Beni : Dix ans de souffrances, mais une lueur d’espoir pour l’avenir

Beni : Dix ans de souffrances, mais une lueur d’espoir pour l’avenir

La ville de Beni a été le théâtre d’une commémoration poignante marquant le dixième anniversaire des massacres commis par les ADF (Allied Democratic Forces) ce mardi, 15 octobre 2024. Cet événement, organisé par la société civile en collaboration avec les autorités locales et les leaders religieux, visait à honorer la mémoire des victimes tout en offrant un message de réconfort et d’espoir à une population résiliente, mais éprouvée pendant toute une décennie de violence.

Une commémoration pleine d’émotion

La journée a débuté à 10h à la mairie de Beni, où un grand rassemblement a réuni des représentants des villes de Beni, Butembo et du territoire de Lubero. Les participants, portant des banderoles et des portraits des victimes, ont marché au rythme de la fanfare jusqu’au rond-point Nyamwisi, avant de se diriger au quartier Ngadi pour un culte en mémoire des disparus. Ce moment de recueillement a été marqué par des discours poignants des autorités et des acteurs de la société civile, exprimant la douleur, mais aussi l’espoir d’un avenir meilleur.

Recommandations pour la sécurité

À l’occasion de ce dixième anniversaire, le Forum de Paix a rappelé plusieurs recommandations cruciales pour améliorer la sécurité dans la région. Parmi celles-ci, l’importance d’un contrôle rigoureux des troupes déployées et la nécessité d’un mécanisme de permutation des militaires dans les zones sensibles. Ces mesures visent à réduire la vulnérabilité des populations face aux violences des ADF, qui continuent de semer la terreur.

Dialogue entre civils et militaires

Les autorités politico-administratives sont appelées à initier des cadres d’échanges avec la population et les responsables des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo). La mise en place de dialogues réguliers entre la société civile et les acteurs politiques est essentielle pour cimenter une collaboration civilo-militaire efficace.

Appel aux décideurs

Le gouvernement de la RDC et la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo) ont un rôle crucial à jouer. Ils sont priés de s’assurer que les militaires sont bien équipés, formés et rémunérés afin d’assurer leur efficacité sur le terrain. De plus, la communauté internationale est invitée à ne pas ignorer la souffrance des Congolais et à inclure les massacres dans ses rapports, pour mettre fin à l’impunité.

Un appel à l’unité et à la résilience

Le forum de Paix souligne l’importance de l’unité face à l’adversité. La population est encouragée à s’organiser en petits groupes bien identifiés dans chaque quartier, afin de remonter les alertes auprès des autorités compétentes. Cette initiative vise à renforcer la vigilance et à garantir une réponse rapide aux menaces persistantes.

Un avenir prometteur

Malgré les défis, les habitants de Beni montrent une résilience remarquable. Leurs voix, portées par l’espoir d’une paix durable, rappellent que le chemin vers la réconciliation et le développement est encore possible. En s’unissant et en œuvrant ensemble, la population de Beni peut bâtir un avenir où la paix et la justice prévaudront enfin.

La commémoration de ce dixième anniversaire n’est pas seulement un moment de souvenir, mais aussi un appel à l’action. Ensemble, les habitants de Beni et ses environs continuent d’avancer, refusant de céder à la peur et déterminés à transformer leur région en un foyer de paix et de prospérité.

Alphonse Vikongo et Zawadi Kisuvundi

Ouverture de la 20ème Session de GREAT LAKES PEACEBUILDING INITIATIVE (GLPI)

Ouverture de la 20ème Session de GREAT LAKES PEACEBUILDING INITIATIVE (GLPI)

La ville de Gitega a vibré au rythme de l’ouverture de la 20ème session de la GREAT LAKES PEACEBUILDING INITIATIVE (GLPI) ce lundi 07 octobre 2024. Cet événement emblématique s’inscrit dans un programme annuel de formations, conçu pour renforcer les capacités des acteurs humanitaires et des intervenants en matière de paix et de développement dans la dynamique région des Grands Lacs au départ, mais déjà ouvert tout celui qui réunit les conditions de participation.

Cette année, la session a rassemblé une quarantaine des participants venus de la R.D Congo, du Burkina-Faso, du Tchad, du Kenya, du Rwanda, de la République Démocratique du Congo, du Burundi, ainsi que d’autres nationalités qui se joindront progressivement au fil du mois d’octobre 2024. L’objectif fondamental de ces formations est d’encourager le partage de connaissances et d’expériences, tout en optimisant l’efficacité des interventions humanitaires et de paix.

