Le mercredi 20 novembre 2024, la ville de Beni a vibré au rythme de la Journée internationale de la Convention relative aux droits de l’enfant. Cet événement, organisé par le Groupe de Travail Protection de l’Enfant en partenariat avec le Groupe de Travail sur les Violences Basées sur le Genre (VBG), s’est tenu sous le thème porteur : « Écoutons l’avenir, défendons les droits de l’enfant. »Cette journée n’a pas seulement été une célébration symbolique, mais un appel à l’action dans une région où les défis liés à la protection des enfants demeurent cruciaux.
Une Conférence pour Mobiliser et Sensibiliser
Au cœur de cet événement, une conférence s’est tenue avec la participation d’acteurs clés, parmi lesquels des leaders communautaires, des membres d’organisations locales et des défenseurs des droits des enfants. Maître Ruth Sabuni, chef du bureau Genre, Femmes, Familles et Enfants de Beni, a exhorté les participants à s’engager activement pour la protection des enfants dans un contexte régional marqué par des crises. « Dans cette région où les enfants subissent les conséquences des conflits, de la pauvreté et des violences, il est de notre devoir de redoubler d’efforts pour garantir leurs droits. Agissons ensemble pour offrir à ces enfants un avenir meilleur, » a-t-elle déclaré avec passion.
Les Droits de l’Enfant vus par les Principaux Intéressés
Le Forum de Paix, une organisation impliquée dans la promotion de la paix à Beni, a profité de cette occasion pour sonder les enfants eux-mêmes sur leur compréhension des droits de l’enfant. La majorité des enfants interrogés ont montré une grande lucidité en affirmant que les droits de l’enfant incluent « toutes les mesures mises en place pour protéger les enfants, ainsi que ce qui leur est dû de la part des parents, de la communauté et du gouvernement. » Ces réponses témoignent d’une prise de conscience croissante chez les jeunes, mais également d’un besoin urgent de renforcer les actions pour traduire ces droits en réalité.
Un Appel au Respect des Devoirs pour Garantir les Droits
Lors de la conférence, Doteur Joël Kavuya, encadreur principal du Parlement des Enfants du Grand Nord et du Comité des Enfants de Beni, a apporté une perspective importante en mettant l’accent sur le rôle des devoirs individuels dans la réalisation des droits.« Lorsqu’un enfant accomplit pleinement ses devoirs, ses droits se manifestent naturellement. Ce n’est plus une question de revendication, mais d’harmonie sociale, » a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une éducation qui équilibre droits et responsabilités.
Le rôle du Forum de Paix
Maître Juste Matete, coordonnateur du Forum de Paix, a pris la parole lors de l’émission Bana Okapi diffusée le même mercredi. Il a affirmé :« La meilleure façon de promouvoir les droits des enfants est de dénoncer toute personne ou tout acte allant à l’encontre de ces droits. Cela inclut les violences, l’exploitation ou encore la privation des opportunités d’éducation et de bien-être. »Il a encouragé la communauté à signaler les violations auprès des autorités compétentes et à promouvoir une culture de respect des droits de l’enfant.
Un Appel Urgent à Agir
La Journée internationale des droits de l’enfant à Beni a mis en lumière les progrès réalisés, mais aussi les défis persistants dans la région. Les enfants continuent de faire face à des obstacles majeurs tels que l’insécurité, l’absence d’un accès adéquat à l’éducation et des violences diverses. Pour relever ces défis, il est essentiel que chaque acteur – parents, enseignants, autorités locales et organisations de la société civile – prenne sa part de responsabilité. Cette journée a été un rappel que protéger les enfants aujourd’hui, c’est garantir un avenir meilleur pour toute la communauté.
Le harcèlement sexuel en milieu scolaire reste une réalité à Beni. Certains jeunes apprenants, ne vont pas jusqu’au bout de leur formation à cause de cette antivaleur. Lors d’un webinaire organisé par le Forum de Paix le lundi 12 novembre 2024, trois experts se sont exprimés sur le sujet et ont partagé leurs expériences et recommandations pour lutter contre cette problématique.
La Sensibilisation comme Outil pour Dénoncer et Prévenir le Harcèlement
Espérance Kazi, coordinatrice de l’ONG One Girl One Leader en République Démocratique du Congo, s’engage dans la promotion des droits des jeunes filles et dans la lutte contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire. Elle a évoqué les actions menées par son organisation pour sensibiliser les élèves au harcèlement et à leurs droits. En 2023, One Girl One Leader a organisé des campagnes de sensibilisation dans vingt écoles secondaires de la ville de Beni, ce qui a permis de distribuer un numéro d’alerte pour signaler les cas de harcèlement.
