec des actions concertées, des campagnes de sensibilisation, et un accompagnement juridique et psychologique, il est possible de créer des écoles où les élèves se sentent en sécurité et respectés. Nous devons agir ensemble pour qu’un jour, le harcèlement  sexuel en milieu scolaire ne soit plus qu’un souvenir.

Alphonse Vikongo

Beni : L’organisation OGOL/RDC clôture le mois de la jeune fille avec une formation sur le PSEA/H et les SGBV

Beni : L’organisation OGOL/RDC clôture le mois de la jeune fille avec une formation sur le PSEA/H et les SGBV

A l’occasion de la clôture du mois dédié à la jeune fille, l’organisation One Girl, One Leader (OGOL/RDC) a organisé une réunion significative à Beni, rassemblant plus de trente jeunes filles représentant chacun des trente quartiers de la ville jeudi 31 octobre 2024. Cet événement avait pour objectif de renforcer leurs compétences en matière de prévention et de réponse aux abus et violences sexuelles basées sur le genre (SGBV), ainsi qu’à l’exploitation et aux abus sexuels ainsi que le harcèlement sexuel (PSEA/H). Cette initiative s’inscrit dans les efforts continus de lutte contre les violences et l’exploitation faites aux jeunes filles et aux femmes dans la communauté.

Des participantes engagées et formées pour devenir actrices de changement

Ces jeunes filles, identifiées comme les points focaux de l’OGOL dans leurs quartiers respectifs, sont au cœur de cette initiative. En tant que points de relais, leur rôle principal est de détecter, rapporter, et alerter la communauté et l’organisation sur les cas de SGBV, contribuant ainsi à la prévention et à la réponse efficace face à ces violences. Ce rôle est essentiel, non seulement pour protéger les victimes, mais également pour sensibiliser les communautés aux effets néfastes des violences basées sur le genre et pour encourager des comportements protecteurs et respectueux envers les jeunes filles et les femmes.

Soutien de l’organisation PAEV

La formation a été rendue possible grâce au soutien financier de l’organisation Programme d’Approvisionnement en Eau pour les Villages (PAEV en sigle), qui a contribué à la réalisation de cette activité. Madame Espérance Kazi, coordinatrice de l’OGOL une organisation membre du Forum de Paix, a souligné l’importance de la résolution 1325 des Nations Unies, un texte fondamental qui a été adopté à l’unanimité le 31 octobre 2002 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies dans sa 4213e séance, qui concerne le droit des femmes, la paix et la sécurité. Elle se situe dans la continuité des résolutions 1261, 1296 et 1314 qui ont fait l’objet d’un rappel durant la séance et aborde les thèmes de la représentation des femmes dans les organismes de résolution des conflits et lors des processus de paix, la condition féminine durant le rapatriement et le déplacement de populations, ainsi que celui de la rééducation et de la réinsertion des femmes et jeunes filles consécutives à un conflit armé.

C’est le premier document formel et légal issu du Conseil de sécurité qui impose aux différentes parties d’un conflit de respecter le droit des femmes et de soutenir leur participation aux négociations de paix et à la reconstruction post-conflit. La résolution a été initiée par Netumbo Nandi-Ndaitwah, alors ministre des Affaires féminines de la Namibie lors de la présidence de ce pays du Conseil de sécurité. Après le lobbying de nombreuses organisations féministes et du Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM), la résolution est adoptée à l’unanimité.

Cette résolution incite également les États et les communautés internationales à prendre des mesures pour protéger les femmes et les jeunes filles dans les contextes de violence et de conflit.

Une mobilisation pour le changement et la paix dans la communauté

Les participantes sont désormais mieux équipées pour agir contre les abus et soutenir les victimes dans leurs quartiers respectifs. Ce renforcement des capacités des jeunes filles est un pas vers un changement positif et durable, permettant à chaque point focal de devenir une actrice influente pour la paix et la sécurité au sein de la communauté.

Ce genre d’initiative, qui allie la sensibilisation et les actions concrètes, est crucial pour endiguer les violences basées sur le genre. La formation des jeunes filles pour devenir les gardiennes de leurs quartiers marque un engagement fort de la part de l’OGOL et de ses partenaires, qui voient en elles non seulement des leaders en devenir, mais aussi des porteuses d’espoir pour une société plus équitable et sans violence.

Alphonse Vikongo