La paix est un idéal précieux, souvent nuancée par les réalités de chaque contexte. Dans une région comme Beni, située dans la province du Nord-kivu en République Démocratique du Congo (RDC), la paix est indissociable d’avec la sécurité et la préservation de la vie humaine. Les habitants de Beni, confrontés aux attaques répétées des ADF (Forces Démocratiques Alliées), vivent une situation précaire où la paix reste une utopie.
Un Aperçu de la Situation Actuelle à Beni
Lors d’une interview réalisée et diffusée le 21 octobre 2024 sur la Voix de l’Université Officielle de Semuliki, le coordonnateur de l’ONG Forum de Paix, a exposé la situation sécuritaire combien elle est fragile à Beni, malgré la mise en place des différentes opérations militaires comme Ruwenzori, Sokola 1, des grandes envergures et Shuja, mais aussi l’État de siège. Maître Justin MATETE a déploré que les habitants continuent de vivre sous la menace de l’insécurité. Pour lui, cette résilience témoigne du courage de la population, qui aspire à des solutions plus stables et à des stratégies de paix durables.
Le Rôle Crucial des Services de Sécurité et d’un Leadership Renforcé
«Au-delà des interventions militaires, la stabilité à Beni dépend également d’un renforcement des services de sécurité. Les efforts pourraient bénéficier d’une meilleure coordination et d’un leadership national fort, orienté vers la sécurité de chaque citoyen. Avec des dirigeants engagés, capables d’instaurer des mesures concertées, il est possible de poser les bases d’une paix durable à Beni et sur toute la République», a dit maître Justin MATETE.
Il sied néanmoins de mentionner que la courbe des tueries des civiles à masse diminue petit à petit dans la région de Beni. Mais les Territoires de Lubero, de Mambasa et d’Irumu subissent encore la loi de ces rebelles ADF.
L’Engagement du Forum de Paix dans la préservation de la stabilité
Le Forum de Paix à Beni, déploie des initiatives pacifiques pour contribuer à la sécurité. Grâce à des notes de plaidoyer et de seize mini réseaux d’alerte précoce, cette ONG collabore avec les services de sécurité, pour identifier et prévenir les éventualités. Ces actions s’inscrivent dans une volonté de protéger les communautés, d’améliorer la vigilance et d’encourager la stabilité.
Un appel au courage et à la solidarité pour un avenir meilleur
La paix à Beni reste un objectif ambitieux, mais réalisable à travers un engagement commun. Malgré les difficultés, la population peut continuer de montrer sa résilience et de jouer un rôle actif dans la construction de la paix. Chaque contribution, aussi modeste soit-elle, est essentielle pour bâtir cet avenir de sérénité. Saluons le courage des habitants et des organisations de la société civile, pour un futur harmonieux et sécurisé.
LL’Union Nationale des Psychologues Cliniciens dont son siège est en ville de Beni, a décerné un Brevet de Mérite au Parlement Enfants Grand Nord-Kivu dans l’Est de la République Démocratique du Congo, en reconnaissance de leur contribution exceptionnelle à la réussite des activités de la Journée Mondiale de la Santé Mentale 2024. Cet honneur revêt une signification particulière dans un contexte aussi difficile que celui du Grand Nord-Kivu, marqué par des années de conflits armés.
Une reconnaissance en plein cœur de la plénière
Dans une salle comble, en pleine plénière, les parlementaires d’enfants venus de diverses écoles de la ville de Beni ont accueilli cette reconnaissance avec un mélange de joie, de fierté et d’espoir, le samedi 19 octobre 2024. Leur sourire et leur enthousiasme étaient palpables, signe que chaque action menée par ce bureau des enfants laisse une empreinte indélébile dans une région où le besoin de résilience est constant.
Ces jeunes parlementaires, malgré les attaques et la destruction de leur bureau, continuent de se lever avec bravoure pour défendre les droits de leurs pairs. Leur persévérance et engagement inébranlables symbolisent la force et l’espoir de toute une génération qui refuse de plier sous la pression des violences.