« Nous avons identifié 56 cas de harcèlement scolaire après ces actions de sensibilisation, » a-t-elle indiqué. Espérance Kazi souligne l’importance de ces campagnes qui permettent de briser le silence autour de cette problématique. Outre les ateliers de sensibilisation, son organisation propose également un accompagnement psychologique et juridique aux victimes, en leur offrant un espace sécurisé pour s’exprimer et recevoir l’aide nécessaire.
Un Témoignage du Terrain et l’Importance de la Formation des Éducateurs
Kambale Liso Charlemagne, préfet des études du Complexe Scolaire Musafa à Beni et enseignant depuis plus de dix ans, a témoigné de la réalité quotidienne du harcèlement dans les écoles de la ville. « Le harcèlement, en particulier le harcèlement sexuel, reste un sujet tabou, mais il est bien présent dans nos écoles, » a-t-il confié. Les témoignages d’élèves, principalement de jeunes filles, révèlent des situations difficiles et parfois traumatisantes.
Kambale insiste sur le rôle crucial des enseignants et du personnel éducatif pour détecter les signes de harcèlement et réagir rapidement. Dans son établissement, des mesures disciplinaires renforcées et des formations pour le personnel ont été mises en place afin de mieux protéger les élèves. Cependant, il évoque un défi majeur : la réticence des victimes à signaler les abus, ce qui freine la prise de mesures par les autorités scolaires. Pour lui, un environnement scolaire sûr nécessite une vigilance constante et des initiatives supplémentaires pour encourager les jeunes à parler sans peur de représailles.
Le Cadre Juridique et les Droits des Victimes
Maître Justin Matete, coordonnateur du Forum de Paix et auxiliaire de la justice en région de Beni, a abordé le volet juridique de la lutte contre le harcèlement scolaire. Selon lui, le harcèlement scolaire relève de la catégorie des violences sexuelles et de nombreuses lois existent pour protéger les victimes. « Il est essentiel que les jeunes, ainsi que leurs familles, connaissent leurs droits et les recours possibles, » a-t-il déclaré. Les victimes peuvent ainsi dénoncer les abus et réclamer justice en toute légitimité.
Justin Matete encourage les parents et les éducateurs à soutenir les victimes dans leurs démarches judiciaires, rappelant que la loi est de leur côté. Toutefois, il a précisé que sans signalement de la part des victimes ou de leurs familles, les institutions judiciaires sont limitées dans leurs actions. Ce cadre légal, bien que protecteur, nécessite donc une sensibilisation accrue pour être pleinement efficace.
Une Mobilisation Collective pour un Changement Durable
À la fin de chaque intervention, une session de questions-réponses a permis aux participants d’échanger avec les experts et d’approfondir certains aspects. Tous s’accordent sur l’importance d’une mobilisation collective pour enrayer le harcèlement en milieu scolaire, un problème grave qui mine la santé mentale et l’avenir des jeunes. Chacun : parent, éducateur, membre de la communauté ; a un rôle à jouer pour protéger et soutenir nos enfants, pour qu’ils puissent grandir dans un environnement respectueux et sécurisant.
Le harcèlement en milieu scolaire n’est pas une fatalité. Avec des actions concertées, des campagnes de sensibilisation, et un accompagnement juridique et psychologique, il est possible de créer des écoles où les élèves se sentent en sécurité et respectés. Nous devons agir ensemble pour qu’un jour, le harcèlement sexuel en milieu scolaire ne soit plus qu’un souvenir.
A l’occasion de la clôture du mois dédié à la jeune fille, l’organisation One Girl, One Leader (OGOL/RDC) a organisé une réunion significative à Beni, rassemblant plus de trente jeunes filles représentant chacun des trente quartiers de la ville jeudi 31 octobre 2024. Cet événement avait pour objectif de renforcer leurs compétences en matière de prévention et de réponse aux abus et violences sexuelles basées sur le genre (SGBV), ainsi qu’à l’exploitation et aux abus sexuels ainsi que le harcèlement sexuel (PSEA/H). Cette initiative s’inscrit dans les efforts continus de lutte contre les violences et l’exploitation faites aux jeunes filles et aux femmes dans la communauté.
Des participantes engagées et formées pour devenir actrices de changement
Ces jeunes filles, identifiées comme les points focaux de l’OGOL dans leurs quartiers respectifs, sont au cœur de cette initiative. En tant que points de relais, leur rôle principal est de détecter, rapporter, et alerter la communauté et l’organisation sur les cas de SGBV, contribuant ainsi à la prévention et à la réponse efficace face à ces violences. Ce rôle est essentiel, non seulement pour protéger les victimes, mais également pour sensibiliser les communautés aux effets néfastes des violences basées sur le genre et pour encourager des comportements protecteurs et respectueux envers les jeunes filles et les femmes.