Au cours de cette première semaine, les participants ont été stratégiquement répartis en deux groupes thématiques. Le premier groupe se concentre sur le développement communautaire et organisationnel, mettant en évidence la conception de projets et la mobilisation de fonds. Le second groupe, quant à lui, se penche sur la consolidation de la paix, en analysant les défis spécifiques auxquels sont confrontés les pays africains ainsi que la communauté internationale.

Le forum de paix est honoré cette semaine par la présence du Collège Alphonse Vikongo du département de la communication, tandis que l’administratrice Sylvie Mwiru interviendra lors de la deuxième semaine de formation.

Cette initiative constitue une étape incontournable pour promouvoir la paix durable et le développement dans la région des Grands Lacs. En renforçant les capacités des acteurs locaux et en favorisant des pratiques de collaboration efficaces, elle ouvre la voie à un avenir meilleur. Les échanges qui se dérouleront durant ces sessions permettront non seulement d’enrichir les compétences des participants, mais aussi de favoriser un dialogue constructif sur les enjeux contemporains liés à la paix, à la sécurité et au développement durable.

L’événement a été officiellement ouvert par le représentant du gouverneur de Gitega, qui a souligné l’importance de la participation active de tous les acteurs pour le bénéfice de la paix et du développement dans les pays des Grands Lacs et au-delà. C’est un appel vibrant à l’engagement collectif pour un avenir pacifique et prospère.

Alphonse

Suspension des Péages Militaires

Suspension des Péages Militaires

 Des Avancées et des Défis sur les Axes Routiers de la zone touchée par les opérations Sukola 1er à l’Est de la RDC.

La suspension de la perception de frais allant de 500 et plus des francs congolais par les militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) sur l’axe routier Beni-Mambasa a suscité une satisfaction notable parmi les conducteurs de motos. Ce mardi 1er octobre 2024, plusieurs motards ont fait part à l’équipe de monitoring du Forum de Paix de leur gratitude envers le commandant des opérations Sukola 1er pour son intervention efficace, leur permettant de bénéficier d’un passage libre, une mesure jugée comme un progrès significatif.

Cependant, des défis persistent sur d’autres axes routiers. Sur la route Kyatsaba-Cantine, les pratiques de perception d’argent se poursuivent, avec des militaires qui perçoivent des sommes sans fournir de contrepartie. À Kanyatsi, dans la commune rurale de Bulongo, les motards se trouvent souvent contraints de payer ce qu’ils désignent comme le « café des militaires ». Les usagers de ces routes appellent donc à une implication accrue du commandant des opérations Sukola 1er pour instaurer une discipline rigoureuse parmi les militaires.

La Police de Circulation Routière (P.C.R) a également été au centre des discussions. Nos interlocuteurs ont exprimé des préoccupations concernant l’efficacité de cette police dans la régulation de la circulation routière. Au lieu de se concentrer sur la vérification de la conformité des véhicules automoteurs aux normes en vigueur, la P.C.R semble multiplier les points de contrôle sur les axes routiers, avec pour objectif principal de collecter des fonds sans fournir de quittance. Ce manque de transparence suscite des interrogations quant à l’utilisation des recettes perçues.

Ces préoccupations ont été exprimées par des motards rencontrés sur le parking de Kanzulinzuli, sur l’axe Beni-Mambasa, ainsi qu’au TCB/Mupanda sur l’axe Beni-Kasindi. Alors que certains axes routiers connaissent des améliorations, d’autres continuent de souffrir de pratiques abusives.

Pour garantir la pérennité des avancées réalisées, le Forum de Paix salue les efforts déployés pour remettre de l’ordre sur les axes routiers et épargner les usagers de la perception de taxes illicites. L’organisation appelle le commandement des opérations Sukola 1er à mettre en place un mécanisme de suivi efficace. Papy Kasereka, assistant recherche au sein de cette organisation, souligne que l’absence des mesures d’accompagnement pourrait mener à un retour à la situation initiale. Il est essentiel de définir clairement ces mesures pour protéger les droits des usagers et encadrer les actions des militaires.

Il est à noter que depuis près de deux mois, le commandement des opérations Sukola 1er ordonne progressivement la levée des barrières érigées illicitement par les militaires sur certains axes routiers pour percevoir des taxes en nature ou en espèces, des mesures qui ont causé de nombreuses plaintes parmi les contribuables. Bien que le chemin vers une gestion transparente et respectueuse des droits des usagers de la route soit encore semé d’embûches, un engagement continu et un suivi adéquat offrent l’espoir d’une amélioration durable de la situation.

