Beni : La tolérance, un fondement encore sous-estimé

Beni : La tolérance, un fondement encore sous-estimé

La tolérance demeure une valeur essentielle pour apaiser la société et prévenir l’escalade des conflits. A Beni, dans la partie Est de la R.D Congo, le Forum de Paix rappelle que la tolérance exige éducation, réciprocité et responsabilité, sans jamais justifier les antivaleurs. Cette organisation qui intervient dans la consolidation de la paix, appelle la population à analyser toujours avant d’agir et à renforcer cette vertu indispensable à la paix, à l’occasion de la journée internationale de la tolérance pour l’année 2025.

La tolérance, un socle indispensable pour une société apaisée

La tolérance est le socle d’une société calme et résiliente. Elle aide les citoyens à gérer les différends sans violence. A Beni, cette vertu reste un besoin urgent et permanent. Les tensions récurrentes montrent que les habitants doivent renforcer cette valeur. Chaque communauté gagne lorsque ses membres construisent des relations respectueuses. La tolérance encourage l’écoute mutuelle et réduit les risques de conflits. Elle est une force sociale qui renforce la cohésion dans une région fragile. La paix durable reste impossible sans la tolérance au cœur des interactions quotidiennes.

Comprendre la tolérance comme un choix volontaire et responsable

La tolérance n’est jamais un automatisme. C’est un choix volontaire et réfléchi. Elle exige une maîtrise de soi dans les situations difficiles. La tolérance, c’est accepter parfois de renoncer à certains droits pour un intérêt supérieur. Ce renoncement n’est pas une faiblesse. C’est une marque de maturité sociale. Le contraire de la tolérance conduit à l’escalade et aux divisions. A Beni, chaque geste d’intolérance fragilise encore la paix. Choisir la tolérance demande un effort constant et partagé. C’est un engagement collectif qui apporte des bénéfices concrets.

La tolérance n’est pas la complaisance face aux antivaleurs

La tolérance ne signifie jamais tolérer l’injustice. Elle ne protège pas les comportements contraires à l’éthique. Maître Justin Matete, coordonnateur du Forum de Paix rappelle que « la tolérance ne doit pas devenir une excuse pour laisser croître les antivaleurs. La tolérance vise la paix, mais elle ne renonce pas à la justice. Elle encourage un comportement responsable et conscient. » A Beni, cette nuance demeure essentielle. La communauté doit comprendre que la tolérance protège la cohésion, mais jamais la criminalité. Elle crée un climat où les problèmes se règlent sans violence.

Une pratique qui exige la réciprocité et la bonne foi mutuelle

La tolérance ne fonctionne pas seule. Elle exige une réciprocité sincère entre les citoyens. Selon Maître Justin Matete, « on ne pratique pas la tolérance par magie. Elle requiert un engagement mutuel et équitable. Si une partie refuse la tolérance, l’équilibre social se brise. Dans une région comme Beni, la tolérance doit devenir un contrat moral collectif. » Les citoyens doivent s’engager à mieux dialoguer. Ce dialogue évite les malentendus qui amplifient les tensions. La tolérance devient alors un instrument puissant de prévention des conflits.

Le rôle de l’éducation dans le renforcement de la tolérance

L’éducation est un outil essentiel pour développer la tolérance. Elle forme les esprits à la patience et au respect d’autrui. Pour Maître Justin Matete, « l’éducation familiale joue un rôle fondamental. Les parents doivent transmettre les valeurs morales à leurs enfants. Ils doivent éviter de confier entièrement cette mission à la télévision, à la radio ou à la rue. Une éducation solide crée des citoyens responsables. Ces citoyens défendent la paix dans leurs communautés. »

Analyser avant d’agir, est une clé pour la paix à Beni

Dans un contexte socio-sécuritaire volatil, agir sans réfléchir peut coûter cher. Maître Matete « invite les habitants à analyser les situations avant toute réaction. Cette attitude permet d’éviter les décisions impulsives. Elle aide aussi à comprendre les responsabilités des dirigeants. Lorsque les citoyens analysent, ils développent un esprit critique utile. Cet esprit critique devient un outil pour encourager une meilleure gouvernance. » En région de Beni, analyser avant d’agir réduira les tensions. Cela protègera la communauté contre les réactions dangereuses ou hâtives.

La tolérance comme base d’une paix durable dans un contexte fragile

La tolérance est un investissement pour la paix durable. Elle réduit les frustrations et les incompréhensions. Elle améliore le vivre-ensemble dans un environnement difficile. A Beni, la tolérance peut freiner l’escalade des conflits. Elle favorise un climat de confiance entre les habitants. Cette confiance renforce les initiatives locales de paix. Les organisations communautaires encouragent cette dynamique. La tolérance devient alors un fondement de la reconstruction sociale.