Un hommage à ceux qui œuvrent dans l’ombre
Dans son discours, le président du Parlement et du Comité d’Enfants de Beni, l’honorable Eloge Bwanakawa ; a dédié ce Brevet à tous les acteurs humanitaires, les ONG, OGN-I, assistants sociaux et travailleurs psychosociaux (TPS) qui ont accompagné les parlementaires enfants dans leur mission. Sans leur soutien indéfectible, il n’aurait jamais été possible de porter la voix des enfants sur la scène nationale. Depuis 2022, grâce à ces partenariats, le forum national pour les enfants est devenu une réalité, témoignant de l’évolution de cette structure représentative.
Un brevet, symbole de résilience et de responsabilité
« Ce Brevet de Mérite est bien plus qu’une simple reconnaissance. Il est le symbole d’une histoire en reconstruction, d’une génération qui cherche à se relever malgré les blessures profondes imposées par les conflits. Toutefois, il représente également une responsabilité : celle de continuer à défendre les droits des enfants, de maintenir l’espoir et de travailler infatigablement pour un avenir meilleur ; » a renchérit l’honorable E. Bwanakawa
Le Parlement d’Enfants, une force de paix
Le Parlement des Enfants fait l’une des seize organisations membres du Forum de Paix du bureau de Beni, et active dans la promotion des droits des enfants, dans la sensibilisation à la paix et à la reconstruction de la région. Cette année, le parlement d’enfants a accompagné les enfants déplacés dans les écoles. Il a contribué à redonner le sourire, à remettre quelques objets classiques à ces vulnérables en ville de Beni. Le parlement d’enfant a aussi ouvert des espaces amis d’enfants, pour écouter et renforcer l’intégration sociale des enfants déplacés qui ont quelques fois la tendance de s’isoler des autres. Les efforts du parlement d’enfants Grand Nord-Kivu, appuyés par l’ensemble de la communauté, sont une lueur d’espoir dans une région souvent plongée dans l’incertitude. « Bouger davantage pour sa santé mentale » est le thème qui a été exploité le 10 octobre 2024.
« Cette distinction décernée au parlement d’enfants Grand Nord-Kivu est une preuve que, même dans les moments les plus sombres, la détermination et la solidarité peuvent surmonter les défis les plus redoutables. Les enfants, porteurs d’espoir, continuent de se battre pour leurs droits et ceux de leurs pairs, avec le soutien des psychologues, des travailleurs sociaux et des organisations humanitaires. Que ce Brevet de Mérite inspire d’autres initiatives et renforce la confiance de ces enfants parlementaires qui œuvrent pour un avenir meilleur dans une région en quête de paix ;» a indiqué monsieur Joel Kavuya, Encadreur principal de cette structure de protection et de promotion de l’enfant.
Une formation des journalistes des radios communautaires et des médias en ligne de la ville et territoire de Beni s’est tenue du 14 au 16 octobre 2024. Elle a porté sur : l’éducation aux médias, à l’information et au fact-checking. Organisée par ELEZA RDC en partenariat avec le CORACON et bénéficiant du soutien financier de Free Press Unlimited, cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Accès à l’information fiable pendant l’état de siège » en provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. L’objectif principal de cette formation était de doter les participants des compétences nécessaires pour assurer une couverture médiatique de qualité dans un contexte marqué par l’insécurité et la désinformation.
Un contexte de crise où l’accès à l’information est crucial
Depuis plusieurs années, les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri vivent sous un Etat de siège prolongé, instauré par les autorités en réponse aux violences armées persistantes. Dans un tel environnement, l’accès à l’information fiable et vérifiée devient non seulement un droit fondamental pour les populations locales, mais aussi un outil indispensable pour contrer les rumeurs et les fake news qui alimentent les tensions et l’insécurité. La formation des journalistes de Beni sur l’éducation aux médias et le fact-checking s’inscrit ainsi dans une démarche proactive visant à renforcer les capacités des acteurs médiatiques locaux à jouer leur rôle de relais de l’information vérifiée et crédible.
Des thématiques adaptées à l’ère de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies
L’évolution rapide des technologies, en particulier l’intelligence artificielle (IA), a profondément transformé le paysage médiatique mondial. Les journalistes, plus que jamais, sont confrontés à la prolifération de la désinformation et à l’usage massif des algorithmes pour générer des contenus parfois biaisés. C’est dans cette perspective que cette formation a été conçue pour répondre aux besoins contemporains des professionnels des médias.