Alphonse Vikongo

Une Commémoration Différente de la journée internationale de la Paix à Beni

Une Commémoration Différente de la journée internationale de la Paix à Beni

Le Forum de Paix a récemment commémoré la Journée internationale de la Paix d’une manière singulière, marquant un tournant dans la manière dont cette journée est célébrée en République Démocratique du Congo (RDC). Cette initiative s’inscrit dans l’engagement constant du Forum de Paix en faveur de la paix et du développement, et elle s’est concrétisée par plusieurs activités organisées dans la ville de Beni.

Un Appel à la Réflexion

Le coordonnateur du Forum de Paix, Maître Justin Matete, a été l’un des principaux intervenants lors d’une émission-débat sur la radio OKAPI, (Radios des Nations-unies à Beni). Cette intervention a permis d’aborder des questions cruciales notamment : quelle image donner à la Journée internationale de la Paix ? Où en est-on avec les résultats des efforts déployés par le gouvernement et ses partenaires internationaux pour instaurer la paix durable à l’Est et dans tout pays ? Et qu’est-ce qui reste à faire ?

Maître Matete a débuté son intervention par un hommage poignant à toutes les personnes ayant perdu la vie à cause des conflits dans l’Est de la RDC. Il a souligné l’importance de se souvenir de ces victimes, qui restent souvent invisibles dans le discours public.

Les Défis de la Paix en RDC

Prenant la parole, Maître Matete a mis en lumière les lacunes existantes dans les initiatives de paix. Il a noté que l’incompétence et la complicité de certains acteurs, tant locaux qu’internationaux, peuvent être citées parmi les raisons expliquant la persistance de l’instabilité dans la région. Il est impératif, selon lui, de reconsidérer les stratégies en place et de se concentrer sur le renforcement des ressources humaines nationales.

Il a rappelé que, bien que l’appui extérieur soit présent depuis des décennies, la paix demeure un objectif lointain. Cela souligne la nécessité d’un véritable engagement envers le développement local et l’autonomisation des communautés.

Conférences et Mobilisation

Le Forum de Paix a également participé à une conférence organisée par le Comité Local de Protection de Beni, en collaboration avec le Parlement des Jeunes, la Génération  Capable… Dans ce rassemblement, le Forum de Paix a abordé le thème : « Les conflits, entorse pour la culture de la paix à Beni ».

Alphonse Vikongo, Enquêteur Junior au sein du Forum de Paix, a pris la parole lors de cette conférence pour inciter les participants à réfléchir sur l’unité. Il a insisté sur le fait qu’il n’est plus acceptable de se diviser. Au lieu de recourir à la violence, il est essentiel de multiplier les séances de réflexion sur les causes profondes des conflits et de chercher des solutions durables.

Une Écoute Active

Lors de cette séance animée, qui s’est tenue le 21 septembre 2024, près d’une vingtaine de questions de participants ont trouvé des réponses satisfaisantes. Cela montre l’importance de l’échange et de la communication dans la construction d’une culture de paix durable à Beni. Plus de cinquante participants ont exprimé leur désir de travailler ensemble pour trouver des solutions aux défis auxquels ils font face, plutôt que de recourir à la violence et à la destruction des infrastructures chèrement acquits.

Perspectives d’Avenir

La Journée internationale de la Paix n’est pas seulement un événement à célébrer ; elle représente un appel à l’action. En réfléchissant sur les défis actuels et en partageant des idées sur des solutions durables, les acteurs de la société civile comme le Forum de Paix montrent la voie à suivre pour sortir de la crise.

Il est crucial que toutes les parties prenantes, y compris les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les jeunes, femmes et la société civile, unissent leurs forces pour promouvoir une paix durable. Le Forum de Paix, par son engagement, démontre qu’une alternative constructive est possible, basée sur le dialogue, l’écoute, le respect et la coopération.

La commémoration de la Journée internationale de la Paix par le Forum de Paix à Beni illustre une volonté de dépasser les simples rituels pour se concentrer sur des actions concrètes en faveur de la paix. Ce type d’initiative est essentiel pour construire une culture de paix durable, surtout dans un contexte où les conflits continuent de fragiliser le pays.

Il est temps de transformer les discours en actions concrètes et de lutter contre l’immobilisme. Ensemble, en investissant dans nos ressources humaines et en encourageant le dialogue, nous pouvons espérer bâtir un avenir où la paix ne sera plus un rêve lointain, mais une réalité tangible pour tous les Congolais.