La Journée internationale de la tolérance enracinée dans l’histoire

« La Journée internationale de la tolérance est célébrée chaque 16 novembre. Elle a été instaurée par l’UNESCO en 1995. La jounée vise à rappeler l’importance du respect mutuel dans les sociétés modernes. Elle appelle les peuples à rejeter l’extrémisme et la discrimination. Cette journée s’inspire des leçons tirées de l’histoire mondiale. Elle rappelle que l’intolérance a souvent conduit à des tragédies. Elle souligne l’urgence de promouvoir l’éducation à la paix. » Indique le site https://www.unesco.org visité le 19 novembre 2025 à 12h45’. A Beni, cette journée rappelle l’importance d’incarner la tolérance. Elle rappelle aussi que la paix commence par des gestes simples et quotidiens.

Alphonse Vikongo

Butembo : quand l’érosion dévore la dignité humaine

Butembo : quand l’érosion dévore la dignité humaine

Dans la vallée de Lyambo, au quartier Kalemire, dans la ville de Butembo (Nord-Kivu), une tragédie silencieuse se joue depuis plus de trois ans. Ce n’est ni une guerre ni une épidémie, mais une catastrophe environnementale qui, à petit feu, détruit maisons, espoirs et vies. Alors que 61 parcelles ont déjà été englouties par un glissement de terrain mal compris et mal géré, les cris d’alerte des habitants restent sans réponse. Ignorée des autorités et négligée par les partenaires humanitaires, l’érosion à Kalemire révèle une double vulnérabilité : environnementale et institutionnelle.

Une érosion lente… mais un effondrement brutal

Tout a commencé par ce qui semblait n’être qu’un léger ruissellement du ruisseau Kavisire. Mais ce filet d’eau a fini par creuser la colline, provoquant une érosion d’ampleur dramatique. Kahindo Visiri Isaac, chef du quartier Kalemire, décrit avec amertume : « Ce lotissement date de 1984. Personne ne s’attendait à voir la colline s’effondrer comme ça. Des maisons entières ont disparu. »

D’après lui, 61 parcelles sont déjà perdues sur près de quatre hectares. Un notable agronome, dont la maison a été détruite, est décédé peu après « de chagrin », selon ses proches. La plupart des victimes sont devenues forcement des locataires sans ressources pour se taper de nouveau d’autres propriétés foncières. Aucun avertissement officiel, aucune interdiction de construire n’a jamais été émise pour cette zone devenue meurtrière.

Une crise que personne ne veut nommer

Trois ans après les premiers signes, aucune autorité municipale, provinciale ou nationale ne s’est déplacée sur les lieux pour une évaluation ou une prise de décision. « Aucune mission, aucune assistance, même pas un mot d’encouragement aux survivants de cette érosion », déplore le chef de quartier.

Pourtant, les sinistrés viennent régulièrement aux bureaux administratifs, demandant : « Que faisons-nous maintenant ? » Face à leur désespoir, seules des réponses vagues sont données. Pendant ce temps, d’autres groupes vulnérables, notamment : « les déplacés des conflits armés » reçoivent des aides ciblées, accentuant un sentiment d’injustice chez les sinistrés de Kalemire. « Nous compatissons à la souffrance des déplacés, mais nous aussi nous vivons un drame ! », ajoute Kahindo Visiri Isaac. La situation révèle une profonde lacune dans la prise en charge des catastrophes naturelles et une violation manifeste du droit à l’assistance et au logement.

Un combat communautaire sans moyens

Face à l’inaction des autorités, la population tente tant bien que mal de réagir. Des arbres antiérosifs, des bambous et d’autres espèces végétales ont été plantés pour ralentir la dégradation. Mais sans appui technique ni matériel, ces efforts restent dérisoires. « Là où nous sommes, il y avait des maisons. Aujourd’hui, il n’y a plus rien », témoigne, résigné, le chef du quartier.

Contacté à ce sujet, César Mathumo, responsable de la Protection civile à Butembo, apporte une autre lecture de la situation : « Ce n’est pas une simple érosion. Il s’agit d’un glissement de terrain qui a commencé en 2018 avec des fissures profondes. »

Il affirme que des descentes sur le terrain ont été réalisées, et que des rapports ont été transmis à la hiérarchie municipale. Toutefois, selon lui, les partenaires humanitaires s’intéressent peu aux risques naturels. Il insiste sur la nécessité d’une étude hydrogéologique complète pour identifier les causes et déterminer les solutions viables. « L’important aujourd’hui, c’est d’identifier les causes et de mettre en œuvre des activités de réduction des risques », conclut-il.

