Malgré l’insécurité persistante à Beni, plus de quatre-vingt pourcent des activités prévues pour le mois de la femme ont été réalisées, grâce à une mobilisation locale axée sur la sensibilisation aux droits et à l’autonomisation de la femme. La cheffe de bureau urbain femme famille et enfants de la ville de Beni, appelle les femmes à dépasser les rôles des victimes pour devenir acteur de paix et développement, même-si les défis financiers et structurels persiste.
En dépit du contexte sécuritaire précaire, plus de 80 % des activités planifiées pour le mois de la femme ont été réalisées en ville de Beni. Portées par une forte mobilisation locale, ces initiatives ont permis de sensibiliser la population sur les droits des femmes, leur rôle dans la société et l’urgence de leur autonomisation. Malheureusement, certains quartiers n’ont pas pu être touchés en raison de l’insécurité persistante, limitant ainsi la portée de l’élan engagé.
Les femmes appelées à devenir actrices de paix
Malgré l’insécurité persistante à Beni la cheffe de bureau Genre, Femme et Enfants, Madame Ruth Sabuni, salue l’engagement des femmes de Beni, qu’elle invite à rester résilientes. Pour elle, il est essentiel que les femmes ne se positionnent plus uniquement comme victimes, mais comme actrices de paix et de développement. Elle encourage la solidarité féminine pour surmonter ensemble les défis sociaux, économiques et sécuritaires.
Des obstacles financiers persistants
Le manque criant de moyens financiers reste une barrière. La faible circulation de la monnaie dans la région complique l’organisation d’activités pérennes. À cela s’ajoute la suspension de l’appui de l’USAID à certaines organisations féministes locales, affaiblissant davantage le tissu associatif féminin, déjà fragilisé par plus de vingt ans d’instabilité.
Un appel à l’unité et à l’autonomisation
Placée sous le thème international « Droits, égalité et autonomisation », l’édition 2025 du mois de la femme a renforcé l’appel à l’unité. Ruth Sabuni rappelle que nul ne peut évoluer seul : « Quand on est uni, on est aussi très fort. » Ce message a trouvé écho dans toutes les actions menées au cours de ce mois spécial.
Un engagement fort du Forum De Paix
Le Forum De Paix, fidèle à sa mission de promotion de la paix et du développement durable à l’Est de la RDC, a pleinement pris part aux activités phares de mars. En clôture, Madame Sabuni a adressé ses remerciements à toutes les personnes et organisations qui ont contribué à la réussite des activités de ce mois crucial pour les droits des femmes à Beni. Cliquer ici pour suivre madame Ruth Sabuni en intégralité
Depuis le début de l’année 2025, la situation sécuritaire à Beni et ses environs ne cesse de se dégrader. La délocalisation temporaire des institutions provinciales du Nord-Kivu de Goma vers Beni, due à l’instabilité persistante dans la capitale provinciale, n’a pas pour autant apporter un climat de paix et de sécurité. Beni, déjà sous la menace constante des groupes armés, notamment les ADF et d’autres factions locales, se retrouve au cœur d’une recrudescence de la violence, marquée par des massacres, des enlèvements, des violences sexuelles et des déplacements massifs de populations. Beni face à une crise sécuritaire
Beni face à une crise sécuritaire
Les affrontements entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), les groupes d’autodéfense communément appelés « Wazalendo » et le M23/RDF dans le sud de la province, ainsi que les attaques de l’ADF dans le nord, ont intensifié la pression sur les civils, forçant des milliers de personnes à fuir vers le centre de la ville de Beni et celle de Butembo, deux villes encore sous contrôle gouvernemental.
Beni face à une crise sécuritaire
Une insécurité aux conséquences dramatiques
Les données du rapport de monitoring des incidents sécuritaires de janvier et février 2025 révèlent une situation alarmante : 149 victimes d’incidents sécuritaires, dont 99 hommes et 50 femmes ; 61 morts recensés, principalement dus aux massacres (26 morts), aux assassinats (6 morts) et aux meurtres (2 morts) ; 31 cas de massacres, causant 26 décès, principalement dans le secteur de Beni-Mbau, un des épicentres de la violence ; 24 incendies de maisons, plongeant plusieurs familles dans le dénuement total ; 13 incursions de l’ADF, illustrant la persistance de cette menace contre les civils ; Cas de violences sexuelles et d’exploitation : 3 cas d’exploitation sexuelle et 1 cas de viol recensés, mettant en évidence la vulnérabilité accrue des femmes dans ce contexte d’instabilité.
Augmentation du banditisme urbain, avec 5 cas de vols à main armée et 7 cas de paralysie des activités économiques. Ces chiffres témoignent du climat d’extrême violence dans lequel évolue la population, confrontée à la terreur des groupes armés, au banditisme et à la précarité croissante.
Les auteurs des incidents : une diversité inquiétante
Beni face à une crise sécuritaire
Les incidents documentés ont été attribués à divers acteurs, notamment : les ADF : 9 incidents ayant touché 67 victimes ; Bandits armés : 13 incidents, 13 victimes ; Groupes armés locaux : 4 incidents, 10 victimes ; des militaires incontrôlés FARDC : 3 incidents, 4 victimes ; UPLC (Union des Patriotes pour la Libération du Congo) : 1 incident, 17 victimes ; les M23 : 1 incident lié à des tracts annonçant une avancée vers Beni ; et, la population civile impliquée dans 8 incidents ayant fait 12 victimes durant la période allant de janvier à février 2025.