Soutien de l’organisation PAEV
La formation a été rendue possible grâce au soutien financier de l’organisation Programme d’Approvisionnement en Eau pour les Villages (PAEV en sigle), qui a contribué à la réalisation de cette activité. Madame Espérance Kazi, coordinatrice de l’OGOL une organisation membre du Forum de Paix, a souligné l’importance de la résolution 1325 des Nations Unies, un texte fondamental qui a été adopté à l’unanimité le 31 octobre 2002 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies dans sa 4213e séance, qui concerne le droit des femmes, la paix et la sécurité. Elle se situe dans la continuité des résolutions 1261, 1296 et 1314 qui ont fait l’objet d’un rappel durant la séance et aborde les thèmes de la représentation des femmes dans les organismes de résolution des conflits et lors des processus de paix, la condition féminine durant le rapatriement et le déplacement de populations, ainsi que celui de la rééducation et de la réinsertion des femmes et jeunes filles consécutives à un conflit armé.
C’est le premier document formel et légal issu du Conseil de sécurité qui impose aux différentes parties d’un conflit de respecter le droit des femmes et de soutenir leur participation aux négociations de paix et à la reconstruction post-conflit. La résolution a été initiée par Netumbo Nandi-Ndaitwah, alors ministre des Affaires féminines de la Namibie lors de la présidence de ce pays du Conseil de sécurité. Après le lobbying de nombreuses organisations féministes et du Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM), la résolution est adoptée à l’unanimité.
Cette résolution incite également les États et les communautés internationales à prendre des mesures pour protéger les femmes et les jeunes filles dans les contextes de violence et de conflit.
Une mobilisation pour le changement et la paix dans la communauté
Les participantes sont désormais mieux équipées pour agir contre les abus et soutenir les victimes dans leurs quartiers respectifs. Ce renforcement des capacités des jeunes filles est un pas vers un changement positif et durable, permettant à chaque point focal de devenir une actrice influente pour la paix et la sécurité au sein de la communauté.
Ce genre d’initiative, qui allie la sensibilisation et les actions concrètes, est crucial pour endiguer les violences basées sur le genre. La formation des jeunes filles pour devenir les gardiennes de leurs quartiers marque un engagement fort de la part de l’OGOL et de ses partenaires, qui voient en elles non seulement des leaders en devenir, mais aussi des porteuses d’espoir pour une société plus équitable et sans violence.
Depuis les attaques sanglantes des Forces Démocratiques Alliées (ADF) dans certains villages du groupement Baswagha-Madiwe, situé dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, la situation sécuritaire montre des signes encourageants d’amélioration. Bien que les forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) aient restauré une certaine stabilité, de nombreux défis subsistent, en particulier en ce qui concerne la réhabilitation des infrastructures sociales de base dans les villages touchés.
Une Amélioration Sécuritaire Accompagnée de Défis Sociaux
Le comité local de protection (CLP) de Mabalako, un groupe des personnes engagées volontairement dans la protection, mise en place en deux mille dix-neuf (2019) par le Forum de Paix, a ressenti le besoin d’ouvrir de nouveau les écoles et les structures de santé dans les villages touchés par les récentes attaques des ADF. En effet, la fermeture prolongée de ces infrastructures compromet gravement l’accès à l’éducation et aux soins de santé pour des milliers d’habitants, en particulier les enfants et les femmes.
Dans le village de Masala, situé dans la localité de Bapakombe Pendekali, dans le secteur Beni Mbau, la vie reprend peu à peu son cours. Cette localité, frappée par une attaque de l’ADF/NALU le 7 juin 2024, tente de se relever malgré les énormes pertes subies. Cependant, les habitants se retrouvent dans une situation précaire : l’unique structure sanitaire du village a été incendiée, privant la population de tout accès aux soins médicaux, et l’école locale reste fermée. Les enseignants, toujours sous le traumatisme des violences, n’ont pas encore pu revenir pour reprendre leurs activités.
Un Cri d’Alerte pour la Réouverture des Services Essentiels
Face à cette situation, la population de Masala et d’autres villages environnants, dans la localité de Bapakombe Pendekali, lance un appel aux autorités congolaises et aux partenaires internationaux. En effet, sans infrastructures sanitaires et éducatives, la population de cette partie du territoire de Beni, en particulier les enfants et les femmes, voient leur avenir compromis.