Sous la facilitation de Daniel Makeke, expert en fact-checking, et Akilimali Chomachoma, spécialiste des programmes radiophoniques, les participants ont été formés sur des sujets variés et essentiels. Makeke a mis l’accent sur les techniques de vérification des faits, une compétence indispensable pour tout journaliste à l’ère de la désinformation numérique. Il a illustré des outils concrets et des stratégies permettant de distinguer une information vérifiable d’une rumeur infondée. Cette approche pratique vise à armer les journalistes contre les fausses informations qui circulent souvent en ligne et sur les réseaux sociaux.
De son côté, Akilimali Chomachoma a axé son intervention sur la gestion et la création de grilles de programmes de qualité pour les radios communautaires. Il a souligné l’importance d’une programmation équilibrée, adaptée aux besoins des auditeurs locaux, valoriser la culture locale et la musique traditionnelle, utiliser les langues locales à au moins soixante pourcents pour préserver les dialectes minoritaires et a expliqué comment une telle grille peut contribuer à une meilleure information du public tout en respectant les principes de déontologie journalistique.
Un impact durable sur les pratiques journalistiques locales
Au terme de cette formation, les journalistes formés ont non seulement acquis des notions techniques et pratiques pour améliorer la qualité de leur production, mais ils ont également été sensibilisés sur l’importance de la rigueur et de l’éthique dans leur métier. Les compétences acquises renforceront non seulement leur crédibilité en tant que professionnels des médias, mais contribueront aussi à améliorer l’accès à une information fiable dans une région souvent déstabilisée par des conflits et la désinformation.
Les bénéficiaires ont souligné l’importance de ces connaissances dans leur quotidien. « Cette formation va nous permettre de produire des émissions plus professionnelles et de mieux combattre les fausses informations qui circulent souvent chez nous », a déclaré l’un des participants, sur les antennes de la Radiotélévision Muungano Beni. D’autres ont insisté sur l’importance du fact-checking dans un environnement où la rumeur peut rapidement devenir une source de panique ou de malentendu.
Le rôle clé des partenaires pour une presse plus professionnelle
Cette formation n’aurait pas été possible sans le soutien des partenaires engagés pour la liberté de la presse et la promotion de l’information fiable. ELEZA RDC, en tant qu’organisateur principal, s’est investi avec le CORACON pour assurer une bonne organisation et un encadrement de qualité aux participants. Le soutien financier de Free Press Unlimited, a également joué un rôle déterminant dans la réalisation de ce projet.
Cette initiative est une étape essentielle pour le renforcement des capacités des journalistes locaux dans une région où les enjeux liés à l’information sont d’une importance capitale. En formant ces professionnels aux techniques modernes de fact-checking et à la production d’émissions de qualité, cette formation contribue à améliorer non seulement la pratique du journalisme à Beni, mais aussi la qualité de l’information diffusée au public. Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large visant à restaurer la confiance du public dans les médias et à offrir une alternative crédible face aux défis posés par la désinformation en temps de crise.
Perspectives d’avenir
Avec cette formation, les journalistes de Beni disposent désormais des outils nécessaires pour s’adapter aux nouvelles réalités du monde médiatique moderne, dominé par l’intelligence artificielle et l’information instantanée. Il est attendu que cette dynamique se poursuive à travers des formations supplémentaires et des initiatives locales visant à renforcer davantage la capacité des journalistes à jouer leur rôle fondamental d’informateurs du public.
Le besoin d’une information fiable n’a jamais été aussi crucial, et grâce à des initiatives comme celle-ci, les journalistes de Beni sont mieux équipés pour relever ce défi.
Les vacances scolaires sont conçues comme des périodes de repos et de plaisir pour les enfants. Cependant, pour certains parents de la ville de Beni à l’Est de la RD Congo ; elles sont synonymes de travail précoce et d’exploitation. Les enfants sont contraints de participer à des activités économiques et autres qui ne cadrent pas avec leur âge.
L’exploitation des enfants pendant les vacances prend de nombreuses formes. En ville de Beni dans la province du Nord-Kivu, les enfants sont amenés à travailler dans des champs, vous pouvez les voir circuler avec des assiettes remplient des produits vivriers à vendre… pour aider leurs familles à générer un revenu supplémentaire.