Ce panorama montre l’extrême complexité du conflit, où l’activisme des groupes armés s’entremêle avec des actes criminels et des représailles locales. Les zones les plus touchées sont: Beni-Mbau en première ligne avec 20 incidents recensés, 88 victimes ; La ville de Beni : 24 incidents, 49 victimes ; Le secteur de Ruwenzori : 2 incidents, 9 victimes ; La chefferie des Bashu et le territoire de Mambasa ont également été touchés.
Beni-Mbau et la ville de Beni restent les foyers principaux de la violence, notamment en raison de la présence des ADF et des tensions entre groupes armés.
Une crise humanitaire exacerbée
L’afflux de déplacés internes vers Beni et Butembo aggrave une situation déjà critique. Les familles d’accueil et les infrastructures locales peinent à gérer cette augmentation soudaine de la population. Beaucoup de déplacés vivent dans des conditions précaires, sans accès suffisant à l’eau potable, à la nourriture et aux soins de santé. Les enfants sont particulièrement vulnérables : Certains sont contraints au travail pour subvenir aux besoins familiaux. D’autres sont privés d’éducation en raison de la fermeture d’écoles ou du manque de moyens de leurs parents.
Face à cette crise sécuritaire et humanitaire, plusieurs recommandations sont formulées :À la communauté internationale et aux organisations régionales
Encourager un dialogue direct entre la RDC et le Rwanda pour atténuer les tensions et favoriser un règlement pacifique du conflit.
Soutenir les efforts de paix en apportant une assistance technique et financière aux initiatives locales et aux missions de stabilisation.
Au gouvernement congolais
Beni face à une crise sécuritaire
Renforcer les institutions démocratiques et garantir l’organisation d’élections transparentes.
Lutter activement contre la corruption pour améliorer la gouvernance. Doter le Programme de Démobilisation, Désarmement et Réinsertion Communautaire et Sociale (PDDRCS) des ressources nécessaires pour encourager la démobilisation des combattants et leur réintégration dans la société.
Aux groupes armés congolais
Respecter les accords de cessez-le-feu et cesser les hostilités ; S’engager dans un processus de désarmement et de réintégration pour construire un avenir pacifique. Ainsi, le Forum de Paix, une plateforme des seize organisations de la société civile œuvrant dans la consolidation de la paix et le développement durable, qui après avoir peint un tableau sombre en matière de consolidation de la paix et développement durable en zone de Beni, aux mois de janvier et février 2025, il a fait un constat selon lequel cette période a été marquée par une recrudescence de la violence et une crise humanitaire alarmante dans la région de Beni. La présence accrue des groupes armés, les attaques répétées contre les civils et l’afflux de déplacés ont aussi rendu la situation particulièrement critique. Seule une réponse concertée, impliquant à la fois les autorités congolaises, les acteurs locaux et la communauté internationale, pourra permettre d’atténuer cette crise et de redonner espoir aux populations affectées. Lisez l’intégralité de ce rapport de monitoring des incidents sécuritaire en ouvrant ce lien ci-dessous
Le Forum de Paix, une plateforme regroupant seize organisations engagées dans la promotion de la paix et du développement, a organisé un atelier de formation couplé à son Assemblée Générale, les 21 et 22 février 2025, à Béni. Cet événement a réuni des acteurs locaux afin de renforcer leurs compétences en élaboration, gestion, suivi et évaluation de projets, éléments clés pour la réussite des initiatives de développement.
Renforcement des capacités en gestion de projets
La première partie de la formation, a porté sur les fondamentaux de la gestion de projet. Les participants ont approfondi des notions essentielles telles que : Les étapes de l’élaboration d’un projet : identification du problème, définition des objectifs, planification des ressources et mise en place d’un suivi et évaluation rigoureux. La théorie du changement, soulignant l’importance de structurer les actions en fonction de l’impact recherché. Le rôle du chef de projet, qui doit assurer une coordination efficace, anticiper les risques et mobiliser les ressources nécessaires. Les causes d’échec des projets, notamment le manque de ressources, la mauvaise communication, le faible soutien des sponsors et l’absence d’outils adéquats. Les échanges d’expériences entre participants ont permis d’illustrer ces notions avec des cas concrets, renforçant ainsi leur compréhension et leur appropriation.
Suivi et évaluation des projets : un levier d’impact
Dans la seconde partie de la formation, l’équipe de facilitation a abordé l’importance du suivi et de l’évaluation, deux piliers essentiels pour garantir l’efficacité des projets. Les points abordés incluaient : Les différences entre suivi et évaluation, le premier étant un processus continu d’observation, tandis que le second vise à mesurer l’impact et la pertinence des actions menées. Le cadre logique, un outil de pilotage permettant de structurer les objectifs, les résultats attendus et les indicateurs de performance. L’élaboration d’un plan de suivi et évaluation, avec une méthodologie adaptée aux réalités du terrain. Une discussion a révélé que plusieurs organisations présentes ne disposaient pas de personnel dédié au suivi et évaluation, mettant en lumière un besoin urgent de renforcement dans ce domaine.