Masala, situé à environ 17 kilomètres au nord de Cantine, n’est pas un cas isolé. D’autres villages dans le groupement Baswagha Madiwe attendent encore la rentrée scolaire et le rétablissement des services de santé. Les attaques récurrentes des ADF ont laissé des traces profondes, détruisant les biens et semant une peur persistante au sein de la population. Bien que la sécurité soit en amélioration grâce à la présence renforcée des FARDC, les besoins de réhabilitation sont criants.
La Présence ADF dans la province voisine : Une Menace Persistante
La présence des ADF reste un défi majeur pour la paix dans la région. Bien que la situation soit plus stable dans le Baswagha Madiwe, des signaux d’activité de ces rebelles sont signalés dans le groupement Bakaeku, en territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Ces incursions récentes rappellent l’urgence pour les autorités de poursuivre et d’intensifier leurs efforts pour éradiquer complétement cette menace, garantissant ainsi une sécurité durable.
Appel aux Acteurs et Partenaires pour la Reconstruction
Le CLP de Mabalako, soutenu par le Forum de Paix, exhorte les autorités congolaises, les investisseurs et les partenaires humanitaires à se mobiliser pour répondre aux besoins urgents des communautés affectées. La réouverture des écoles et des centres de santé dans le Baswagha Madiwe, particulièrement à Masala, est indispensable pour offrir des perspectives d’avenir aux enfants et des conditions de vie dignes aux familles qui luttent encore pour se remettre des traumatismes subis.
Une réponse rapide et coordonnée est nécessaire pour restaurer les infrastructures sociales de base, afin que la population puisse retrouver une vie normale et que les enfants puissent enfin reprendre le chemin de l’école.
La paix est un idéal précieux, souvent nuancée par les réalités de chaque contexte. Dans une région comme Beni, située dans la province du Nord-kivu en République Démocratique du Congo (RDC), la paix est indissociable d’avec la sécurité et la préservation de la vie humaine. Les habitants de Beni, confrontés aux attaques répétées des ADF (Forces Démocratiques Alliées), vivent une situation précaire où la paix reste une utopie.
Un Aperçu de la Situation Actuelle à Beni
Lors d’une interview réalisée et diffusée le 21 octobre 2024 sur la Voix de l’Université Officielle de Semuliki, le coordonnateur de l’ONG Forum de Paix, a exposé la situation sécuritaire combien elle est fragile à Beni, malgré la mise en place des différentes opérations militaires comme Ruwenzori, Sokola 1, des grandes envergures et Shuja, mais aussi l’État de siège. Maître Justin MATETE a déploré que les habitants continuent de vivre sous la menace de l’insécurité. Pour lui, cette résilience témoigne du courage de la population, qui aspire à des solutions plus stables et à des stratégies de paix durables.
Le Rôle Crucial des Services de Sécurité et d’un Leadership Renforcé
«Au-delà des interventions militaires, la stabilité à Beni dépend également d’un renforcement des services de sécurité. Les efforts pourraient bénéficier d’une meilleure coordination et d’un leadership national fort, orienté vers la sécurité de chaque citoyen. Avec des dirigeants engagés, capables d’instaurer des mesures concertées, il est possible de poser les bases d’une paix durable à Beni et sur toute la République», a dit maître Justin MATETE.
Il sied néanmoins de mentionner que la courbe des tueries des civiles à masse diminue petit à petit dans la région de Beni. Mais les Territoires de Lubero, de Mambasa et d’Irumu subissent encore la loi de ces rebelles ADF.
L’Engagement du Forum de Paix dans la préservation de la stabilité
Le Forum de Paix à Beni, déploie des initiatives pacifiques pour contribuer à la sécurité. Grâce à des notes de plaidoyer et de seize mini réseaux d’alerte précoce, cette ONG collabore avec les services de sécurité, pour identifier et prévenir les éventualités. Ces actions s’inscrivent dans une volonté de protéger les communautés, d’améliorer la vigilance et d’encourager la stabilité.
Un appel au courage et à la solidarité pour un avenir meilleur
La paix à Beni reste un objectif ambitieux, mais réalisable à travers un engagement commun. Malgré les difficultés, la population peut continuer de montrer sa résilience et de jouer un rôle actif dans la construction de la paix. Chaque contribution, aussi modeste soit-elle, est essentielle pour bâtir cet avenir de sérénité. Saluons le courage des habitants et des organisations de la société civile, pour un futur harmonieux et sécurisé.
LL’Union Nationale des Psychologues Cliniciens dont son siège est en ville de Beni, a décerné un Brevet de Mérite au Parlement Enfants Grand Nord-Kivu dans l’Est de la République Démocratique du Congo, en reconnaissance de leur contribution exceptionnelle à la réussite des activités de la Journée Mondiale de la Santé Mentale 2024. Cet honneur revêt une signification particulière dans un contexte aussi difficile que celui du Grand Nord-Kivu, marqué par des années de conflits armés.