Les raisons de l’exploitation des enfants sont souvent économiques : la pauvreté pousse certaines familles à envoyer leurs enfants travaillés pour subvenir à leurs besoins de base. La guerre persistante pendant plusieurs décennies conduit forcement certains parents à compter rien qu’à l’appui économique de leurs enfants peu importe l’âge, pour contribuer à la survie de leur famille pendant les vacances. Parfois, c’est aussi un manque d’éducation ou de sensibilisation aux droits et devoirs des enfants qui sont en évidence de ces pratiques.
Conséquences pour les enfants
Le travail pendant les vacances a des conséquences graves sur le développement des enfants. En plus de les priver de leur droit fondamental à l’éducation et à un temps libre, cette exploitation peut également entraîner des problèmes de santé physique et mentale. Les enfants travailleurs sont souvent exposés à des conditions de travail dangereuses et sont privés des opportunités de socialisation et de développement personnel.
Est-il possible d’atténuer cet ce problème ?
Le Forum de Paix estime que pour lutter contre l’exploitation des enfants pendant les vacances en ville de Beni, plusieurs mesures doivent être mises en place :
Les autorités politico-administratives et policières doivent renforcer et appliquer des lois interdisant l’exploitation des enfants pendant les vacances scolaires.
Il est essentiel de mener des campagnes de sensibilisation pour informer les familles et les communautés sur les droits des enfants et les dangers du travail précoce.
Le gouvernement doit apporter un soutien économique aux familles dans le besoin. Cela peut les aider à éviter de recourir au travail des enfants comme moyen de survie.
Promouvoir des activités de loisirs et d’éducation pendant les vacances et compris des colonies de vacances ; peut offrir aux enfants des alternatives positives au travail.
Le Forum de Paix, bureau de Beni pense qu’ il est crucial de mettre fin à l’exploitation des enfants pendant les vacances pour garantir leur bien-être, leur développement et leur avenir. Ensemble, nous pouvons œuvrer pour un monde où chaque enfant peut profiter pleinement de sa jeunesse sans être contraint de travailler. Le droit au repos et au loisir n’annule pas le droit à la participation de l’enfant. Seule l’interprétation prête confusion chez certains parents et tutelles.
D’autres détails sont à suivre dans ce magazine « Tupiganishe Shida »
Le 2 août 2024, la ville de Beni a marqué une journée de commémoration dédiée aux victimes des massacres perpétrés par les ADF et autres conflits armés en République Démocratique du Congo. Cet événement a été l’occasion d’une réflexion profonde sur les origines du Génocoste, ses répercussions, et les perspectives d’avenir.
Objectifs du Génocoste
Le Génocoste répond à plusieurs objectifs essentiels :
Mémoire des Victimes : À l’instar des génocides du Rwanda, du Cambodge et des massacres arméniens, cette journée vise à honorer les victimes et à garantir que leur souffrance ne soit jamais oubliée.
Prévention des Atrocités : En sensibilisant le public et les décideurs, le Génocoste cherche à éviter la répétition de telles horreurs. C’est également un moment propice pour promouvoir des politiques et des mesures préventives efficaces.
Justice et Réparation : Le Génocoste soutient les initiatives visant à poursuivre les criminels de guerre et à offrir des réparations aux survivants, tout en appelant à une justice pour les victimes et leurs familles.
Réflexions de Maître Paulin Muliro
Dans une interview avec Maître Paulin Muliro, avocat et militant des droits humains, il a évoqué l’origine du Génocoste. Selon lui, la genèse des génocides est souvent le résultat d’une combinaison complexe de facteurs politiques, ethniques et économiques. Il met en lumière comment les discours haineux et les politiques discriminatoires peuvent, à terme, conduire à des atrocités de masse.
Activités Commémoratives à Beni
Le Génocoste, ou Journée Internationale de la Prévention des Génocides et de la Justice pour les Victimes, est un événement marquant instauré pour honorer les victimes des génocides et encourager des actions concrètes pour prévenir de telles atrocités. Les activités du 2 août à Beni ont inclus un dépôt de gerbes de fleurs aux tombes des premières victimes, une marche d’indignation contre l’inaction des autorités, la présentation d’un mémorandum aux autorités locales et l’allumage de bougies. L’objectif était de sensibiliser les communautés aux causes profondes des massacres et de promouvoir une culture de mémoire et de prévention.