Travaux de groupe : une approche participative
Afin d’ancrer les apprentissages, les participants ont travaillé en groupes sur des études de cas. Ces exercices ont favorisé l’interaction, le partage de bonnes pratiques et la recherche de solutions adaptées aux défis rencontrés sur le terrain.
Assemblée Générale : bilan et perspectives du Forum de Paix
En marge de la formation, l’Assemblée Générale du Forum de Paix a permis de faire le point sur ses actions et de fixer des orientations pour l’avenir. M. Justin Matete, Coordonnateur du Forum, a présenté le bilan des activités menées et les défis rencontrés. Il a aussi mis en avant la nécessité de renforcer les capacités des organisations membres et d’améliorer le suivi des projets.
Un engagement fort des participants pour des formations futures
Les participants ont exprimé une grande satisfaction, affirmant leur volonté d’appliquer les connaissances acquises dans leurs activités quotidiennes. Ils ont également plaidé pour que le Forum de Paix multiplie ce type de formation, afin de les rendre encore plus efficaces dans la gestion de leurs projets. Avec une trentaine de participants engagés, cet atelier marque une avancée significative pour la structuration et l’efficacité des initiatives locales, contribuant ainsi à un développement plus durable à Béni et au-delà.
Pour plus d’information suivez en audio Visuel les témoignages
Beni insécurité et le territoire de Beni continuent d’être le théâtre d’une insécurité grandissante, marquée par des attaques meurtrières, des vols à main armée et des incursions nocturnes d’individus armés. Malgré des efforts des autorités et des forces de défense, les populations civiles restent exposées à des violences qui freinent la reprise économique et sociale. Dans son rapport de monitoring annuel d’incidents sécuritaire, le Forum de Paix met en lumière la détérioration du climat sécuritaire, les défis rencontrés et les réponses apportées pour tenter d’endiguer cette crise.
Un contexte sécuritaire toujours préoccupant à Beni insécurité
Depuis octobre 2024, une recrudescence des attaques des Allié Democratic Forces (ADF) a plongé la région de Beni dans un climat de peur et d’instabilité. Après une période d’accalmie, ces nouvelles incursions ont entraîné des déplacements massifs de populations, particulièrement dans les zones rurales où les habitants avaient commencé à regagner leurs champs.
L’un des événements les plus marquants reste le massacre d’une vingtaine des civils en l’espace de deux semaines en décembre 2024. Les attaques ont frappé notamment la ville de Beni, commune rurale de Mangina, commune rurale d’Oicha, le secteur de Beni-Mbau, et le secteur de Ruwenzori provoquant la fuite de nombreux habitants. Les conséquences sont lourdes : destruction de biens, paralysie du commerce local et insécurité alimentaire croissante.
Les routes ne sont pas épargnées : entre octobre et décembre 2024, huit embuscades ont été signalées sur les axes routiers, notamment sur la route Eringeti-Kainama. Lors de ces incidents, 31 victimes ont été recensées, dont 26 personnes tuées.
À ces violences armées s’ajoutent les cambriolages nocturnes en ville, menés par des bandits armés. Cette insécurité urbaine aggrave le sentiment de vulnérabilité de la population, déjà sous pression.
Une réponse militaire et administrative en quête d’efficacité
Face à cette situation, les autorités locales ont annoncé des mesures sévères contre les auteurs de crimes. Le maire de Beni, le Colonel Nyofondo-Té-Kodal, a déclaré que toute personne arrêtée en flagrant délit – qu’elle soit militaire, policière ou civile – sera immédiatement jugée et transférée à la prison de Kangbayi.
Par ailleurs, l’armée congolaise affirme maintenir la pression sur les ADF, soulignant que ces derniers tentent de regagner leurs anciennes positions. Le porte-parole de l’armée à Beni, le Lieutenant-Colonel Mak Azukay, a lancé un appel à la vigilance, assurant que des efforts sont en cours pour contenir la menace.
Cependant, l’efficacité de ces réponses reste limitée face à l’ampleur de la crise. Sur 300 incidents documentés, seulement 99 ont fait l’objet d’une réponse officielle. Cela signifie que 67 % des incidents signalés n’ont pas abouti à une action concrète des autorités, laissant de nombreuses victimes dans l’attente de justice.
Un lourd bilan humain et matériel
L’analyse des données du Forum de Paix révèle l’ampleur des violences à Beni :
1 555 victimes au total, dont 484 morts.
269 civils massacrés, incluant 15 enfants.
47 cas de vols à main armée, causant 156 victimes et 8 morts.
61 attaques d’infrastructures (écoles, hôpitaux, maisons de commerce et d’habitation), faisant 142 victimes. 12 cas de justice populaire, traduisant la méfiance croissante de la population envers les institutions judiciaires
Les principaux responsables identifiés incluent :
Les ADF, impliqués dans 62 incidents.
Les bandits armés, auteurs de 33 attaques.
Certains éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC), accusés de violations des droits humains.
Le tableau des incidents montre que les attaques ciblant les infrastructures médicales, scolaires et économiques représentent 20,33 % des actes de violence, suivies par les vols à main armée (15,66 %) et les assassinats (10,33 %).