Sauver Kalemire, c’est prévenir d’autres drames

Aujourd’hui, les habitants de Kalemire lancent un appel à tous les niveaux : députés provinciaux, autorités nationales, ONG spécialisées, agences humanitaires, et universitaires. Car au-delà de leur quartier, c’est toute une ville et même une province qui peuvent être touchées par des phénomènes similaires.

Poursuivant, César Mathumo, confirme que Kalemire n’est pas un cas isolé : « Plus de 15 sites à risque existent à Butembo. Il faut une stratégie de stabilisation des sols à l’échelle urbaine. » Le cas de Kalemire est donc un signal d’alarme. Il appelle à des actions concrètes :Une étude géotechnique approfondie ;Un plan de relogement d’urgence pour les victimes ;Des campagnes de sensibilisation ;Et une stratégie de réduction des risques durables.

Sans une volonté politique claire, ces familles resteront abandonnées, et d’autres tragédies suivront. Kalemire ne doit pas devenir un nouveau symbole de l’oubli et de l’indifférence.

Redonner espoir avant qu’il ne soit trop tard

Ce qui se passe à Kalemire n’est ni une fatalité ni une surprise. C’est la conséquence directe d’un manque de prévention, de coordination et de considération pour les populations vulnérables face aux risques naturels. Le quartier Kalemire est aujourd’hui un cratère béant non seulement dans le sol, mais aussi dans la conscience collective. Si les autorités, les scientifiques et les humanitaires n’agissent pas maintenant, d’autres collines s’effondreront, d’autres familles dormiront dehors, et d’autres citoyens mourront en silence.

Alphonse Vikongo

Bulambo : Vers une cohabitation pacifique entre acteurs sécuritaires et civils

Bulambo : Vers une cohabitation pacifique entre acteurs sécuritaires et civils

La région d’Isale-Bulambo, dans la chefferie des Bashu (territoire de Beni, Nord-Kivu), subit une forte pression sécuritaire. Cette pression découle de la présence simultanée des FARDC, de la Police nationale congolaise (PNC) et des groupes Wazalendo. Elle inclut aussi plusieurs groupes de pression et structures communautaires.La création d’un cadre de concertation civilo-militaire est intervenue à l’issue d’un dialogue de paix pour une cohabitation pacifique.

Une réponse au climat de méfiance sécuritaire à Isale-Bulambo

L’absence de coordination claire entre ces acteurs crée des tensions, des incidents et des abus graves.

Ces dysfonctionnements entraînent le chevauchement des rôles, des arrestations abusives et parfois le recrutement d’enfants soldats.

C’est dans ce climat fragile que le Comité Local de Protection (CLP) de Bulambo, avec le Forum de Paix, a organisé un dialogue communautaire le 3 octobre 2025.

La rencontre, tenue à la salle polyvalente La Récréation d’Isale-Bulambo, visait à restaurer la confiance entre civils et forces de sécurité.

L’objectif principal était de clarifier les rôles de chaque acteur et d’instaurer un cadre de concertation permanent pour une cohabitation pacifique.

Un cadre inclusif de dialogue pour clarifier les rôles et bâtir la confiance

Sous la modération du Forum de Paix, la rencontre a réuni 30 participants représentant tous les secteurs.

Les FARDC et la PNC étaient, les Wazalendo, les groupes de pression, la société civile.

Les autorités coutumières, les jeunes et les femmes ont aussi pris part aux échanges.

Le notable de Kivuno a ouvert la séance, représentant le chef de groupement.

Maître Serge Kavula du Forum de Paix a ensuite présenté le contexte sécuritaire.

Les participants ont validé le diagnostic et travaillé en petits groupes de réflexion.

Les discussions ont brisé les silos entre forces de sécurité et population.

Un langage commun s’est établi, fondé sur le respect mutuel et la volonté de paix.

Prises de parole des forces en présence : rôles, défis et perspectives pour la cohabitation pacifique

Chaque acteur a exposé ses missions, défis et propositions pour une cohabitation apaisée.

Le commandant de la Police de Bulambo, Muhindo Kamabu Alexis, a rappelé son rôle de maintien de l’ordre.

Il a évoqué le manque de dénonciation, l’ingérence des autorités locales et le déficit logistique.

Il recommande une sensibilisation accrue et une collaboration renforcée avec la population.