Perspectives pour l’Avenir
Les événements du 2 août ont réaffirmé l’importance de la mémoire historique et ont ouvert des perspectives pour l’avenir. Ils ont souligné la nécessité d’une vigilance continue et d’une éducation renforcée pour prévenir les génocides. Les initiatives de paix et de réconciliation sont jugées cruciales pour construire des sociétés plus résilientes et inclusives. Les participants ont exprimé un engagement renouvelé envers les valeurs de justice et de droits humains, ainsi qu’une coopération internationale accrue pour soutenir la région de Beni face aux tensions.
Le 15 octobre, une date tragique marquée en 2014, doit également être commémoré avec la même intensité que celle du 2 août. Maître Paulin Muliro invite donc tous les participants de l’événement du 2 août à se mobiliser pour la journée du 15 octobre.
En somme, la journée commémorative du Génocoste a réaffirmé l’engagement envers la mémoire des victimes et a renforcé la détermination à prévenir les atrocités futures par une éducation appropriée et une action collective.
Du 20 au 22 août 2024, le Forum de Paix, en collaboration avec Peace Direct basé à Londres et le RISD de Bukavu, a organisé deux événements majeurs : l’atelier RAP (Recherche-Action-Participative) et l’atelier de dissémination du rapport d’analyse localisée des conflits à Beni.
L’atelier RAP, qui s’est tenu du 20 au 21 août, s’inscrit dans le cadre du projet « Pamoja kwa Amani ya Beni ». Ce projet vise à renforcer la collaboration locale pour améliorer la prévention des conflits et la consolidation de la paix à Beni. M. Papy Kasereka, assistant de recherche au Forum de Paix et facilitateur de l’atelier, a présenté les objectifs de la session, recueilli les attentes et les préoccupations des participants, puis a ouvert le débat. Une trentaine de personnes, dont des membres des Comités Locaux de Protection, des autorités locales, des jeunes issus de divers groupes de pression, des mouvements citoyens et quelques représentants de la MONUSCO, ont activement participé.
Il a été constaté que les Comités Locaux de Protection, composant les réseaux d’alerte précoce du Forum de Paix, jouent un rôle crucial dans le succès du projet. Ils ont partagé leurs expériences sur la coordination des actions et la collaboration entre les acteurs impliqués dans la prévention des atrocités à Beni. Les discussions ont également permis d’élaborer des mécanismes pour pérenniser les acquis du projet au-delà des financements. Les travaux de groupe ont présenté en détail les activités clés et les résultats du projet « Pamoja kwa Amani ya Beni » depuis son lancement.
À la fin de l’atelier, le représentant du bourgmestre de la commune de Ruwenzori a salué cette initiative et a promis le soutien de son entité pour la réussite des initiatives visant à rapprocher les dirigeants des citoyens.
Dissémination du Rapport d’Analyse Localisée des Conflits
Le 22 août, le Forum de Paix et le RISD ont présenté le rapport d’analyse localisée des conflits à Beni devant environ soixante-dix personnes, incluant journalistes, autorités coutumières, politico-administratives et religieuses, représentants des services des titres immobiliers et du cadastre, acteurs politiques, groupes de pression et mouvements citoyens.
Le rapport aborde les principaux conflits identifiés dans la région, tels que :
Conflits liés aux violences sexuelles
Conflits ethno-régionaux
Conflits liés à l’accès aux ressources naturelles
Conflits liés aux déplacements forcés de populations
Conflits conjoncturels et saisonniers
Autres types de conflits
Il propose plusieurs solutions, notamment :
Collaboration entre militaires et civils
Dialogues communautaires et forums pour la paix
Opportunités d’emploi rémunérateur pour les jeunes et bien d’autres propositions..
Les participants ont posé des questions, proposé des amendements et formulé des recommandations pour enrichir le rapport. Parmi eux, Mwami Achu Taibo Alphonse, chef du village Bapakombe-Bakondo, a félicité l’équipe de recherche pour son identification des principaux problèmes et la collaboration avec les acteurs locaux. Maître Philemon Ndambi wa Ndambi, un acteur politique de la région, a qualifié l’atelier de fructueux et a reconnu que les échanges ont approfondi sa compréhension des conflits et des stratégies de gestion.
Ces contributions visent à affiner la compréhension des réalités de Beni et à améliorer les stratégies de gestion des conflits. Les deux ateliers témoignent de l’engagement continu du Forum de Paix et de ses partenaires en faveur de la paix et de la cohésion sociale à Beni, tout en illustrant la participation active des communautés locales et des parties prenantes dans la recherche de solutions durables aux défis rencontrés.