Les entraves à la documentation et aux interventions
Le rapport de monitoring annuel des incidents sécuritaires, 2024 du Forum de Paix, met également en lumière les difficultés rencontrées pour recueillir des informations fiables sur le terrain. Les Comités Locaux de Protection (CLP), qui documentent les violations des droits humains, ont été confrontés à plusieurs obstacles :
L’accès restreint aux zones à haut risque, limitant la couverture des incidents. Le manque de ressources financières pour mener des enquêtes approfondies. La peur des représailles de la part des groupes armés ou de certaines forces de sécurité. Ces entraves expliquent pourquoi certaines violations graves n’ont pas pu être vérifiées ni incluses dans le rapport, ce qui suggère que la situation pourrait être encore plus alarmante que les chiffres ne l’indiquent.
Vers une amélioration de la situation de Beni insécurité ?
Si des mesures ont été prises pour contenir l’insécurité à Beni, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour garantir une meilleure protection des civils et un suivi efficace des incidents. Ainsi le Forum de Paix a recommandé :
Au commandant des opérations Sokol 1 :
D’organiser des patrouilles de combat et nocturne en Ville et Territoire de Beni afin de dissuader l’activisme des ADF ;
Contrôler de manière régulière les armes à feu et munitions de guerre en possession des militaires qui habitent dans des quartiers avec les populations.
Au chef d’Etat-major Général des FARDC :
D’affecter des nouvelles unités récemment formées en territoire de Beni, afin de prêter main forte aux unités qui combattent les ADF dans la région ;
D’améliorer les conditions de vie des militaires dans la région de Beni, car ils sont souvent accusés dans des différents cas des violations des droit Humains et vols à mains armées ;
À la force combattante de la Monusco :
De placer des positions militaires(FIB) en profondeur dans le territoire de Beni afin de protéger les populations civiles à risques d’attaques des groupes armés notamment dans le secteur de Beni-Mbau, le groupement Basongora en Secteur de Ruwenzori ainsi que le groupement Malio dans la chefferie des Bashu.
À la population civile :
De s’abstenir à la pratique de justice populaire ;
De continuer à collaborer avec les services de sécurité et les autorités étatiques de base !crédibles.
Le rapport du Forum de Paix met en exergue une situation sécuritaire dégradée à Beni, où les attaques des ADF et les violences urbaines continuent de semer la terreur. Malgré des réponses des autorités, la majorité des incidents restent impunis, fragilisant encore davantage la confiance des populations.
Pour espérer un retour à la stabilité, une approche intégrée et coordonnée entre l’État, les forces de sécurité, la société civile et les partenaires internationaux est essentielle. L’avenir de Beni dépendra de la capacité des acteurs impliqués à mettre en œuvre des solutions durables et adaptées aux réalités du terrain.
Le contexte de Beni reste alarmant, et l’inaction ne ferait qu’aggraver la situation. Il est impératif que les engagements pris par les autorités lors des prises de leurs fonctions, se traduisent en actions concrètes, afin de restaurer un climat de paix et de permettre à la population de retrouver une vie normale. Cliquez dans le lien ci-dessous pour la lecture intégrale du rapport de monitoring annuel des incidents sécuritaires, 2024 du Forum de Paix!!!
Du 22 au 24 janvier 2025, le village de Kyavinyonge, situé dans la région du lac Édouard en province du Nord-Kivu, a vibré au rythme d’un atelier de formation majeur organisé par l’ONG Forum de Paix. Cet événement a rassemblé une large gamme d’acteurs locaux dans le but de renforcer la compréhension et la gestion des lois relatives à la protection de la nature, en particulier celles encadrant la pêche en République Démocratique du Congo. L’atelier a été conçu pour sensibiliser et apporter des solutions concrètes aux tensions qui secouent la communauté de Kyavinyonge, notamment les conflits entre pêcheurs congolais et autorités ougandaises sur le lac partagé.
Un Contexte de Conflit et de Violence
L’un des objectifs primordiaux de cet atelier était de contribuer à la réduction des tensions persistantes sur le lac Édouard. En effet, ces tensions ont souvent mené à des arrestations arbitraires, des violences et des saisies de matériel de pêche (pirogues et équipements) par la marine ougandaise. Les pêcheurs congolais se retrouvent fréquemment au cœur de ces violences, exacerbées par une mauvaise coordination des services chargés de la gestion des ressources lacustres.
Un Cadre Structuré pour la Sensibilisation
La formation a débuté avec une présentation du Forum de Paix, animée par l’Assistant Recherche Papy Kasereka. Il a exposé la mission, la vision et les objectifs de l’ONG, soulignant l’importance de la coopération locale pour la gestion durable des ressources naturelles et la promotion de la paix. L’atelier a été ouvert par le représentant du chef du village de Kyavinyonge, qui a chaleureusement accueilli les participants et les a encouragés à s’impliquer activement dans les discussions.
Retour sur les Résultats d’Enquête
Alphonse Vikongo, enquêteur junior au Forum de Paix, a ensuite présenté les résultats d’une enquête menée à Kyavinyonge en mai 2024. Cette étude avait pour objectif d’identifier les principales causes des arrestations et des exactions subies par les pêcheurs congolais sur le lac Édouard. Selon l’enquête, la mauvaise coordination entre les différents acteurs intervenant dans la gestion du lac est un facteur majeur de ces conflits. Les participants ont alors été invités à réfléchir sur ces problématiques et à proposer des solutions adaptées.