Les FARDC ont réaffirmé leur mission : protéger la population et l’intégrité du territoire.

Elles dénoncent la circulation d’armes illicites et demandent la clarification de leurs rapports avec les Wazalendo.

Ces derniers, représentés par Kambale Ngendo, revendiquent leur rôle patriotique et dénoncent leur instrumentalisation politique.

Ils réclament une reconnaissance officielle et un appui de l’État.

L’ANR a rappelé son rôle d’écoute et de prévention des menaces.

Elle regrette le manque de collaboration de la population et demande des moyens logistiques adéquats.

Recommandations concrètes et création d’un cadre de concertation civilo-militaire

Les travaux de groupe ont produit plusieurs recommandations clés.

Chaque service de sécurité doit s’autoévaluer pour renforcer la paix.

Les interventions doivent suivre une approche collective et consultative.

La société civile doit servir de pont entre la population et les Wazalendo.

Les abus doivent être dénoncés légalement, sans recours à la justice populaire.

Le point culminant fut la création du cadre de concertation civilo-militaire d’Isale-Bulambo.

Ce cadre regroupe le Comité Local de Pprotection, la Croix-Rouge locale, la Cellule de paix et développement et les jeunes.

M. Kakule Ndaliko Syahombire a été élu président de cette structure de coordination.

Elle aura pour mission de maintenir le dialogue, prévenir les tensions et coordonner les réponses locales.

Cette initiative locale marque un pas vers une paix durable à Beni.

Elle démontre que la stabilité peut venir des communautés, quand elles dialoguent et coopèrent.

Alphonse Vikongo

Une matinée de plaidoyer pour les enfants déplacés en ville de Beni

Une matinée de plaidoyer pour les enfants déplacés en ville de Beni

Une activité importante s’est tenue à Beni pour défendre les droits des enfants, le mardi 22 juillet 2025.Organisée par le Parlement et Comité d’enfants avec l’appui du Forum de Paix, cette matinée de plaidoyer a mobilisé plusieurs acteurs. Elle entre dans le cadre de la stratégie de responsabilisation communautaire portée par le Forum de Paix.

Plaidoyer en faveur des enfants quémandeurs

L’objectif principal de cette matinée de plaidoyer était de dénoncer les violations des droits des enfants vivant dans les rues. L’accent a été mis sur les enfants quémandeurs souvent privés d’éducation, de soins et de dignité. Les participants ont plaidé pour une prise en charge plus humaine et durable. La salle Vihum a accueilli cette matinée dès 10 heures, en présence de plusieurs autorités locales.

La présentation juridique a été assurée par Mme Ruth Sabuni, responsable de la division genre, famille et enfants ad interim au Nord-Kivu. Elle a cité des articles de la Constitution congolaise et de la loi n°09/001 sur la protection de l’enfant. Ces textes confirment que l’État a le devoir de protéger chaque enfant en situation difficile. Les acteurs de la protection de l’enfance ont été appelés à jouer pleinement leur rôle.

Témoignages poignants et constats alarmants

Dans cette matinée de plaidoyer, l’Honorable Thérèse, venue de Kisangani, a partagé son témoignage sur les enfants de Beni. « Elle a évoqué des cas d’enfants livrés à eux-mêmes dans les rues, sans soutien ni sécurité. Elle a alerté sur les risques accrus de violences, d’exploitation et de maladie auxquels ils font face ». Ce constat a renforcé la nécessité d’actions immédiates.

Deux membres du Parlement d’enfants ont pris la parole, dont Georges Ngumayiri. Ils ont exposé une note de plaidoyer contenant des propositions concrètes. Cette note a été remise aux autorités locales pour un suivi efficace. Les enfants demandent un engagement ferme des décideurs.

Quatre groupes de travail ont été formés pour identifier les causes du phénomène. Les participants ont partagé des propositions de solutions, comme le recensement des enfants quémandeurs. Ils ont aussi proposé de mieux comprendre pourquoi ces enfants quittent leurs foyers. Chaque groupe a présenté ses résultats à l’assemblée, preuve d’une mobilisation réelle.

Propositions des enfants pour changer la situation

Les enfants ont suggéré de créer une commission d’enquête spécifique. Cette commission devrait identifier ces enfants, leurs localisations et les causes de leur situation. Ils ont insisté sur l’importance de ne pas encourager la mendicité en donnant de l’argent dans la rue. Ils appellent à une collaboration entre familles, communautés et autorités.