La ville de Beni a été le théâtre d’une commémoration poignante marquant le dixième anniversaire des massacres commis par les ADF (Allied Democratic Forces) ce mardi, 15 octobre 2024. Cet événement, organisé par la société civile en collaboration avec les autorités locales et les leaders religieux, visait à honorer la mémoire des victimes tout en offrant un message de réconfort et d’espoir à une population résiliente, mais éprouvée pendant toute une décennie de violence.
Une commémoration pleine d’émotion
La journée a débuté à 10h à la mairie de Beni, où un grand rassemblement a réuni des représentants des villes de Beni, Butembo et du territoire de Lubero. Les participants, portant des banderoles et des portraits des victimes, ont marché au rythme de la fanfare jusqu’au rond-point Nyamwisi, avant de se diriger au quartier Ngadi pour un culte en mémoire des disparus. Ce moment de recueillement a été marqué par des discours poignants des autorités et des acteurs de la société civile, exprimant la douleur, mais aussi l’espoir d’un avenir meilleur.
Recommandations pour la sécurité
À l’occasion de ce dixième anniversaire, le Forum de Paix a rappelé plusieurs recommandations cruciales pour améliorer la sécurité dans la région. Parmi celles-ci, l’importance d’un contrôle rigoureux des troupes déployées et la nécessité d’un mécanisme de permutation des militaires dans les zones sensibles. Ces mesures visent à réduire la vulnérabilité des populations face aux violences des ADF, qui continuent de semer la terreur.
Dialogue entre civils et militaires
Les autorités politico-administratives sont appelées à initier des cadres d’échanges avec la population et les responsables des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo). La mise en place de dialogues réguliers entre la société civile et les acteurs politiques est essentielle pour cimenter une collaboration civilo-militaire efficace.
Appel aux décideurs
Le gouvernement de la RDC et la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo) ont un rôle crucial à jouer. Ils sont priés de s’assurer que les militaires sont bien équipés, formés et rémunérés afin d’assurer leur efficacité sur le terrain. De plus, la communauté internationale est invitée à ne pas ignorer la souffrance des Congolais et à inclure les massacres dans ses rapports, pour mettre fin à l’impunité.
Un appel à l’unité et à la résilience
Le forum de Paix souligne l’importance de l’unité face à l’adversité. La population est encouragée à s’organiser en petits groupes bien identifiés dans chaque quartier, afin de remonter les alertes auprès des autorités compétentes. Cette initiative vise à renforcer la vigilance et à garantir une réponse rapide aux menaces persistantes.
Un avenir prometteur
Malgré les défis, les habitants de Beni montrent une résilience remarquable. Leurs voix, portées par l’espoir d’une paix durable, rappellent que le chemin vers la réconciliation et le développement est encore possible. En s’unissant et en œuvrant ensemble, la population de Beni peut bâtir un avenir où la paix et la justice prévaudront enfin.
La commémoration de ce dixième anniversaire n’est pas seulement un moment de souvenir, mais aussi un appel à l’action. Ensemble, les habitants de Beni et ses environs continuent d’avancer, refusant de céder à la peur et déterminés à transformer leur région en un foyer de paix et de prospérité.
La ville de Gitega a vibré au rythme de l’ouverture de la 20ème session de la GREAT LAKES PEACEBUILDING INITIATIVE (GLPI) ce lundi 07 octobre 2024. Cet événement emblématique s’inscrit dans un programme annuel de formations, conçu pour renforcer les capacités des acteurs humanitaires et des intervenants en matière de paix et de développement dans la dynamique région des Grands Lacs au départ, mais déjà ouvert tout celui qui réunit les conditions de participation.
Cette année, la session a rassemblé une quarantaine des participants venus de la R.D Congo, du Burkina-Faso, du Tchad, du Kenya, du Rwanda, de la République Démocratique du Congo, du Burundi, ainsi que d’autres nationalités qui se joindront progressivement au fil du mois d’octobre 2024. L’objectif fondamental de ces formations est d’encourager le partage de connaissances et d’expériences, tout en optimisant l’efficacité des interventions humanitaires et de paix.