La Résolution Pacifique des Conflits
Papy Kasereka a ensuite abordé la thématique de la résolution pacifique des conflits et de la gestion des sensibilités locales. En groupes, les participants ont discuté des principaux conflits rencontrés à Kyavinyonge, des acteurs impliqués, des causes profondes de ces conflits, ainsi que des solutions possibles pour y remédier. Les travaux de carrefour ont permis de cibler des pistes de médiation adaptées à la réalité locale, mettant l’accent sur la nécessité de créer un climat de confiance entre les différents acteurs du village.
La Question des Violations des Contrats dans la Pêcherie
Maître Constant Kalumendo a ensuite pris la parole pour aborder la question de la violation des contrats dans le domaine de la pêcherie, particulièrement à Kyavinyonge. Les participants ont discuté des raisons profondes de ces violations, des responsables et des solutions envisageables pour rétablir la confiance et le respect des engagements. Cette partie de l’atelier a permis de mettre en lumière les dysfonctionnements dans la gestion des contrats de pêche, soulignant l’importance de rétablir des mécanismes de régulation plus clairs et plus équitables.
Un Suivi Actif pour un Changement Durable
En clôture de l’atelier, Alphonse Vikongo a présenté les activités prévues dans le cadre du projet de trois mois. Ces actions incluent la diffusion de spots radio sur les stations locales, la publication de trois magazines audiovisuels et la mise en place de plaidoyers en faveur d’une meilleure gestion des ressources lacustres. En particulier, un comité local de suivi des activités lacustres a été formé, dont les membres ont été élus lors de la clôture de l’atelier. Ce comité jouera un rôle clé dans la surveillance des activités sur le lac et dans la promotion d’une gestion participative des ressources naturelles.
Une Volonté de Renforcer la Sensibilisation
Bien que la session n’ait pas été spécifiquement dédiée aux recommandations formelles, de nombreux participants ont exprimé le souhait de voir ces ateliers de formation se multiplier. Ils ont insisté sur la nécessité de renforcer la compréhension des problématiques locales et de continuer à travailler ensemble pour trouver des solutions durables aux conflits qui affectent la communauté de Kyavinyonge.
Cet atelier de Kyavinyonge a été une étape importante vers la résolution des tensions locales liées à la gestion du lac Édouard. Il a permis non seulement d’aborder des questions juridiques et de gestion des ressources, mais aussi de promouvoir la paix et la coopération entre les différents acteurs communautaires. La mobilisation et la participation active des habitants témoignent d’une volonté collective de changer les choses et de construire un avenir plus serein pour les pêcheurs et les autres habitants du village. Les actions entreprises dans le cadre de ce projet permettront, espérons-le, de réduire les violences, d’améliorer la gestion des ressources naturelles et de renforcer la paix dans cette région stratégique.
Le Secrétariat Exécutif de la plateforme Forum de Paix a accompagné, ce jeudi 22 novembre 2024, le Parlement d’Enfants Grand-Nord et le Comité des Enfants de Beni dans une mission de plaidoyer auprès de la mairie de la ville de Beni.
Contexte et Objectifs du Plaidoyer
Cette mission visait à présenter au maire de la ville de Beni les difficultés majeures rencontrées par le Parlement d’Enfants Grand Nord et le Comité des Enfants de Beni, conséquences des manifestations violentes de mi-septembre 2024. Ces événements ont entraîné des actes de vandalisme touchant plusieurs structures, dont : Le bâtiment abritant le bureau du Parlement d’Enfants, la Division des Affaires Sociales et le bureau du Genre, Femme, Famille et Enfants, situé dans la concession de la mairie de Beni ; le bureau de la Direction Générale des Migrations (DGM).
Lors de ces troubles, les portes et fenêtres du bureau du Parlement d’Enfants ont été détruites, et tout le matériel (mobilier), équipement informatique, rapports et divers documents ont été incendié. Le bureau de la Division des Affaires Sociales a subi des dommages similaires.
Face à ces pertes, le plaidoyer visait à : informer le maire de la ville de l’ampleur des dégâts subis par ces structures ; solliciter son appui en faveur de la réhabilitation et du fonctionnement du Parlement d’Enfants ; demander au maire de devenir le porte-voix de cette cause auprès des partenaires gouvernementaux et autres acteurs intervenant dans la protection de l’enfance.
Réponse de l’Autorité Locale
Le Commissaire Supérieur Nyofondo Jacob, maire de la ville de Beni, a accueilli la délégation avec courtoisie. Il a promis d’examiner avec attention la situation afin d’envisager les actions nécessaires pour répondre à cette crise.
Un Acteur Clé dans la Protection des Droits des Enfants
Rappelons que le Parlement d’Enfants Grand-Nord-Kivu est une organisation membre du Forum de Paix, un réseau regroupant seize structures engagées dans la promotion de la paix et le développement integral et durable.