Une reconnaissance en plein cœur de la plénière
Dans une salle comble, en pleine plénière, les parlementaires d’enfants venus de diverses écoles de la ville de Beni ont accueilli cette reconnaissance avec un mélange de joie, de fierté et d’espoir, le samedi 19 octobre 2024. Leur sourire et leur enthousiasme étaient palpables, signe que chaque action menée par ce bureau des enfants laisse une empreinte indélébile dans une région où le besoin de résilience est constant.
Ces jeunes parlementaires, malgré les attaques et la destruction de leur bureau, continuent de se lever avec bravoure pour défendre les droits de leurs pairs. Leur persévérance et engagement inébranlables symbolisent la force et l’espoir de toute une génération qui refuse de plier sous la pression des violences.
Un hommage à ceux qui œuvrent dans l’ombre
Dans son discours, le président du Parlement et du Comité d’Enfants de Beni, l’honorable Eloge Bwanakawa ; a dédié ce Brevet à tous les acteurs humanitaires, les ONG, OGN-I, assistants sociaux et travailleurs psychosociaux (TPS) qui ont accompagné les parlementaires enfants dans leur mission. Sans leur soutien indéfectible, il n’aurait jamais été possible de porter la voix des enfants sur la scène nationale. Depuis 2022, grâce à ces partenariats, le forum national pour les enfants est devenu une réalité, témoignant de l’évolution de cette structure représentative.
Un brevet, symbole de résilience et de responsabilité
« Ce Brevet de Mérite est bien plus qu’une simple reconnaissance. Il est le symbole d’une histoire en reconstruction, d’une génération qui cherche à se relever malgré les blessures profondes imposées par les conflits. Toutefois, il représente également une responsabilité : celle de continuer à défendre les droits des enfants, de maintenir l’espoir et de travailler infatigablement pour un avenir meilleur ; » a renchérit l’honorable E. Bwanakawa
Le Parlement d’Enfants, une force de paix
Le Parlement des Enfants fait l’une des seize organisations membres du Forum de Paix du bureau de Beni, et active dans la promotion des droits des enfants, dans la sensibilisation à la paix et à la reconstruction de la région. Cette année, le parlement d’enfants a accompagné les enfants déplacés dans les écoles. Il a contribué à redonner le sourire, à remettre quelques objets classiques à ces vulnérables en ville de Beni. Le parlement d’enfant a aussi ouvert des espaces amis d’enfants, pour écouter et renforcer l’intégration sociale des enfants déplacés qui ont quelques fois la tendance de s’isoler des autres. Les efforts du parlement d’enfants Grand Nord-Kivu, appuyés par l’ensemble de la communauté, sont une lueur d’espoir dans une région souvent plongée dans l’incertitude. « Bouger davantage pour sa santé mentale » est le thème qui a été exploité le 10 octobre 2024.
« Cette distinction décernée au parlement d’enfants Grand Nord-Kivu est une preuve que, même dans les moments les plus sombres, la détermination et la solidarité peuvent surmonter les défis les plus redoutables. Les enfants, porteurs d’espoir, continuent de se battre pour leurs droits et ceux de leurs pairs, avec le soutien des psychologues, des travailleurs sociaux et des organisations humanitaires. Que ce Brevet de Mérite inspire d’autres initiatives et renforce la confiance de ces enfants parlementaires qui œuvrent pour un avenir meilleur dans une région en quête de paix ;» a indiqué monsieur Joel Kavuya, Encadreur principal de cette structure de protection et de promotion de l’enfant.
Une formation des journalistes des radios communautaires et des médias en ligne de la ville et territoire de Beni s’est tenue du 14 au 16 octobre 2024. Elle a porté sur : l’éducation aux médias, à l’information et au fact-checking. Organisée par ELEZA RDC en partenariat avec le CORACON et bénéficiant du soutien financier de Free Press Unlimited, cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Accès à l’information fiable pendant l’état de siège » en provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. L’objectif principal de cette formation était de doter les participants des compétences nécessaires pour assurer une couverture médiatique de qualité dans un contexte marqué par l’insécurité et la désinformation.
Un contexte de crise où l’accès à l’information est crucial
Depuis plusieurs années, les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri vivent sous un Etat de siège prolongé, instauré par les autorités en réponse aux violences armées persistantes. Dans un tel environnement, l’accès à l’information fiable et vérifiée devient non seulement un droit fondamental pour les populations locales, mais aussi un outil indispensable pour contrer les rumeurs et les fake news qui alimentent les tensions et l’insécurité. La formation des journalistes de Beni sur l’éducation aux médias et le fact-checking s’inscrit ainsi dans une démarche proactive visant à renforcer les capacités des acteurs médiatiques locaux à jouer leur rôle de relais de l’information vérifiée et crédible.