Les participants ont propose au gouvernement de créer des centres d’encadrement pour enfants déplacés ou vulnérables. Ils ont recommandé aussi de renforcer les politiques de réintégration scolaire et sociale. Une approche communautaire est préconisée pour une meilleure prise en charge.

Cette matinée de plaidoyer: Une initiative soutenue par le Forum de Paix

Le Forum de Paix commence à soutenir activement ce type initiatives à Beni et environs. Cela s’inscrit dans sa stratégie de responsabilisation communautaire adoptée en 2025. Ce soutien marque un tournant dans l’engagement local pour la protection de l’enfance.

L’activité s’est clôturée par des discours de prise de conscience et l’hymne national. Le président du Parlement d’enfants a encouragé la continuité de ce type d’engagement. Les cinquante participants ont quitté la salle à 13h50, conscients de la responsabilité partagée.

Alphonse Vikongo

Beni : Appel urgent à la responsabilité communautaire pendant les vacances scolaires

Beni : Appel urgent à la responsabilité communautaire pendant les vacances scolaires

À Beni, au Nord-Kivu, les grandes vacances scolaires exposent de nombreux enfants à des risques alarmants. Le Parlement d’enfants Grand-Nord et l’ANAPECO sonnent l’alerte. Les acteurs éducatifs appellent à une implication accrue des familles et de la communauté.

Les vacances, une période à risque

Pour l’honorable Georges Ngumayiri, « chaque année, plusieurs élèves, surtout des filles, ne reprennent plus l’école après les vacances ». En cause : grossesses précoces, exploitation, oisiveté et pauvreté. « Certaines filles finissent dans des maisons de tolérance », déplore-t-il. Les garçons ne sont pas épargnés. « Beaucoup dérivent vers l’oisiveté ou des activités nuisibles ».

La loi et la Constitution protègent les enfants

La Constitution congolaise, à son article 41, stipule que « tout enfant, sans discrimination, a droit à la protection de sa famille, de la société et des pouvoirs publics ». Elle reconnaît leur droit à un encadrement permanent, même hors des écoles.

La Loi portant protection de l’enfant (2009) renforce cela. L’article 13 stipule que «Tout enfant a droit à la vie. Le père et la mère ou l’un des deux ou la personne exerçant l’autorité parentale, ainsi que l’Etat, ont l’obligation d’assurer sa survie, son éducation, sa protection et son épanouissement. Le père ou la mère ou l’un d’eux ainsi que celui qui exerce l’autorité parentale ont le devoir d’élever leur enfant ». L’article 26 impose à la communauté de « l’enfant a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Les parents et, le cas échéant, la personne exerçant l’autorité parentale fournissent à l’enfant des orientations dans l’exercice de ce droit d’une manière compatible avec l’évolution de ses capacités et de son intérêt ».

Responsabiliser les parents et familles

Georges invite les familles à « accompagner activement les enfants pendant les vacances ». Il recommande des activités comme « la couture, le jardinage, la cuisine ou le petit commerce ». Ces occupations développent les compétences et renforcent la responsabilité. Elles évitent l’oisiveté, source de dérives. Il ajoute : « éduquer, ce n’est pas donner des ordres, c’est construire ensemble ».

Favoriser les centres d’apprentissage

Il propose l’inscription des enfants dans des centres éducatifs. L’apprentissage de l’anglais, de l’informatique ou des jeux pédagogiques est bénéfique. « Ces activités entretiennent l’esprit de l’enfant et révèlent ses talents cachés », précise-t-il. La communication au sein des familles est aussi importante. « Les enfants doivent être écoutés. Ils ont des rêves, des besoins ».

L’ANAPECO appelle à la vigilance

Monsieur Roger Kasereka Muthanava, président de l’ANAPECO, s’inquiète du décrochage scolaire. « Les vacances sont parfois la porte d’entrée à la déscolarisation ».

Il appelle à « anticiper dès le début des vacances ». Il encourage les familles à « planifier les journées des enfants avec des activités éducatives ».

Le contexte sécuritaire exige plus d’attention

La situation à Beni reste tendue. L’abandon des enfants les rend vulnérables. Ils risquent d’être enrôlés dans des groupes armés ou exposés à des trafics. « L’éducation est un rempart contre la manipulation et la violence », souligne le Parlement d’enfants. L’encadrement pendant les vacances devient un acte de paix.

Un devoir collectif et urgent

Les chefs de base, enseignants, animateurs sociaux et leaders religieux doivent s’impliquer. Toute la communauté est concernée. « La société doit se considérer comme une famille responsable », rappelle Georges Ngumayiri. Garantir le droit à l’éducation, même pendant les vacances, est essentiel pour construire une génération solide.