Nord-Kivu : Le Forum de Paix valide une étude clé sur la sécurité et la confiance communautaire

Nord-Kivu : Le Forum de Paix valide une étude clé sur la sécurité et la confiance communautaire

La ville de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, a accueilli le mardi 30 décembre 2025 un atelier majeur. Cet événement portait sur la dissémination et la validation des résultats d’une étude quantitative et qualitative menée en 2025. L’étude analyse la perception de la sécurité, la confiance et la collaboration entre les acteurs de prévention des conflits et de protection des civils.

Un contexte sécuritaire fragile à l’Est de la RDC

Organisée dans un contexte sécuritaire fragile à l’Est de la RDC, la rencontre répondait à un besoin urgent. Elle visait à renforcer la compréhension collective des dynamiques locales de sécurité. L’objectif était clair : favoriser des réponses concertées, inclusives et durables pour la paix à Beni.

Une participation inclusive et représentative

L’atelier a réuni les autorités locales, la société civile et diverses couches de la population. Cette diversité témoigne d’une réelle volonté de dialogue communautaire. Elle confirme aussi une co-responsabilité partagée dans la recherche de solutions pacifiques.

Des recommandations pour restaurer la confiance

Plusieurs recommandations constructives ont été formulées par les participants. Ces recommandations visent à enrichir le rapport final et à soutenir la paix durable à Beni. Parmi les priorités figurent la collaboration permanente autorités-population et la création de défenseurs locaux de paix. Ces propositions répondent à la crise de confiance persistante entre civils, autorités locales de base et autorités politico-administratives.

La voix des participants au cœur du processus

Un participant a exprimé clairement les attentes communautaires lors des échanges. Selon Jimmy Kighoma : « Il y a beaucoup de choses à faire. Vous ne discutez pas avec nous. Vous pensez que vous êtes des experts. Vous pouvez être autorité militaire, mais moi j’enseigne. Je connais beaucoup aussi que je peux apporter à côté de vous. Donc, cette recommandation de défenseurs locaux est très importante. » Cette intervention illustre l’importance de valoriser les savoirs locaux dans la gouvernance sécuritaire.

Une appréciation collective positive

L’initiative a été vivement saluée par plus de cinquante participants. Ils ont exprimé leur reconnaissance envers le Forum de Paix pour cette démarche inclusive. Les participants ont aussi appelé à une appropriation collective des recommandations.

Un appel à l’engagement des autorités

Au nom des participants, Bernard Kapitula a lancé un message fort : « Notre appréciation est bonne, vu le thème même de l’atelier. Nous recommandons à tous les participants de faire une large diffusion de ces résultats de recherche et de se les approprier afin de les améliorer davantage. Les autorités doivent comprendre qu’elles travaillent au nom de la population. Elles doivent collaborer davantage avec la population et partager sur la question de la paix. » Cet appel renforce la nécessité d’une gouvernance participative.

Le Forum de Paix, un acteur engagé au Nord-Kivu

Cet atelier a été organisé par le Forum de Paix, une organisation non gouvernementale qui mène ses activités en République démocratique du Congo. Cette ONG œuvre pour la consolidation de la paix, la cohésion sociale et le développement durable, particulièrement dans les zones affectées par les conflits à l’Est de ce pays. Suivez la vidéo afférente à cette activité en cliquant sur le lien ci-joint: https://youtu.be/U2J5EdkJ6eM

Alphonse & Destin

Beni : Une avancée majeure pour l’accès à l’information fiable en période de l’I.A

Beni : Une avancée majeure pour l’accès à l’information fiable en période de l’I.A

Une formation des journalistes des radios communautaires et des médias en ligne de la ville et territoire de Beni s’est tenue du 14 au 16 octobre 2024. Elle a porté sur : l’éducation aux médias, à l’information et au fact-checking. Organisée par ELEZA RDC en partenariat avec le CORACON et bénéficiant du soutien financier de Free Press Unlimited, cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Accès à l’information fiable pendant l’état de siège » en provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. L’objectif principal de cette formation était de doter les participants des compétences nécessaires pour assurer une couverture médiatique de qualité dans un contexte marqué par l’insécurité et la désinformation.