Engagement et Perspectives
La mission de plaidoyer menée par le Parlement d’Enfants Grand-Nord, appuyée par le Forum de Paix, témoigne de l’importance de fédérer les efforts pour garantir la protection des enfants et la pérennité des initiatives locales en faveur de leurs droits. L’implication des autorités et des partenaires reste essentielle pour relever ces défis et restaurer les structures affectées. Le Forum de Paix réitère son engagement à accompagner ses organisations membres dans leurs efforts pour une société plus juste et sécurisée pour les enfants, les jeunes et les femmes.
Le mercredi 20 novembre 2024, la ville de Beni a vibré au rythme de la Journée internationale de la Convention relative aux droits de l’enfant. Cet événement, organisé par le Groupe de Travail Protection de l’Enfant en partenariat avec le Groupe de Travail sur les Violences Basées sur le Genre (VBG), s’est tenu sous le thème porteur : « Écoutons l’avenir, défendons les droits de l’enfant. »Cette journée n’a pas seulement été une célébration symbolique, mais un appel à l’action dans une région où les défis liés à la protection des enfants demeurent cruciaux.
Une Conférence pour Mobiliser et Sensibiliser
Au cœur de cet événement, une conférence s’est tenue avec la participation d’acteurs clés, parmi lesquels des leaders communautaires, des membres d’organisations locales et des défenseurs des droits des enfants. Maître Ruth Sabuni, chef du bureau Genre, Femmes, Familles et Enfants de Beni, a exhorté les participants à s’engager activement pour la protection des enfants dans un contexte régional marqué par des crises. « Dans cette région où les enfants subissent les conséquences des conflits, de la pauvreté et des violences, il est de notre devoir de redoubler d’efforts pour garantir leurs droits. Agissons ensemble pour offrir à ces enfants un avenir meilleur, » a-t-elle déclaré avec passion.
Les Droits de l’Enfant vus par les Principaux Intéressés
Le Forum de Paix, une organisation impliquée dans la promotion de la paix à Beni, a profité de cette occasion pour sonder les enfants eux-mêmes sur leur compréhension des droits de l’enfant. La majorité des enfants interrogés ont montré une grande lucidité en affirmant que les droits de l’enfant incluent « toutes les mesures mises en place pour protéger les enfants, ainsi que ce qui leur est dû de la part des parents, de la communauté et du gouvernement. » Ces réponses témoignent d’une prise de conscience croissante chez les jeunes, mais également d’un besoin urgent de renforcer les actions pour traduire ces droits en réalité.
Un Appel au Respect des Devoirs pour Garantir les Droits
Lors de la conférence, Doteur Joël Kavuya, encadreur principal du Parlement des Enfants du Grand Nord et du Comité des Enfants de Beni, a apporté une perspective importante en mettant l’accent sur le rôle des devoirs individuels dans la réalisation des droits.« Lorsqu’un enfant accomplit pleinement ses devoirs, ses droits se manifestent naturellement. Ce n’est plus une question de revendication, mais d’harmonie sociale, » a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une éducation qui équilibre droits et responsabilités.
Le rôle du Forum de Paix
Maître Juste Matete, coordonnateur du Forum de Paix, a pris la parole lors de l’émission Bana Okapi diffusée le même mercredi. Il a affirmé :« La meilleure façon de promouvoir les droits des enfants est de dénoncer toute personne ou tout acte allant à l’encontre de ces droits. Cela inclut les violences, l’exploitation ou encore la privation des opportunités d’éducation et de bien-être. »Il a encouragé la communauté à signaler les violations auprès des autorités compétentes et à promouvoir une culture de respect des droits de l’enfant.
Un Appel Urgent à Agir
La Journée internationale des droits de l’enfant à Beni a mis en lumière les progrès réalisés, mais aussi les défis persistants dans la région. Les enfants continuent de faire face à des obstacles majeurs tels que l’insécurité, l’absence d’un accès adéquat à l’éducation et des violences diverses. Pour relever ces défis, il est essentiel que chaque acteur – parents, enseignants, autorités locales et organisations de la société civile – prenne sa part de responsabilité. Cette journée a été un rappel que protéger les enfants aujourd’hui, c’est garantir un avenir meilleur pour toute la communauté.
Le harcèlement sexuel en milieu scolaire reste une réalité à Beni. Certains jeunes apprenants, ne vont pas jusqu’au bout de leur formation à cause de cette antivaleur. Lors d’un webinaire organisé par le Forum de Paix le lundi 12 novembre 2024, trois experts se sont exprimés sur le sujet et ont partagé leurs expériences et recommandations pour lutter contre cette problématique.
La Sensibilisation comme Outil pour Dénoncer et Prévenir le Harcèlement
Espérance Kazi, coordinatrice de l’ONG One Girl One Leader en République Démocratique du Congo, s’engage dans la promotion des droits des jeunes filles et dans la lutte contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire. Elle a évoqué les actions menées par son organisation pour sensibiliser les élèves au harcèlement et à leurs droits. En 2023, One Girl One Leader a organisé des campagnes de sensibilisation dans vingt écoles secondaires de la ville de Beni, ce qui a permis de distribuer un numéro d’alerte pour signaler les cas de harcèlement.
« Nous avons identifié 56 cas de harcèlement scolaire après ces actions de sensibilisation, » a-t-elle indiqué. Espérance Kazi souligne l’importance de ces campagnes qui permettent de briser le silence autour de cette problématique. Outre les ateliers de sensibilisation, son organisation propose également un accompagnement psychologique et juridique aux victimes, en leur offrant un espace sécurisé pour s’exprimer et recevoir l’aide nécessaire.