Des thématiques adaptées à l’ère de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies
L’évolution rapide des technologies, en particulier l’intelligence artificielle (IA), a profondément transformé le paysage médiatique mondial. Les journalistes, plus que jamais, sont confrontés à la prolifération de la désinformation et à l’usage massif des algorithmes pour générer des contenus parfois biaisés. C’est dans cette perspective que cette formation a été conçue pour répondre aux besoins contemporains des professionnels des médias.
Sous la facilitation de Daniel Makeke, expert en fact-checking, et Akilimali Chomachoma, spécialiste des programmes radiophoniques, les participants ont été formés sur des sujets variés et essentiels. Makeke a mis l’accent sur les techniques de vérification des faits, une compétence indispensable pour tout journaliste à l’ère de la désinformation numérique. Il a illustré des outils concrets et des stratégies permettant de distinguer une information vérifiable d’une rumeur infondée. Cette approche pratique vise à armer les journalistes contre les fausses informations qui circulent souvent en ligne et sur les réseaux sociaux.
De son côté, Akilimali Chomachoma a axé son intervention sur la gestion et la création de grilles de programmes de qualité pour les radios communautaires. Il a souligné l’importance d’une programmation équilibrée, adaptée aux besoins des auditeurs locaux, valoriser la culture locale et la musique traditionnelle, utiliser les langues locales à au moins soixante pourcents pour préserver les dialectes minoritaires et a expliqué comment une telle grille peut contribuer à une meilleure information du public tout en respectant les principes de déontologie journalistique.
Un impact durable sur les pratiques journalistiques locales
Au terme de cette formation, les journalistes formés ont non seulement acquis des notions techniques et pratiques pour améliorer la qualité de leur production, mais ils ont également été sensibilisés sur l’importance de la rigueur et de l’éthique dans leur métier. Les compétences acquises renforceront non seulement leur crédibilité en tant que professionnels des médias, mais contribueront aussi à améliorer l’accès à une information fiable dans une région souvent déstabilisée par des conflits et la désinformation.
Les bénéficiaires ont souligné l’importance de ces connaissances dans leur quotidien. « Cette formation va nous permettre de produire des émissions plus professionnelles et de mieux combattre les fausses informations qui circulent souvent chez nous », a déclaré l’un des participants, sur les antennes de la Radiotélévision Muungano Beni. D’autres ont insisté sur l’importance du fact-checking dans un environnement où la rumeur peut rapidement devenir une source de panique ou de malentendu.
Le rôle clé des partenaires pour une presse plus professionnelle
Cette formation n’aurait pas été possible sans le soutien des partenaires engagés pour la liberté de la presse et la promotion de l’information fiable. ELEZA RDC, en tant qu’organisateur principal, s’est investi avec le CORACON pour assurer une bonne organisation et un encadrement de qualité aux participants. Le soutien financier de Free Press Unlimited, a également joué un rôle déterminant dans la réalisation de ce projet.
Cette initiative est une étape essentielle pour le renforcement des capacités des journalistes locaux dans une région où les enjeux liés à l’information sont d’une importance capitale. En formant ces professionnels aux techniques modernes de fact-checking et à la production d’émissions de qualité, cette formation contribue à améliorer non seulement la pratique du journalisme à Beni, mais aussi la qualité de l’information diffusée au public. Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large visant à restaurer la confiance du public dans les médias et à offrir une alternative crédible face aux défis posés par la désinformation en temps de crise.
Perspectives d’avenir
Avec cette formation, les journalistes de Beni disposent désormais des outils nécessaires pour s’adapter aux nouvelles réalités du monde médiatique moderne, dominé par l’intelligence artificielle et l’information instantanée. Il est attendu que cette dynamique se poursuive à travers des formations supplémentaires et des initiatives locales visant à renforcer davantage la capacité des journalistes à jouer leur rôle fondamental d’informateurs du public.
Le besoin d’une information fiable n’a jamais été aussi crucial, et grâce à des initiatives comme celle-ci, les journalistes de Beni sont mieux équipés pour relever ce défi.
Les vacances scolaires sont conçues comme des périodes de repos et de plaisir pour les enfants. Cependant, pour certains parents de la ville de Beni à l’Est de la RD Congo ; elles sont synonymes de travail précoce et d’exploitation. Les enfants sont contraints de participer à des activités économiques et autres qui ne cadrent pas avec leur âge.