Un contexte de crise où l’accès à l’information est crucial

Depuis plusieurs années, les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri vivent sous un Etat de siège prolongé, instauré par les autorités en réponse aux violences armées persistantes. Dans un tel environnement, l’accès à l’information fiable et vérifiée devient non seulement un droit fondamental pour les populations locales, mais aussi un outil indispensable pour contrer les rumeurs et les fake news qui alimentent les tensions et l’insécurité. La formation des journalistes de Beni sur l’éducation aux médias et le fact-checking s’inscrit ainsi dans une démarche proactive visant à renforcer les capacités des acteurs médiatiques locaux à jouer leur rôle de relais de l’information vérifiée et crédible.

Des thématiques adaptées à l’ère de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies

L’évolution rapide des technologies, en particulier l’intelligence artificielle (IA), a profondément transformé le paysage médiatique mondial. Les journalistes, plus que jamais, sont confrontés à la prolifération de la désinformation et à l’usage massif des algorithmes pour générer des contenus parfois biaisés. C’est dans cette perspective que cette formation a été conçue pour répondre aux besoins contemporains des professionnels des médias.

Sous la facilitation de Daniel Makeke, expert en fact-checking, et Akilimali Chomachoma, spécialiste des programmes radiophoniques, les participants ont été formés sur des sujets variés et essentiels. Makeke a mis l’accent sur les techniques de vérification des faits, une compétence indispensable pour tout journaliste à l’ère de la désinformation numérique. Il a illustré des outils concrets et des stratégies permettant de distinguer une information vérifiable d’une rumeur infondée. Cette approche pratique vise à armer les journalistes contre les fausses informations qui circulent souvent en ligne et sur les réseaux sociaux.

De son côté, Akilimali Chomachoma a axé son intervention sur la gestion et la création de grilles de programmes de qualité pour les radios communautaires. Il a souligné l’importance d’une programmation équilibrée, adaptée aux besoins des auditeurs locaux, valoriser la culture locale et la musique traditionnelle,  utiliser les langues locales à au moins soixante pourcents pour préserver les dialectes minoritaires  et a expliqué comment une telle grille peut contribuer à une meilleure information du public tout en respectant les principes de déontologie journalistique.

Un impact durable sur les pratiques journalistiques locales

Au terme de cette formation, les journalistes formés ont non seulement acquis des notions techniques et pratiques pour améliorer la qualité de leur production, mais ils ont également été sensibilisés sur l’importance de la rigueur et de l’éthique dans leur métier. Les compétences acquises renforceront non seulement leur crédibilité en tant que professionnels des médias, mais contribueront aussi à améliorer l’accès à une information fiable dans une région souvent déstabilisée par des conflits et la désinformation.

Les bénéficiaires ont souligné l’importance de ces connaissances dans leur quotidien. « Cette formation va nous permettre de produire des émissions plus professionnelles et de mieux combattre les fausses informations qui circulent souvent chez nous », a déclaré l’un des participants, sur les antennes de la Radiotélévision Muungano Beni. D’autres ont insisté sur l’importance du fact-checking dans un environnement où la rumeur peut rapidement devenir une source de panique ou de malentendu.

Le rôle clé des partenaires pour une presse plus professionnelle

Cette formation n’aurait pas été possible sans le soutien des partenaires engagés pour la liberté de la presse et la promotion de l’information fiable. ELEZA RDC, en tant qu’organisateur principal, s’est investi avec le CORACON pour assurer une bonne organisation et un encadrement de qualité aux participants. Le soutien financier de Free Press Unlimited, a également joué un rôle déterminant dans la réalisation de ce projet.

Cette initiative est une étape essentielle pour le renforcement des capacités des journalistes locaux dans une région où les enjeux liés à l’information sont d’une importance capitale. En formant ces professionnels aux techniques modernes de fact-checking et à la production d’émissions de qualité, cette formation contribue à améliorer non seulement la pratique du journalisme à Beni, mais aussi la qualité de l’information diffusée au public. Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large visant à restaurer la confiance du public dans les médias et à offrir une alternative crédible face aux défis posés par la désinformation en temps de crise.

Perspectives d’avenir

Avec cette formation, les journalistes de Beni disposent désormais des outils nécessaires pour s’adapter aux nouvelles réalités du monde médiatique moderne, dominé par l’intelligence artificielle et l’information instantanée. Il est attendu que cette dynamique se poursuive à travers des formations supplémentaires et des initiatives locales visant à renforcer davantage la capacité des journalistes à jouer leur rôle fondamental d’informateurs du public.

Le besoin d’une information fiable n’a jamais été aussi crucial, et grâce à des initiatives comme celle-ci, les journalistes de Beni sont mieux équipés pour relever ce défi.

Alphonse Vikongo