Un Témoignage du Terrain et l’Importance de la Formation des Éducateurs
Kambale Liso Charlemagne, préfet des études du Complexe Scolaire Musafa à Beni et enseignant depuis plus de dix ans, a témoigné de la réalité quotidienne du harcèlement dans les écoles de la ville. « Le harcèlement, en particulier le harcèlement sexuel, reste un sujet tabou, mais il est bien présent dans nos écoles, » a-t-il confié. Les témoignages d’élèves, principalement de jeunes filles, révèlent des situations difficiles et parfois traumatisantes.
Kambale insiste sur le rôle crucial des enseignants et du personnel éducatif pour détecter les signes de harcèlement et réagir rapidement. Dans son établissement, des mesures disciplinaires renforcées et des formations pour le personnel ont été mises en place afin de mieux protéger les élèves. Cependant, il évoque un défi majeur : la réticence des victimes à signaler les abus, ce qui freine la prise de mesures par les autorités scolaires. Pour lui, un environnement scolaire sûr nécessite une vigilance constante et des initiatives supplémentaires pour encourager les jeunes à parler sans peur de représailles.
Le Cadre Juridique et les Droits des Victimes
Maître Justin Matete, coordonnateur du Forum de Paix et auxiliaire de la justice en région de Beni, a abordé le volet juridique de la lutte contre le harcèlement scolaire. Selon lui, le harcèlement scolaire relève de la catégorie des violences sexuelles et de nombreuses lois existent pour protéger les victimes. « Il est essentiel que les jeunes, ainsi que leurs familles, connaissent leurs droits et les recours possibles, » a-t-il déclaré. Les victimes peuvent ainsi dénoncer les abus et réclamer justice en toute légitimité.
Justin Matete encourage les parents et les éducateurs à soutenir les victimes dans leurs démarches judiciaires, rappelant que la loi est de leur côté. Toutefois, il a précisé que sans signalement de la part des victimes ou de leurs familles, les institutions judiciaires sont limitées dans leurs actions. Ce cadre légal, bien que protecteur, nécessite donc une sensibilisation accrue pour être pleinement efficace.
Une Mobilisation Collective pour un Changement Durable
À la fin de chaque intervention, une session de questions-réponses a permis aux participants d’échanger avec les experts et d’approfondir certains aspects. Tous s’accordent sur l’importance d’une mobilisation collective pour enrayer le harcèlement en milieu scolaire, un problème grave qui mine la santé mentale et l’avenir des jeunes. Chacun : parent, éducateur, membre de la communauté ; a un rôle à jouer pour protéger et soutenir nos enfants, pour qu’ils puissent grandir dans un environnement respectueux et sécurisant.
Le harcèlement en milieu scolaire n’est pas une fatalité. Avec des actions concertées, des campagnes de sensibilisation, et un accompagnement juridique et psychologique, il est possible de créer des écoles où les élèves se sentent en sécurité et respectés. Nous devons agir ensemble pour qu’un jour, le harcèlement sexuel en milieu scolaire ne soit plus qu’un souvenir.
A l’occasion de la clôture du mois dédié à la jeune fille, l’organisation One Girl, One Leader (OGOL/RDC) a organisé une réunion significative à Beni, rassemblant plus de trente jeunes filles représentant chacun des trente quartiers de la ville jeudi 31 octobre 2024. Cet événement avait pour objectif de renforcer leurs compétences en matière de prévention et de réponse aux abus et violences sexuelles basées sur le genre (SGBV), ainsi qu’à l’exploitation et aux abus sexuels ainsi que le harcèlement sexuel (PSEA/H). Cette initiative s’inscrit dans les efforts continus de lutte contre les violences et l’exploitation faites aux jeunes filles et aux femmes dans la communauté.
Des participantes engagées et formées pour devenir actrices de changement
Ces jeunes filles, identifiées comme les points focaux de l’OGOL dans leurs quartiers respectifs, sont au cœur de cette initiative. En tant que points de relais, leur rôle principal est de détecter, rapporter, et alerter la communauté et l’organisation sur les cas de SGBV, contribuant ainsi à la prévention et à la réponse efficace face à ces violences. Ce rôle est essentiel, non seulement pour protéger les victimes, mais également pour sensibiliser les communautés aux effets néfastes des violences basées sur le genre et pour encourager des comportements protecteurs et respectueux envers les jeunes filles et les femmes.
Soutien de l’organisation PAEV
La formation a été rendue possible grâce au soutien financier de l’organisation Programme d’Approvisionnement en Eau pour les Villages (PAEV en sigle), qui a contribué à la réalisation de cette activité. Madame Espérance Kazi, coordinatrice de l’OGOL une organisation membre du Forum de Paix, a souligné l’importance de la résolution 1325 des Nations Unies, un texte fondamental qui a été adopté à l’unanimité le 31 octobre 2002 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies dans sa 4213e séance, qui concerne le droit des femmes, la paix et la sécurité. Elle se situe dans la continuité des résolutions 1261, 1296 et 1314 qui ont fait l’objet d’un rappel durant la séance et aborde les thèmes de la représentation des femmes dans les organismes de résolution des conflits et lors des processus de paix, la condition féminine durant le rapatriement et le déplacement de populations, ainsi que celui de la rééducation et de la réinsertion des femmes et jeunes filles consécutives à un conflit armé.