Au cours de cette première semaine, les participants ont été stratégiquement répartis en deux groupes thématiques. Le premier groupe se concentre sur le développement communautaire et organisationnel, mettant en évidence la conception de projets et la mobilisation de fonds. Le second groupe, quant à lui, se penche sur la consolidation de la paix, en analysant les défis spécifiques auxquels sont confrontés les pays africains ainsi que la communauté internationale.
Le forum de paix est honoré cette semaine par la présence du Collège Alphonse Vikongo du département de la communication, tandis que l’administratrice Sylvie Mwiru interviendra lors de la deuxième semaine de formation.
Cette initiative constitue une étape incontournable pour promouvoir la paix durable et le développement dans la région des Grands Lacs. En renforçant les capacités des acteurs locaux et en favorisant des pratiques de collaboration efficaces, elle ouvre la voie à un avenir meilleur. Les échanges qui se dérouleront durant ces sessions permettront non seulement d’enrichir les compétences des participants, mais aussi de favoriser un dialogue constructif sur les enjeux contemporains liés à la paix, à la sécurité et au développement durable.
L’événement a été officiellement ouvert par le représentant du gouverneur de Gitega, qui a souligné l’importance de la participation active de tous les acteurs pour le bénéfice de la paix et du développement dans les pays des Grands Lacs et au-delà. C’est un appel vibrant à l’engagement collectif pour un avenir pacifique et prospère.
Des Avancées et des Défis sur les Axes Routiers de la zone touchée par les opérations Sukola 1er à l’Est de la RDC.
La suspension de la perception de frais allant de 500 et plus des francs congolais par les militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) sur l’axe routier Beni-Mambasa a suscité une satisfaction notable parmi les conducteurs de motos. Ce mardi 1er octobre 2024, plusieurs motards ont fait part à l’équipe de monitoring du Forum de Paix de leur gratitude envers le commandant des opérations Sukola 1er pour son intervention efficace, leur permettant de bénéficier d’un passage libre, une mesure jugée comme un progrès significatif.
Cependant, des défis persistent sur d’autres axes routiers. Sur la route Kyatsaba-Cantine, les pratiques de perception d’argent se poursuivent, avec des militaires qui perçoivent des sommes sans fournir de contrepartie. À Kanyatsi, dans la commune rurale de Bulongo, les motards se trouvent souvent contraints de payer ce qu’ils désignent comme le « café des militaires ». Les usagers de ces routes appellent donc à une implication accrue du commandant des opérations Sukola 1er pour instaurer une discipline rigoureuse parmi les militaires.
La Police de Circulation Routière (P.C.R) a également été au centre des discussions. Nos interlocuteurs ont exprimé des préoccupations concernant l’efficacité de cette police dans la régulation de la circulation routière. Au lieu de se concentrer sur la vérification de la conformité des véhicules automoteurs aux normes en vigueur, la P.C.R semble multiplier les points de contrôle sur les axes routiers, avec pour objectif principal de collecter des fonds sans fournir de quittance. Ce manque de transparence suscite des interrogations quant à l’utilisation des recettes perçues.
Ces préoccupations ont été exprimées par des motards rencontrés sur le parking de Kanzulinzuli, sur l’axe Beni-Mambasa, ainsi qu’au TCB/Mupanda sur l’axe Beni-Kasindi. Alors que certains axes routiers connaissent des améliorations, d’autres continuent de souffrir de pratiques abusives.
Pour garantir la pérennité des avancées réalisées, le Forum de Paix salue les efforts déployés pour remettre de l’ordre sur les axes routiers et épargner les usagers de la perception de taxes illicites. L’organisation appelle le commandement des opérations Sukola 1er à mettre en place un mécanisme de suivi efficace. Papy Kasereka, assistant recherche au sein de cette organisation, souligne que l’absence des mesures d’accompagnement pourrait mener à un retour à la situation initiale. Il est essentiel de définir clairement ces mesures pour protéger les droits des usagers et encadrer les actions des militaires.
Il est à noter que depuis près de deux mois, le commandement des opérations Sukola 1er ordonne progressivement la levée des barrières érigées illicitement par les militaires sur certains axes routiers pour percevoir des taxes en nature ou en espèces, des mesures qui ont causé de nombreuses plaintes parmi les contribuables. Bien que le chemin vers une gestion transparente et respectueuse des droits des usagers de la route soit encore semé d’embûches, un engagement continu et un suivi adéquat offrent l’espoir d’une amélioration durable de la situation.