Alphonse Vikongo

Réaction de l’ONG Forum de Paix sur la Destruction des Bureaux du Parlement d’Enfants et d’autres Institutions

Réaction de l’ONG Forum de Paix sur la Destruction des Bureaux du Parlement d’Enfants et d’autres Institutions

L’ONG Forum de Paix, engagée pour le bien-être des enfants et la promotion de la paix, souhaite exprimer ses préoccupations face à la récente destruction des bureaux du Parlement d’Enfants, du bureau urbain des Affaires Sociales et du bureau de la Direction Générale des Migrations (DGM). Ces événements regrettables, survenus à la suite d’actions de personnes non identifiées, ont conduit à la perte de matériel essentiel, notamment des kits informatiques, des meubles et des documents importants pour le fonctionnement de ces institutions.

Un Acte de Violence Préoccupant

Les actes de violence commis à l’encontre de ces bureaux sont particulièrement inquiétants. Ils constituent une entrave à l’engagement en faveur de la protection des droits des enfants et des services sociaux. En affectant des ressources vitales, ces actions nuisent aux initiatives qui œuvrent pour le bien-être et la sécurité des jeunes dans la région du Grand Nord-Kivu. Les institutions touchées jouent un rôle crucial dans le développement et l’encadrement des enfants, et leur affaiblissement peut avoir des répercussions négatives sur de nombreuses familles.

Appel à la Vigilance et à la Responsabilité

Dans ce contexte délicat, le Forum de Paix encourage tous les citoyens, en particulier les motards, à faire preuve de vigilance et à éviter les zones isolées après la tombée de la nuit. La sécurité individuelle doit être une priorité, et chacun est invité à adopter des comportements prudents pour se protéger dans cette période d’insécurité accrue.

Les services de l’ordre et de sécurité sont également invités à renforcer les mesures de protection des civils et de leurs biens. La prévention de telles actions est essentielle pour assurer la sérénité et la sécurité de tous les habitants de la rég

Encouragement à la Réflexion lors des Manifestations

Le Forum de Paix invite les manifestants à réfléchir avant d’agir. Il est primordial de reconnaître que la destruction de biens publics ne constitue pas une solution aux problèmes qui doivent être abordés de manière pacifique et constructive. Les édifices publics représentent des symboles de notre engagement collectif pour le bien-être de la société. En les ciblant, nous risquons d’aggraver la crise au lieu de favoriser des solutions durables.

Un Appel à la Solidarité

Dans cette période difficile, Joël KAVUYA, encadreur principal du Parlement d’Enfants, dans la rubrique grande interview de la RTGB du mercredi 18 septembre 2024 à 6h50min; a adressé un appel au secours à toute personne ou organisation de bonne volonté. L’importance de cette structure d’encadrement pour les enfants du Grand Nord-Kivu est significative. La mobilisation de la communauté nationale et internationale est essentielle pour apporter un soutien matériel et moral en vue de reconstruire et revitaliser ces bureaux ressenti

Contexte des Événements

Il est important de souligner que ces incidents regrettables ont été déclenchés par la colère des manifestants à la suite de l’assassinat tragique du motard Constant Kangitsi, dont la moto a été portée disparue la soirée du 12 septembre 2024. Bien que cette situation ait suscité une grande indignation, il est crucial de diriger cette colère vers des actions constructives, plutôt que de céder à la violence.

Le Forum de Paix réaffirme son engagement à promouvoir un environnement pacifique et sécurisé pour tous, en particulier pour les enfants. La destruction des bureaux du Parlement d’Enfants et d’autres institutions constitue un signal préoccupant d’une crise qui appelle une attention urgente. Ensemble, en tant que communauté, nous devons nous engager à construire un avenir meilleur, basé sur le dialogue, la compréhension mutuelle et la solidarité.

Il est temps d’agir de manière responsable, de protéger les droits de chacun et de reconstruire notre tissu social. Le Forum de Paix reste déterminé à poursuivre son action en faveur des droits des enfants et appelle tous les acteurs à unir leurs efforts pour faire face à cette crise avec détermination et compassion.

Il est important de souligner que ces incidents regrettables ont été déclenchés par la colère des manifestants à la suite de l’assassinat tragique du motard Constant Kangitsi, dont la moto a été portée disparue la soirée du 12 septembre 2024. Bien que cette situation ait suscité une grande indignation, il est crucial de diriger cette colère vers des actions constructives, plutôt que de céder à la violence.