C’est le premier document formel et légal issu du Conseil de sécurité qui impose aux différentes parties d’un conflit de respecter le droit des femmes et de soutenir leur participation aux négociations de paix et à la reconstruction post-conflit. La résolution a été initiée par Netumbo Nandi-Ndaitwah, alors ministre des Affaires féminines de la Namibie lors de la présidence de ce pays du Conseil de sécurité. Après le lobbying de nombreuses organisations féministes et du Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM), la résolution est adoptée à l’unanimité.
Cette résolution incite également les États et les communautés internationales à prendre des mesures pour protéger les femmes et les jeunes filles dans les contextes de violence et de conflit.
Une mobilisation pour le changement et la paix dans la communauté
Les participantes sont désormais mieux équipées pour agir contre les abus et soutenir les victimes dans leurs quartiers respectifs. Ce renforcement des capacités des jeunes filles est un pas vers un changement positif et durable, permettant à chaque point focal de devenir une actrice influente pour la paix et la sécurité au sein de la communauté.
Ce genre d’initiative, qui allie la sensibilisation et les actions concrètes, est crucial pour endiguer les violences basées sur le genre. La formation des jeunes filles pour devenir les gardiennes de leurs quartiers marque un engagement fort de la part de l’OGOL et de ses partenaires, qui voient en elles non seulement des leaders en devenir, mais aussi des porteuses d’espoir pour une société plus équitable et sans violence.
Depuis les attaques sanglantes des Forces Démocratiques Alliées (ADF) dans certains villages du groupement Baswagha-Madiwe, situé dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, la situation sécuritaire montre des signes encourageants d’amélioration. Bien que les forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) aient restauré une certaine stabilité, de nombreux défis subsistent, en particulier en ce qui concerne la réhabilitation des infrastructures sociales de base dans les villages touchés.
Une Amélioration Sécuritaire Accompagnée de Défis Sociaux
Le comité local de protection (CLP) de Mabalako, un groupe des personnes engagées volontairement dans la protection, mise en place en deux mille dix-neuf (2019) par le Forum de Paix, a ressenti le besoin d’ouvrir de nouveau les écoles et les structures de santé dans les villages touchés par les récentes attaques des ADF. En effet, la fermeture prolongée de ces infrastructures compromet gravement l’accès à l’éducation et aux soins de santé pour des milliers d’habitants, en particulier les enfants et les femmes.
Dans le village de Masala, situé dans la localité de Bapakombe Pendekali, dans le secteur Beni Mbau, la vie reprend peu à peu son cours. Cette localité, frappée par une attaque de l’ADF/NALU le 7 juin 2024, tente de se relever malgré les énormes pertes subies. Cependant, les habitants se retrouvent dans une situation précaire : l’unique structure sanitaire du village a été incendiée, privant la population de tout accès aux soins médicaux, et l’école locale reste fermée. Les enseignants, toujours sous le traumatisme des violences, n’ont pas encore pu revenir pour reprendre leurs activités.
Un Cri d’Alerte pour la Réouverture des Services Essentiels
Face à cette situation, la population de Masala et d’autres villages environnants, dans la localité de Bapakombe Pendekali, lance un appel aux autorités congolaises et aux partenaires internationaux. En effet, sans infrastructures sanitaires et éducatives, la population de cette partie du territoire de Beni, en particulier les enfants et les femmes, voient leur avenir compromis.
Masala, situé à environ 17 kilomètres au nord de Cantine, n’est pas un cas isolé. D’autres villages dans le groupement Baswagha Madiwe attendent encore la rentrée scolaire et le rétablissement des services de santé. Les attaques récurrentes des ADF ont laissé des traces profondes, détruisant les biens et semant une peur persistante au sein de la population. Bien que la sécurité soit en amélioration grâce à la présence renforcée des FARDC, les besoins de réhabilitation sont criants.
La Présence ADF dans la province voisine : Une Menace Persistante
La présence des ADF reste un défi majeur pour la paix dans la région. Bien que la situation soit plus stable dans le Baswagha Madiwe, des signaux d’activité de ces rebelles sont signalés dans le groupement Bakaeku, en territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Ces incursions récentes rappellent l’urgence pour les autorités de poursuivre et d’intensifier leurs efforts pour éradiquer complétement cette menace, garantissant ainsi une sécurité durable.
Appel aux Acteurs et Partenaires pour la Reconstruction
Le CLP de Mabalako, soutenu par le Forum de Paix, exhorte les autorités congolaises, les investisseurs et les partenaires humanitaires à se mobiliser pour répondre aux besoins urgents des communautés affectées. La réouverture des écoles et des centres de santé dans le Baswagha Madiwe, particulièrement à Masala, est indispensable pour offrir des perspectives d’avenir aux enfants et des conditions de vie dignes aux familles qui luttent encore pour se remettre des traumatismes subis.
Une réponse rapide et coordonnée est nécessaire pour restaurer les infrastructures sociales de base, afin que la population puisse retrouver une vie normale et que les enfants puissent enfin reprendre le chemin de l’école.