Le Forum de Paix a récemment commémoré la Journée internationale de la Paix d’une manière singulière, marquant un tournant dans la manière dont cette journée est célébrée en République Démocratique du Congo (RDC). Cette initiative s’inscrit dans l’engagement constant du Forum de Paix en faveur de la paix et du développement, et elle s’est concrétisée par plusieurs activités organisées dans la ville de Beni.
Un Appel à la Réflexion
Le coordonnateur du Forum de Paix, Maître Justin Matete, a été l’un des principaux intervenants lors d’une émission-débat sur la radio OKAPI, (Radios des Nations-unies à Beni). Cette intervention a permis d’aborder des questions cruciales notamment : quelle image donner à la Journée internationale de la Paix ? Où en est-on avec les résultats des efforts déployés par le gouvernement et ses partenaires internationaux pour instaurer la paix durable à l’Est et dans tout pays ? Et qu’est-ce qui reste à faire ?
Maître Matete a débuté son intervention par un hommage poignant à toutes les personnes ayant perdu la vie à cause des conflits dans l’Est de la RDC. Il a souligné l’importance de se souvenir de ces victimes, qui restent souvent invisibles dans le discours public.
Les Défis de la Paix en RDC
Prenant la parole, Maître Matete a mis en lumière les lacunes existantes dans les initiatives de paix. Il a noté que l’incompétence et la complicité de certains acteurs, tant locaux qu’internationaux, peuvent être citées parmi les raisons expliquant la persistance de l’instabilité dans la région. Il est impératif, selon lui, de reconsidérer les stratégies en place et de se concentrer sur le renforcement des ressources humaines nationales.
Il a rappelé que, bien que l’appui extérieur soit présent depuis des décennies, la paix demeure un objectif lointain. Cela souligne la nécessité d’un véritable engagement envers le développement local et l’autonomisation des communautés.
Conférences et Mobilisation
Le Forum de Paix a également participé à une conférence organisée par le Comité Local de Protection de Beni, en collaboration avec le Parlement des Jeunes, la Génération Capable… Dans ce rassemblement, le Forum de Paix a abordé le thème : « Les conflits, entorse pour la culture de la paix à Beni ».
Alphonse Vikongo, Enquêteur Junior au sein du Forum de Paix, a pris la parole lors de cette conférence pour inciter les participants à réfléchir sur l’unité. Il a insisté sur le fait qu’il n’est plus acceptable de se diviser. Au lieu de recourir à la violence, il est essentiel de multiplier les séances de réflexion sur les causes profondes des conflits et de chercher des solutions durables.
Une Écoute Active
Lors de cette séance animée, qui s’est tenue le 21 septembre 2024, près d’une vingtaine de questions de participants ont trouvé des réponses satisfaisantes. Cela montre l’importance de l’échange et de la communication dans la construction d’une culture de paix durable à Beni. Plus de cinquante participants ont exprimé leur désir de travailler ensemble pour trouver des solutions aux défis auxquels ils font face, plutôt que de recourir à la violence et à la destruction des infrastructures chèrement acquits.
Perspectives d’Avenir
La Journée internationale de la Paix n’est pas seulement un événement à célébrer ; elle représente un appel à l’action. En réfléchissant sur les défis actuels et en partageant des idées sur des solutions durables, les acteurs de la société civile comme le Forum de Paix montrent la voie à suivre pour sortir de la crise.
Il est crucial que toutes les parties prenantes, y compris les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les jeunes, femmes et la société civile, unissent leurs forces pour promouvoir une paix durable. Le Forum de Paix, par son engagement, démontre qu’une alternative constructive est possible, basée sur le dialogue, l’écoute, le respect et la coopération.
La commémoration de la Journée internationale de la Paix par le Forum de Paix à Beni illustre une volonté de dépasser les simples rituels pour se concentrer sur des actions concrètes en faveur de la paix. Ce type d’initiative est essentiel pour construire une culture de paix durable, surtout dans un contexte où les conflits continuent de fragiliser le pays.
Il est temps de transformer les discours en actions concrètes et de lutter contre l’immobilisme. Ensemble, en investissant dans nos ressources humaines et en encourageant le dialogue, nous pouvons espérer bâtir un avenir où la paix ne sera plus un rêve lointain, mais une réalité tangible pour tous les Congolais.