L’exploitation des enfants pendant les vacances prend de nombreuses formes. En ville de Beni dans la province du Nord-Kivu, les enfants sont amenés à travailler dans des champs, vous pouvez les voir circuler avec des assiettes remplient des produits vivriers à vendre… pour aider leurs familles à générer un revenu supplémentaire.
Les raisons de l’exploitation des enfants sont souvent économiques : la pauvreté pousse certaines familles à envoyer leurs enfants travaillés pour subvenir à leurs besoins de base. La guerre persistante pendant plusieurs décennies conduit forcement certains parents à compter rien qu’à l’appui économique de leurs enfants peu importe l’âge, pour contribuer à la survie de leur famille pendant les vacances. Parfois, c’est aussi un manque d’éducation ou de sensibilisation aux droits et devoirs des enfants qui sont en évidence de ces pratiques.
Conséquences pour les enfants
Le travail pendant les vacances a des conséquences graves sur le développement des enfants. En plus de les priver de leur droit fondamental à l’éducation et à un temps libre, cette exploitation peut également entraîner des problèmes de santé physique et mentale. Les enfants travailleurs sont souvent exposés à des conditions de travail dangereuses et sont privés des opportunités de socialisation et de développement personnel.
Est-il possible d’atténuer cet ce problème ?
Le Forum de Paix estime que pour lutter contre l’exploitation des enfants pendant les vacances en ville de Beni, plusieurs mesures doivent être mises en place :
Les autorités politico-administratives et policières doivent renforcer et appliquer des lois interdisant l’exploitation des enfants pendant les vacances scolaires.
Il est essentiel de mener des campagnes de sensibilisation pour informer les familles et les communautés sur les droits des enfants et les dangers du travail précoce.
Le gouvernement doit apporter un soutien économique aux familles dans le besoin. Cela peut les aider à éviter de recourir au travail des enfants comme moyen de survie.
Promouvoir des activités de loisirs et d’éducation pendant les vacances et compris des colonies de vacances ; peut offrir aux enfants des alternatives positives au travail.
Le Forum de Paix, bureau de Beni pense qu’ il est crucial de mettre fin à l’exploitation des enfants pendant les vacances pour garantir leur bien-être, leur développement et leur avenir. Ensemble, nous pouvons œuvrer pour un monde où chaque enfant peut profiter pleinement de sa jeunesse sans être contraint de travailler. Le droit au repos et au loisir n’annule pas le droit à la participation de l’enfant. Seule l’interprétation prête confusion chez certains parents et tutelles.
D’autres détails sont à suivre dans ce magazine « Tupiganishe Shida »
Le 2 août 2024, la ville de Beni a marqué une journée de commémoration dédiée aux victimes des massacres perpétrés par les ADF et autres conflits armés en République Démocratique du Congo. Cet événement a été l’occasion d’une réflexion profonde sur les origines du Génocoste, ses répercussions, et les perspectives d’avenir.
Objectifs du Génocoste
Le Génocoste répond à plusieurs objectifs essentiels :
Mémoire des Victimes : À l’instar des génocides du Rwanda, du Cambodge et des massacres arméniens, cette journée vise à honorer les victimes et à garantir que leur souffrance ne soit jamais oubliée.
Prévention des Atrocités : En sensibilisant le public et les décideurs, le Génocoste cherche à éviter la répétition de telles horreurs. C’est également un moment propice pour promouvoir des politiques et des mesures préventives efficaces.
Justice et Réparation : Le Génocoste soutient les initiatives visant à poursuivre les criminels de guerre et à offrir des réparations aux survivants, tout en appelant à une justice pour les victimes et leurs familles.
Réflexions de Maître Paulin Muliro
Dans une interview avec Maître Paulin Muliro, avocat et militant des droits humains, il a évoqué l’origine du Génocoste. Selon lui, la genèse des génocides est souvent le résultat d’une combinaison complexe de facteurs politiques, ethniques et économiques. Il met en lumière comment les discours haineux et les politiques discriminatoires peuvent, à terme, conduire à des atrocités de masse.
Activités Commémoratives à Beni
Le Génocoste, ou Journée Internationale de la Prévention des Génocides et de la Justice pour les Victimes, est un événement marquant instauré pour honorer les victimes des génocides et encourager des actions concrètes pour prévenir de telles atrocités. Les activités du 2 août à Beni ont inclus un dépôt de gerbes de fleurs aux tombes des premières victimes, une marche d’indignation contre l’inaction des autorités, la présentation d’un mémorandum aux autorités locales et l’allumage de bougies. L’objectif était de sensibiliser les communautés aux causes profondes des massacres et de promouvoir une culture de mémoire et de prévention.