Le Forum de Paix réaffirme son engagement à promouvoir un environnement pacifique et sécurisé pour tous, en particulier pour les enfants. La destruction des bureaux du Parlement d’Enfants et d’autres institutions constitue un signal préoccupant d’une crise qui appelle une attention urgente. Ensemble, en tant que communauté, nous devons nous engager à construire un avenir meilleur, basé sur le dialogue, la compréhension mutuelle et la solidarité.

Il est temps d’agir de manière responsable, de protéger les droits de chacun et de reconstruire notre tissu social. Le Forum de Paix reste déterminé à poursuivre son action en faveur des droits des enfants et appelle tous les acteurs à unir leurs efforts pour faire face à cette crise avec détermination et compassion.

Beni : Une Crise Éducative Majeure en Cours

Beni : Une Crise Éducative Majeure en Cours

La région de Beni, au Nord-Kivu, traverse actuellement une grave crise éducative suite à une grève sèche déclarée par les syndicats des enseignants des écoles publiques. Cette grève, motivée par des revendications professionnelles, met en péril la scolarité de nombreux enfants à la rentrée scolaire 2024-2025.

Les syndicats des enseignants de Beni ont opté pour une grève sèche, signifiant une cessation totale des activités sans reprise des cours dans les écoles publiques. Cette décision fait suite à des revendications non satisfaites concernant des questions salariales, des conditions de travail jugées insatisfaisantes et la suppression des zones salariales. En conséquence, les cours n’ont pas repris le 2 septembre 2024, comme prévu dans le calendrier scolaire du ministère de l’Éducation, privant ainsi les écoliers et élèves de leur droit fondamental à l’éducation. Les premiers effets de cette cessation des cours sont déjà visibles, suscitant des réactions au sein de la communauté.

Réactions du Sous-Proved

Monsieur Matsoro Lenge, Sous-Proved de l’EPST en ville de Beni, a exprimé son désarroi face à la situation. En constatant les enfants laissés sans instruction dans certaines écoles publiques, il a lancé un appel aux parents pour qu’ils continuent à amener leurs enfants à l’école, malgré la grève. Cette démarche vise à maintenir une routine éducative minimale et à encourager les élèves à ne pas perdre le rythme scolaire en attendant une résolution de la crise.

Voix des Apprenants

Les apprenants, représentés par le parlement d’enfants, ont exprimé leur frustration lors d’une interview exclusive accordée au Forum de Paix. Ils regrettent que leur préparation et leur enthousiasme pour les cours soient contrariés par la grève. Selon eux, ils sont prêts à apprendre, mais se trouvent face à des enseignants qui ne dispensent pas de cours. Leur appel est un cri du cœur pour une résolution rapide de la crise afin de reprendre l’apprentissage selon le calendrier scolaire prévu.

Réactions des Parents

Face à cette situation difficile, certains parents ont exprimé une inquiétude croissante. Ils ont appelé les grévistes à revoir leur position et à reprendre l’enseignement. Pour eux, la prolongation de la grève représente un danger considérable pour l’avenir scolaire et personnel de leurs enfants. Ils soulignent l’impact négatif de la grève sur le développement éducatif et la stabilité psychologique des apprenants.

Position du Forum de Paix

Le Forum de Paix, une ONG dédiée à la promotion de la paix et du développement durable, a réagi à cette crise. Selon Papy Kasereka, Assistant Recherche au sein du Forum de Paix, il est crucial de résoudre ce problème de manière administrative sans pénaliser les élèves. Le Forum propose de réformer le système de carrière des enseignants en introduisant un contrat de performance. Une telle réforme permettrait d’aligner les intérêts des enseignants avec les besoins éducatifs des élèves, tout en garantissant une plus grande régularité et qualité dans l’enseignement.

La grève des enseignants à Beni met en lumière des défis majeurs dans le secteur éducatif de la République Démocratique du Congo. La situation actuelle, avec des écoles publiques fermées et des élèves privés de leur droit à l’éducation, appelle à une solution rapide et efficace. La proposition du Forum de Paix d’introduire un système de contrat de performance pourrait offrir une solution viable pour éviter de telles crises à l’avenir et protéger les intérêts des élèves. La communauté éducative, les autorités locales et les syndicats doivent collaborer pour résoudre cette crise et garantir une éducation continue et de qualité pour tous les élèves.

Alphonse Vikongo E.J / Forum de Paix