A l’occasion de la clôture du mois dédié à la jeune fille, l’organisation One Girl, One Leader (OGOL/RDC) a organisé une réunion significative à Beni, rassemblant plus de trente jeunes filles représentant chacun des trente quartiers de la ville jeudi 31 octobre 2024. Cet événement avait pour objectif de renforcer leurs compétences en matière de prévention et de réponse aux abus et violences sexuelles basées sur le genre (SGBV), ainsi qu’à l’exploitation et aux abus sexuels ainsi que le harcèlement sexuel (PSEA/H). Cette initiative s’inscrit dans les efforts continus de lutte contre les violences et l’exploitation faites aux jeunes filles et aux femmes dans la communauté.

Des participantes engagées et formées pour devenir actrices de changement

Ces jeunes filles, identifiées comme les points focaux de l’OGOL dans leurs quartiers respectifs, sont au cœur de cette initiative. En tant que points de relais, leur rôle principal est de détecter, rapporter, et alerter la communauté et l’organisation sur les cas de SGBV, contribuant ainsi à la prévention et à la réponse efficace face à ces violences. Ce rôle est essentiel, non seulement pour protéger les victimes, mais également pour sensibiliser les communautés aux effets néfastes des violences basées sur le genre et pour encourager des comportements protecteurs et respectueux envers les jeunes filles et les femmes.

Soutien de l’organisation PAEV

La formation a été rendue possible grâce au soutien financier de l’organisation Programme d’Approvisionnement en Eau pour les Villages (PAEV en sigle), qui a contribué à la réalisation de cette activité. Madame Espérance Kazi, coordinatrice de l’OGOL une organisation membre du Forum de Paix, a souligné l’importance de la résolution 1325 des Nations Unies, un texte fondamental qui a été adopté à l’unanimité le 31 octobre 2002 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies dans sa 4213e séance, qui concerne le droit des femmes, la paix et la sécurité. Elle se situe dans la continuité des résolutions 1261, 1296 et 1314 qui ont fait l’objet d’un rappel durant la séance et aborde les thèmes de la représentation des femmes dans les organismes de résolution des conflits et lors des processus de paix, la condition féminine durant le rapatriement et le déplacement de populations, ainsi que celui de la rééducation et de la réinsertion des femmes et jeunes filles consécutives à un conflit armé.

C’est le premier document formel et légal issu du Conseil de sécurité qui impose aux différentes parties d’un conflit de respecter le droit des femmes et de soutenir leur participation aux négociations de paix et à la reconstruction post-conflit. La résolution a été initiée par Netumbo Nandi-Ndaitwah, alors ministre des Affaires féminines de la Namibie lors de la présidence de ce pays du Conseil de sécurité. Après le lobbying de nombreuses organisations féministes et du Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM), la résolution est adoptée à l’unanimité.

Cette résolution incite également les États et les communautés internationales à prendre des mesures pour protéger les femmes et les jeunes filles dans les contextes de violence et de conflit.

Une mobilisation pour le changement et la paix dans la communauté

Les participantes sont désormais mieux équipées pour agir contre les abus et soutenir les victimes dans leurs quartiers respectifs. Ce renforcement des capacités des jeunes filles est un pas vers un changement positif et durable, permettant à chaque point focal de devenir une actrice influente pour la paix et la sécurité au sein de la communauté.

Ce genre d’initiative, qui allie la sensibilisation et les actions concrètes, est crucial pour endiguer les violences basées sur le genre. La formation des jeunes filles pour devenir les gardiennes de leurs quartiers marque un engagement fort de la part de l’OGOL et de ses partenaires, qui voient en elles non seulement des leaders en devenir, mais aussi des porteuses d’espoir pour une société plus équitable et sans violence.

Alphonse Vikongo