Perspectives pour l’Avenir
Les événements du 2 août ont réaffirmé l’importance de la mémoire historique et ont ouvert des perspectives pour l’avenir. Ils ont souligné la nécessité d’une vigilance continue et d’une éducation renforcée pour prévenir les génocides. Les initiatives de paix et de réconciliation sont jugées cruciales pour construire des sociétés plus résilientes et inclusives. Les participants ont exprimé un engagement renouvelé envers les valeurs de justice et de droits humains, ainsi qu’une coopération internationale accrue pour soutenir la région de Beni face aux tensions.
Le 15 octobre, une date tragique marquée en 2014, doit également être commémoré avec la même intensité que celle du 2 août. Maître Paulin Muliro invite donc tous les participants de l’événement du 2 août à se mobiliser pour la journée du 15 octobre.
En somme, la journée commémorative du Génocoste a réaffirmé l’engagement envers la mémoire des victimes et a renforcé la détermination à prévenir les atrocités futures par une éducation appropriée et une action collective.
Du 20 au 22 août 2024, le Forum de Paix, en collaboration avec Peace Direct basé à Londres et le RISD de Bukavu, a organisé deux événements majeurs : l’atelier RAP (Recherche-Action-Participative) et l’atelier de dissémination du rapport d’analyse localisée des conflits à Beni.
L’atelier RAP, qui s’est tenu du 20 au 21 août, s’inscrit dans le cadre du projet « Pamoja kwa Amani ya Beni ». Ce projet vise à renforcer la collaboration locale pour améliorer la prévention des conflits et la consolidation de la paix à Beni. M. Papy Kasereka, assistant de recherche au Forum de Paix et facilitateur de l’atelier, a présenté les objectifs de la session, recueilli les attentes et les préoccupations des participants, puis a ouvert le débat. Une trentaine de personnes, dont des membres des Comités Locaux de Protection, des autorités locales, des jeunes issus de divers groupes de pression, des mouvements citoyens et quelques représentants de la MONUSCO, ont activement participé.
Il a été constaté que les Comités Locaux de Protection, composant les réseaux d’alerte précoce du Forum de Paix, jouent un rôle crucial dans le succès du projet. Ils ont partagé leurs expériences sur la coordination des actions et la collaboration entre les acteurs impliqués dans la prévention des atrocités à Beni. Les discussions ont également permis d’élaborer des mécanismes pour pérenniser les acquis du projet au-delà des financements. Les travaux de groupe ont présenté en détail les activités clés et les résultats du projet « Pamoja kwa Amani ya Beni » depuis son lancement.
À la fin de l’atelier, le représentant du bourgmestre de la commune de Ruwenzori a salué cette initiative et a promis le soutien de son entité pour la réussite des initiatives visant à rapprocher les dirigeants des citoyens.
Dissémination du Rapport d’Analyse Localisée des Conflits
Le 22 août, le Forum de Paix et le RISD ont présenté le rapport d’analyse localisée des conflits à Beni devant environ soixante-dix personnes, incluant journalistes, autorités coutumières, politico-administratives et religieuses, représentants des services des titres immobiliers et du cadastre, acteurs politiques, groupes de pression et mouvements citoyens.
Le rapport aborde les principaux conflits identifiés dans la région, tels que :
Conflits liés aux violences sexuelles
Conflits ethno-régionaux
Conflits liés à l’accès aux ressources naturelles
Conflits liés aux déplacements forcés de populations
Conflits conjoncturels et saisonniers
Autres types de conflits
Il propose plusieurs solutions, notamment :
Collaboration entre militaires et civils
Dialogues communautaires et forums pour la paix
Opportunités d’emploi rémunérateur pour les jeunes et bien d’autres propositions..
Les participants ont posé des questions, proposé des amendements et formulé des recommandations pour enrichir le rapport. Parmi eux, Mwami Achu Taibo Alphonse, chef du village Bapakombe-Bakondo, a félicité l’équipe de recherche pour son identification des principaux problèmes et la collaboration avec les acteurs locaux. Maître Philemon Ndambi wa Ndambi, un acteur politique de la région, a qualifié l’atelier de fructueux et a reconnu que les échanges ont approfondi sa compréhension des conflits et des stratégies de gestion.
Ces contributions visent à affiner la compréhension des réalités de Beni et à améliorer les stratégies de gestion des conflits. Les deux ateliers témoignent de l’engagement continu du Forum de Paix et de ses partenaires en faveur de la paix et de la cohésion sociale à Beni, tout en illustrant la participation active des communautés locales et des parties prenantes dans la recherche de solutions durables aux défis rencontrés.